‹ Ramsès le Grand;Chapitre 49 sur 82 · T si s et Asiri · texte numérisé non relu

T si s et Asiri

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répète ici ce qu’eux-mèmes m’ont déclaré. Les divinités dont ils disent ne pas connaître les noms me paraissent avoir été nommées par les Pélasges, sauf Neptune (Posseïdon). Ce sont les Libyens qui nous ont révélé cette dernière divinité ; nul avant eux n’avait prononcé son nom, et ils l’ont toujours honoré comme un dieu. Les Egyptiens ne rendent pas de culte aux héros.

LI. Les Grecs ont appris des Égyptiens les coutumes que j’ai dites, et d’autres dont je parlerai ultérieurement....

LU. Primitivement, lesPélasges, en priant, faisaient aux dieux des offrandes de toutes choses, comme on me l’a affirmé à Dodone, mais ils ne donnaient à aucun d’eux ni nom ni surnom ; car ils ne leur en avaient jamais entendu donner. Ils les appelaient les dieux, pour cette seule raison, qu’après avoir mis l’univers en ordre, ils en maintenaient toutes les lois. Ensuite, bien du temps s’étant écoulé, ils apprirent de l’Égypte les noms des dieux autres que Bacchus, et beaucoup plus tard ce dernier. Au sujet de ces noms, ils consultèrent l’oracle de Dodone, celui que chez les Grecs on regarde comme le plus ancien, et l’unique alors. Quand les Pélasges eurent demandé s’ils prendraient des noms provenant des barbares, l’oracle leur répondit : « Prends.» Ils sacrifièrent donc aux dieux sous ces noms, dont ils firent dès lors usage, et que finalement les Grecs reçurent d’eux.

LUI. D’où est venu chacun des dieux? Ont-ils tous

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toujours existé? Quelle est leur forme? On n’en a rien su, à proprement parler, jusqu’à une époque très récente. Car je crois Hésiode et Homère plus anciens que moi de quatre cents ans, pas davantage. Or, ce sont eux qui ont fait la théogonie des Grecs, qui ont donné aux dieux des noms, qui leur ont distribué les honneurs et les attributions, qui ont décrit leur forme; et, à ce qu’il me semble, les poètes que l’on dit antérieurs à ces deux hommes sont nés après eux.. . .

LVIII. L’oracle de Thèbes d’Égypte et celui de Dodone rendent leurs réponses à peu près de la même manière. L’art de prophétiser par l’inspection des victimes est venu aussi d’Égypte. Les Égyptiens ont, les premiers de tous les hommes, fait des fêtes solennelles, des processions; des offrandes, et c’est d’eux que les Grecs ont appris ces cérémonies. Voici, pour moi, la preuve de cefait : en Égypte, il est visible qu’elles sont très-anciennes; en Grèce, qu’elles sont récemment établies.

LIX. Les Égyptiens ne se bornent pas, chaque année; à une seule fête solennelle; ces grandes réunions sont fréquentes; la première, celle où l’on se rend avec le plus de zèle, se fait àBubaste, enl’honneur de Diane; la seconde, à Busiris, en l’honneur d’Isis : car en cette ville est le plus grand temple d’Isis. La ville elle-même a été bâtie au milieu du Delta; or, Isis, dans la langue des Grecs, est Gérés. La troisième réunion est à Sais, en l’honneur de Minerve ; la qua-

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trième à Héliopolis, en l’honneur du Soleil ; la cinquième à Buto, en l’honneur de Latone; la sixième à Papremis, en l’honneur de Mars.

LX. Voici comment ils se rendent en la ville de Bubaste : car les hommes avec les femmes y vont de toutes parts en grande multitude, chaque famille dans sa barque. Quelques-unes des femmes ont des castagnettes et les font retentir; de leur côté, pendant tout le voyage, des hommes jouent de la flûte ; le reste, hommes et femmes, chantent en battant des mains. Lorsqu’on naviguant ils abordent vers une des villes qui se trouvent sur la route, ils amarrent la barque et font ce que je vais dire : parmi les femmes, les unes continuent leurs chants ou leur bruit de castagnettes, d’autres insultent à grands cris les femmes de la ville,

d’autres dansent . A chaque ville riveraine du

fleuve, elles se comportent de la même manière. Arrivés à Bubaste, les passagers se mettent en fête et offrent de grands sacrifices ; et, dans cette solennité, ils consomment plus de vin de raisin que dans tout le reste de l’année. Sans compter les enfants, sept cent mille hommes et femmes, au rapport des habitants, s’y réunissent. Voilà ce qui se passe à Bubaste.

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