‹ Ramsès le Grand;Chapitre 28 sur 82 · Écrivain des livres , dit le texte · texte numérisé non relu

Écrivain des livres , dit le texte

de Masraïm, frère de leur roi, purent le traverser à la nage, il en engloutit un bien plus grand nombre, et notamment « le chef du pays deTonira et le prince de la mauvaise race des Chirabes, qui fut séparé de ses guerriers en fuyant le roi , du côté de l'eau . »

Du pied des murs où il avait été repoussé pas à pas et toujours combattant, Chétasar, témoin du désastre immense que sa valeur n’avait pu prévenir prit résolûment le seul parti qui s’offrait à lui pour sauver sa capitale des conséquences d’un assaut* désormais inévitable.]

« Il se tourna, les mains tendues vers le soleil gracieux....

<* Il envoya invoquer le grand nom de Sa Majesté:

« C’est toi qui es le soleil, le dieu des deux hori- « zons! C’est toi qui es Soutech, le grand vainqueur,

« le fils du ciel; Baal est dans tous tes membres.

® La terreur est sur le pays de Chéta, en sorte « que tes pieds sont sur ses reins pour tou- « jours. >»

« On annonça qu’un envoyé se présentait, tenant un écrit adressé au grand nom de Sa Majesté.... Puisse cet écrit satisfaire le cœur du dieu Soleil, taureau puissant, aimant la justice, roi suprême qui dirige lui-même ses soldats, le glaive redoutable,^ rempart de son armée au jour de la bataille;

le roi de la haute et basse Egypte, à la grande vaillance, à l’immense ardeur; le soleil, seigneur de justice, l’élu du dieu Phra, le fils du soleil.... Ramsès-Meïamoun1.

« L’esclave dit, en s’adressant Sa Majesté : «< Mon « bon maître, bis du soleil, puisque Ammon t’a « tiré de ses flancs et t’a donné tous les pays réunis «ensemble, que l’Égypte et le peuple de Ghéta « soient esclaves sous tes pieds : Phra fa accordé « leur domination.... Tu peux massacrer tes escla- « ves; ils sont en ton pouvoir; aucun d’eux ne ré- « sistera . Tu es venu hier, et tu en as tué un nombre « infini; tu viens aujourd’hui , ne continue pas le «massacre.... Nous sommes couchés par terre, « prêts à exécuter tes ordres; ô roi vaillant ! hon- « neur des guerriers! accorde-nous les souffles de « la vie....

« Alors Sa Majesté fit venir les chefs de l’armée et les fit rassembler pour qu’ils entendissent le message du grand prince de Chéta.... afin d’écrire la réponse. Ils dirent à Sa Majesté : « il a bien agi, il « jette son cœur devant le roi suprême, son sei- « gneur; il ne fait pas de conditions.... Il t’adore « pour apaiser ta colère. »

1. Cette série de titres constitue le protocole officiel du roi Ramsès II.

[Le roi écouta leurs paroles et donna aux vaincus des assurances de clémence et d’oubli ; puis s’adressant aux Oéris groupés en foule autour de lui, il ajouta :

« Livrez-vous à la joie, ô mes compagnons ; qu’elle « s’élève jusqu’au ciel.

« Nous avons triomphé des étrangers par la « force; nous les avons abordé comme des lions et « poursuivis comme des éperviers. Nous avons « franchi leurs fleuves, incendié leurs forteresses, « anéanti leurs âmes criminelles. La terreur de « mon nom a plané sur eux et leurs cœurs en ont « été remplis.

« Réjouissez-vous, ô mes guerriers!

« Je suis pour la terre dé Kémi ce qu’a été le Dieu « Month. J’ai combattu toutes les parties de la « terre. Amon-Ra était à ma gauche et à ma droite

« (dans les batailles) ; son esprit a inspiré le mien

« et a préparé la ruine de nos ennemis. Amon-Ra, « mon père a humilié le monde entier sous mes « pieds, et je suis sur le trône à toujours.]

Ensuite Ramsès, se dirigeant vers le midi, retourna paisiblement en Égypte avec ses princes et son armée; laissant tous les peuples terrifiés par ses exploits; comme un seigneur de la double Égypte qui commande ses armées. La terre entière s’est

rangée sous son nom, et les princes se prosternent, en adorant sa face.

<• Sa Majesté arriva dans la ville de Ramsès-Meïamoun \ grande image de Phra, et se reposa entre ses doubles pylônes royaux , dans une vie sereine, comme le soleil dans sa double demeure céleste1 2. »

Lorsque, à quelques temps de là, Ramsès ramena dans sa patrie son armée, chargée des dépouilles de rOrient et traînant à sa suite d’innombrables captifs; lorsque, ayant traversé en divinité plutôt qu’en mortel les villes du Delta et de rHeptanomide,il vint faire dans le grand temple de Thèbes, en présence de toute l’Égypte officielle, l’emphatique récit dont nous venons de donner la substance; puis, qu’énu-

1. Bâtie par les captifs asiatiques et les Hébreux entre les sites actuels d’Héliopolis et de Suez sur le canal d'eau douce, qui se rendait et qui, après trois mille ans, se rend de nouveau du Nil à la mer Rouge.

Page 1