PKÉFÀCE DE LA DIALECTIQUE
mez dialcclieiens. Aniislliénc, et du luy issue la secte cynicienne et conséqucmmcnt la stoïcienne, ont merveilleusement iey travaillé , et en ont laissé grand nombre de livres.
Platon, l'Homère ui -s philosopher, jà-soit qu'il n'ayl escript expressément la dialectique ni escrivau! les rli.iln- m-s ii t! Sucrato, si est-ce toulesfois qu'il a marqué les parties d'icclle si parfaitement en maints endroïcli, qu'il a bien donné a entendre qu'il esloit facilement le prince de ceste louange. Les académiciens et uéripiitéticicns sont issuz de Platon. Entre les académiciens , Spcusiupe a escript le premier plusieurs livres de dialectique; Xénocrate le deuziesme en a faiet un merveilleux nombre; Polémon, Cratc, Cranlor, l'ont plus exercé que descript, comme aussi Arcésilas, Dion, Laeyde, Carnéade, Clitomaque, PMlon , maistre de Cicéron.
La secte péripatéticienne a mis grand' estude en ceste discipline , et principalement Aristote, premier autheur d'icelle, a composé pour le moins six vingt dix livres de dialectique, esquelz a compris la dialectique des anciens ; et par liberté propre a tous grands philosophes, a disputé fort et, ferme contre leurs opinions : voire, qui plus est, par magniliccncc du tout harilie et admirable, presque se despite qu'autres nutlieurs et docteurs de si noble philosophie l'ayetit précédé : et esmeu de ce despit, appelle les anciens tantosf agrestes et ignorans de dialectique, comme au premier de la Philosophie, tanlost diet haullement et se vante qu'il est le premier aulheur d'icelle, et que devant soy n'en avoit esié enseigné, par les anciens non pas cecy ou cela, mais du tout rien, comme en la péroraison de son Organe. Et n'a disputé de l'an scullciucnl avec grand labeur et courage, mais avec bruict de son nom l'a exercé ensembléement avec la rhétorique : et par cest exercice s'est acquis le fleuve d'or célébré par Cicéron : et a façonné plusieurs disciples, excellente en l'une et l'autre discipline : entre lesquels 'fhéophraslc le principal, a surmonté le maistre en multitude tic livres, et l'a repris autant franchement qu'Aristote avoit repris les anciens. Straten, Lycon, Pbaléréo n'ont esté en ceste cschole pareilz à leurs anfestres. tjualre cens ans ou environ depuis, la dialectique a este eu chacune secte propre de quelque partie : les épicuriens ave-yen t leur canonique; l'académie ancienne suyvoit la tradition de Speusippc et de Xénocrate; chacun des péripatétlciens s'en faisoyt a son plaisir : car les livres d'Aristote et de Théophrasle ne furent publiez plus de deux cens ans après leur décès , et depuis la publication d'iceulx, Aristote a cslc en tombe, et négligé avec les