‹ Ramsès le Grand;Chapitre 52 sur 82 · STÈLE PU TEMPLE DE KHONS · texte numérisé non relu

STÈLE PU TEMPLE DE KHONS

.... Sa Majesté Ramsès XTI étant allé en Naharina (Mésopotamie) pour percevoir le tribut annuel de cette région, les princes et les chefs de chaque province vinrent se prosterner devant sa face , et les indigènes de rang inférieur, pliant sous des charges d’or, de lapislazuli, de cuivre, de bois précieux venaient les déposer à ses pieds.

Le roi de Bouchten (Echatane, selon le DrBrugsch), vint à son tour pour adorer Sa Majesté et lui demander la paix. Il avait avec lui sa fille aînée, jeune et belle femme, que le cœur de Ramsès prisa sur-lechamp plus que toute autre chose. Sa Majesté lui donna le titre de grande reine, le nom de Ra-Neferou, et l’emmena en Égypte, où elle fut reçue avec une pompe souveraine.

L’an quinzième de son règne, Sa Majesté célébrant h Thèbes, la métropole et la dominatrice des nations , la grande panégyrie de son père Ammon, le soleil, dispensateur des trônes, voici qu’on annonça à Sa Majesté l’arrivée d’un messager du roi de Bouchten, apportant de riches présents pour la reine.

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Admis en présence de Ramsès XII, l'envoyé salua Sa Majesté en ces termes: « Gloire à toi, soleil des neuf peuples ;accorde-nous les souffles de la vie ! » Puis s’étant prosterné, il ajouta: « Le roi mon maître m’en- « voie auprès de Ta Sainteté, à cause de Benten-rest, « la jeune sœur de Ja reine Ra-Neferou. Un mal secret « la consume ; veuille Ta Sainteté envoyer auprès « d’elle un de ces hommes sachant toutes choses comme o: il y en a autour de toi. »

Le roi dit alors: qu’on réunisse devant moi le collège des hiérogrammates et les docteurs des mystères.

Dès qu’ils furent accourus et rangés devant Sa Majesté, elle leur dit: « <r Je vous ai convoqués pour en- « tendre et obéir. Désignez-moi celui de vous tous que » vous reconnaissez comme le plus ferme de cœur, le « plus vif d’intelligence et le plus habile de la main. »

Le basilicogrammate Toth-em-hebi sortit des rangs et s’inclina devant Sa Majesté. Il reçut immédiatement l’ordre de se rendre au pays de Bouchten avec le messager royal.

Mais lorsque ce maître de la sagesse et de la science fut arrivé k Bouchten, et qu’il fut mis en présence de l’esprit qui obsédait la princesse Benten-rest, il se trouva son inférieur et n’osa engager la lutte avec lui.

Le roi de Bouchten envova alors un nouveau messager auprès du Pharaon, disant : « Souverain sei- « gneur, ô mon maître! veuille ordonner qu’un dieu

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« soit apporté au pays de Boucbten pour combattre cet « esprit funeste. »

Sa Sainteté se trouvait encore alors à Thèbes, célébrant dans la vingt-sixième année de son règne la panégyrie d’Ammon. Elle se rendit dans le temple du dieu thébain Khons-Neferhotep et lui dit : « O mon bon seigneur ! Je viens à toi à cause de la fille du roi de Bouchten. Si tu voulais ordonner à Khonsou le conseiller, dieu puissant, qui dompte les rebelles, d’aller au pays de Bouchien, en le douant de ta vertu divine, je ferais porter ce dieu jusque-là, pour sauver la fille du roi, mon beau-père. »

Khons-Neferhotep, patron de Thèbes, acquiesça aux vœux de Sa Majesté et, à quatre reprises, doua de sa vertu divine le dieu Khonsou-Pa-ar-secher, qui, enfermé dans un brillant naos, placé lui-même sur une grande bari , s’achemina sur un char vers le pays de Bouchten, escorté de nombreux cavaliers, marchant à droite et à gauche.

Lorsqu’au bout d’une année et cinq mois, le dieu Khonsou-Pa-ar-secher atteignit le pays de Bouchten, le roi, accompagné de ses chefs et de ses soldats, vint au-devant de lui, et, se prosternant devant la bari sacrée, s’écria, le front dans la poussière : « Salut à toi, qui vieAs à nous, par l’ordre du roi Bamsès. »

Lorsque le dieu fut arrivé à l’endroit où se trouvait la princesse Benten-rest, l’esprit qui l’obsédait s’humilia devant Khonsou-Pa-ar-secher et lui dit : « Sois le bien

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« venu, dieu grand, dompteur des rebelles 1 La ville « forte de Bouchten est ton domaine, ses habitants te « sont soumis, moi-même je suis ton esclave; je ne serai pas un obstacle au but de ton voyage et je vais « retourner aux lieux d’où je suis venu. Ordonne seu- « lement au roi de Bouchten d’offrir un sacrifice en « mon honneur. »

Alors Khonsou-Pa-ar-secher de Thèbes dit gracieusement à son prophète : « Que le roi de Bouchten fasse « une offrande honorable à cet esprit. »

Pendant que le dieu Khonsou et l’esprit s’entretenaient ainsi, le roi de Bouchten, pénétré d’un saint effroi, tremblait au milieu de ses soldats. Il célébra une grande fête en l’honneur de Khonsou et de l’esprit, leur fit de riches offrandes et sa fille Benten-rest fut guérie à l’instant et l’esprit se retira où il voulut.

Alors le roi de Bouchten fut saisi d’une extrême joie de même que tous ses sujets. Puis il se dit : « Il fau- « drait que ce dieu pût rester au pays de Bouchten; « je ne le laisserai pas retourner en Egypte. » Ainsi Khonsou-Pa-ar-secher fut retenu trois ans et neuf mois à Bouchten ; mais au bout de ce temps, voici que le roi de Bouchten, couché sur son lit, aperçut ce dieu quittant son naos sous la forme d’un épervier d’or, et étendant ses ailes pour voler vers l’Egypte . Et le roi se réveillant, fut attaqué d’un mal intérieur. Il dit alors au prêtre de Khonsou-Pa-ar-secher : « Qu’il nous quitte rapidement et retourne en Égypte; faites préparer son char ! »

Lorsque le roi de Bouchten fit partir ce dieu pour l’Egypte, il lui donna de nombreux et riches présents et des soldats et des chevaux en grande quantité. Et lorsque le dieu Khonsou-Pa-ar-secher fut arrivé au * temple de Khons-Neferhotep, il lui offrit les présents que le roi de Bouchten lui avait donnés en toutes sortes de bonnes choses, et n’en retint rien pour lui-même. Khonsou-Pa-ar-secher de Thèbes rentra ainsi dans son temple en paix l’an 33, le dix-neuvième jour du mois de Méchir du roi Bamsès XII régnant éternellement comme le soleil.

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