‹ Ramses le Grand ou L'EgypteChapitre 9 sur 66 · Jérémie, ch. iv, v et viii · texte numérisé non relu

Jérémie, ch. iv, v et viii

cause, il vint du côté de l’Orient une multitude d’hommes de race ignoble, qui, se jetant à l’improviste sur notre pays, s’en empara sans combat et avec la plus grande facilité. Ils tuèrent une partie de nos chefs et jetèrent les autres dans les fers : ils brûlèrent nos villes et renversèrent les temples des dieux. Leur barbarie fut telle envers les Égyptiens, que tout ce qui ne périt pas par le glaive fut réduit, avec les femmes et les enfants, en une dure servitude.

« Ils se donnèrent ensuite pour roi un d’entre eux, nommé Salalis, qui s’installa dans Memphis, et soumit au tribut toutes les provinces, tant supérieures qu’inférieures, en les occupant militairement par des garnisons.

« Il établit celles-ci principalement du côté de l’Orient, dans le but de fermer le chemin de ses conquêtes aux futurs dominateurs de l’Asie. Ayant trouvé dans le nome Saï!ique,à l’orient de la branche bubastique du Nil, un site convenable, nommé Avaris (Ouara), il le fortifia et plaça, tant dans son enceinte que dans les environs, deux cent quarante mille guerriers.

« Chaque année, au temps de la moisson, il quittait Memphis pour venir en ce lieu, présider aux récoltes, payer les soldes et les salaires, exercer cette

multitude aux manœuvres guerrières, et inspirer ainsi un salutaire effroi aux vaincus et aux étrangers. Mort après un règne de 19 ans, il eut pour successeur Béon, qui fut remplacé par Àpachnas, à qui succéda Àpophis, puis Yanas, puis Assès (en tout six rois, en 259 ans et trois mois). » Pendant tout cet espace de temps, ils ne cessèrent de faire une guerre d’extermination à la race des Égyptiens, et on les nommai/ Hycsos, c’est-à-dire Rois-Pasteurs. Car haq en langue sacrée signifie roi et sos en idiome vulgaire signifie pâtre 1 .

Un curieux document, venu juspu’à nous de ces temps éloignés, apporte au récit de Manélhon l’appui d’un irrécusable témoignage. On lit dans un papyrus hiératique du Musée britannique :

« Il arriva que la terre d’Égypte tomba aux

mains des étrangers (Aad-tous) et alors il n’y eut plus de Pharaons indigènes dans tout le pays. Alors leur descendant Ra Sequenen n’élait plus qu’un haq (chef) de la Haute-Égypte. Les Aad-tous possédaient la ville forte du soleil 2 et leur roi, sa majesté Apapjas, se tenait à Ha-Ouar 3 . Le pays tout

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