Voir à l’appendice, n
ceux de son père et de deux de ses descendants. La Grèce, cette grande voix de la renommée, ne connut de lui que les souvenirs mythiques issus de cette confusion, que Manéthon, le seul annaliste de sa terre natale, ne sut ou ne voulut pas éclaircir. L’histoire écrite de l’antiquité ne contient sur lui qu’une seule mention exacte (il est vrai qu’il doit cet honneur à Tacite), et il a fallu tous les progrès de la science moderne appliqués aux fouilles du passé, pour que quelques-uns de nos contemporains, disputant aux sables du désert les légendes monumentales de la Nubie et de la Thébaïde, en exhumassent, après trois mille ans, le vrai nom du héros égyptien, et la part réelle qui lui revient dans le sillon que la vieille Égypte a creusé dans le passé.
Oue, du reste, il ait fait partie de la dix-huitième dynastie, ainsi que le pensait Cha-mpollion, ou qu’avec son aïeul Ramsès Ier, son père Séti Ier, Ménephta et Séti II, ses fils et petit-fils, il constitue la dix-neuvième dynastie, comme l’affirment les successeurs actuels de ce savant, peu importe à l’histoire de l’humanité. Ce qui nous intéresse, à l’énorme distance où nous sommes de Ramsès, c’est de nous rendre compte de l’état politique et moral du monde social lorsqu’il fut appelé à le remuer
par le sceptre et par le glaive; c’est de connaître les éléments qui avaient préparé cet état, dont il fut comme la conséquence \ et enfin ceux dont il laissa les germes derrière lui. Nous nous sommes déjà efforcés d’apprécier les premiers ; dans les pages suivantes nous chercherons à compléter cette appréciation en l’étendant sur les seconds.
Fils de Séti Ier et de la reine Twéa, seconde femme de ce prince, Ramsès Meïamoun dut naître dans le quart de siècle qui précéda l’an 1400 avant notre ère. La longue durée, attribuée à son règne, et la place que Moïse occupe après lui dans la chronologie, ne permettent guère de faire descendre en deçà de cette date cet événement qui, suivant Diodore, fut pour Séti l’occasion d’un acte magnifique et vraiment royal. On se rappelle le ré-