OU SÉSOSTRIS
Les noms de Ramsès, son enfance, sa jeunesse, son couronnement. — Un sacre il y a trente-trois siècles. — Les rangs sociaux en Égypte, et le peuple à cette époque de l’histoire.
Le nom de l’homme dont nous cherchons à fixer la place et à éclairer le rôle dans l’histoire, rappelle l’exaltation de la personnalité humaine, portée aux suprêmes limites de l’orgueil et de la puissance; la plus excessive concentration, en une seule individualité, de toutes les forces vitales d’un peuple, dont l’histoire ait gardé le souvenir; et cependant ce nom et cette individualité étaient
restés jusqu’à ce jour enveloppés de ténèbres et d’incerlitude.
En vain le ciseau et la peinture ont-ils perpétué l’un et l’autre sur les plus beaux monuments de la vallée du Nil. En vain, dans les bas-reliefs qui ornent les sanctuaires des temples et les salles des palais, dont Meïamoun fut le fondateur, l’hyperbole de l’adulation a-t-elle été poussée jusqu’à faire intervenir autour de ces images celle d’Ammon-Ra, le dieu suprême, qui concède l’empire du monde, terres et mers, « à lui, son fils chéri, le soleil gardien de justice, Ramsès II, » — et celle de Seth, le dieu de la guerre, « qui lui promet une vie stable et pure, sur le trône du soleil, à toujours, » — et celles encore de Maut (la nuit primordiale et féconde) et d’Isis et d’Anoukè, qui le bercent sur leurs genoux, abreuvent de leur lait cet étrange nourrisson et le douent, en vertu de cette nourriture divine, * d’un avenir prolongé pendant des périodes de panégyries sans fin.... * Délire et néant des choses d’ici-bas! Par des causes que l’état actuel de la science nous permet seulement d’entrevoir1, le nom et la personnalité de Ramsès Méïamoun se confondirent peu à peu dans la mémoire des hommes avec