Maret, p
3. Chabanon, p. 54- — Maret dit, de son côté (p. 36) l « Trop grand pour être jaloux, il louait avec sincérité, avec plaisir, avec chaleur ceux qui méritaient des louanges, eussent-ils même été ses ennemis. »
Et s'il se trompe, c'est par un excès de générosité ; des compositions médiocres lui paraissent remarquables, sans doute parce que, sans y prendre garde, il les achève par la pensée, les refait à sa façon. « Je l'ai vu m'aborder », dit Ghabanon^ « en se récriant sur les mérites d'une musique que nous venions d'entendre. J^osai lui dire que mon avis différait entièrement du sien. Vous m'étonnez, dit-il, j'avais trouvé cela très beau. » Et le public donna raison à Ghabanon.
Les opéras-comiques italiens, qui firent invasion en 1752 et faillirent lui être si funestes, l'intéressaient, et « reçurent ses applaudissements. Il trouva celui des Troqueurs^ admirable et, présageant jusqu'à quel point de perfection on pourrait porter ce genre dans la suite, il réfléchissait avec attendrissement au progrès que le goût pour cet opéra ferait faire à la bonne musique \ » Voilà donc à quoi songe Rameau, pendant qu'on cherche à détruire son œuvre, que Rousseau noie la musique française sous des flots d'encre, que Grimm et Diderot chantent victoire à ses côtés : les œuvres auxquelles on le sacrifie lui
î. C'est un opéra-comique de Dauvergne, un des musiciens à qui Rameau s'est intéressé. Il fut donné en i^SS.