‹ Ramus Pierre de La RameeChapitre 107 sur 175 · ÉCRITS DE RAM US · texte numérisé non relu

ÉCRITS DE RAM US

eourls, mais miles a connaître, sur le Pré aux Clercs, sur les noms et le cln-.soment par quartiers des principaux collèges de Paris en 1557, et sur leur destination primitive.

(Fol. 8, 9.) On dit pe Charlemagne, fondateur de l'Université", lujr donna ce pré de grande estendue, qui contenoit depuis l'isic Maquerelle tout du long du rivage de Seine, jusques aux murailles de Née.lle et murailles de la ville et porte des Cordeliers, Boucherie et abbaye de Sai net- Germain : et de la. qu'il se. bornait à l'alignement droicl, depuis la chapelle de Sai net -Martin des Orges jusques à la dicte isle : et pe ce pré estoil divisé par un grand chemin, qui passoit au travers : d'où vient qu'on appeloit le grand et petit Pré. Le polit Pré est tout construit et basty de beaucoup de belles maisons, que ce seroit grand dommage d'abattre. Purquoy l'Université requiert que le revenu de chasque année de ces édifices, qui sont tenuz par quelques particuliers, s'cmployent aux gages des lecteurs des quatre [acuités, de théologie, de droict, de médecine et des artz libéraux : et que le peu de maisons, qui depuis peu de temps ont esté baslies dans le grand Pré, soyent ostées de là, et que le Pré soit remis en Testât qu'il avoit esté par l'espace d'environ buit cens ans, pour servir à l'honneste exercice et récréation de la jeunesse.

(Fol. 13, 13.) Parquoy l'Université requiert, puisque depuis la fondation qu'en felet Charlemagne, elle est tant crelle d'un si grand nombre de collèges qu'on y a fondez, que non-seulement elle ait l'ancien Pré aux Clercz, mais qu'elle en ait encore deux autres, l'un hors la porte Sai net- Jacques, l'autre de Sainel-Vlcfor : parce qu'à grand peine ceste place de tout le pré entier peut suffire à ceux des collèges de Bourgongne, Mignon, Bussy, Autun, Dinville, Sées, Justice, Narbonne, Bayeux, Harecourt, des Trésoriers, et autres qui sont de ce quartier...,. Il seroit doneques de besoin que l'on ordonnast une autre place du costé de la porte Sainct-Jacques, en la campagne des Chartreux, qui a très grande estendue hors de leur cloz : et ce pour les collèges de Sorbonne, Calvy, Dix-huict, du Plessis, de Triquet, Cambray, Lisieux, des Choletz, de Saiuete-Barbe, du Mans, de Reims, Fortret, Montaigu, et autres qui sont devers ceste porte. La troisiesrae place devers la porte de Sainct- Victor, en la grande campagne que les religieux ont du long de la rivière de Seine, soit pour les collèges de Toumay, Boncourt, Navarre, des Lombardz, de la Marche, de Laon, Prœlles (sic), Beauvais, du Cardinal, des Bons-Enfans, de Srenac, et autres qui sont a ce pendant de la montagne.

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ADVERTISSENENTS ATI HO Y.

(Fol. 49.) Par l'espace presque de cinq cens ans, l'Université de Paris a este fleurissante, sans qu'i; y ™-l mUr^rs renfermez : et premièrement qu'ilz furent instituez, ils n'estoient comme hustelz publieqi de l'Université, mais propres et particuliers à l'eut retene ment et instruction de certains pauvres escoUers. Qu'il soit donques (comme il a tousjours esté) au eboys libre des pères, de mettre leurs enfans en collège renfermé, ou, si bon leur semble, de les entretenir et nourrir en la ville. Mais renclorre les lectures des artz libéraux en certains collèges, qu'est-ce autre chose que de commettre certain nombre de fermiers à l'eslude des artz libéraux?

AVERTISSEMENTS SUR LA RÉFORMATION DE l' UNIVERSITÉ DE PARIS, AU ROI (1SGS].

L'analyse que nous avons faite de cet ouvrage (1™ partie, ch. V, p. 14) et suiv.) suffit pour en donner une idée. J'y ajouterai seulement un exirait relatif aux frais d'études dans la faculté de théologie, et un éclaircissement sur l'époque où cessèrent les cours de la faculté des arts. Voici d'abord le passage des Adverlissements où l'on trouve le détail des exactions exercées par les docteurs en théologie :

(P. 37-29], Qu'on face venir l'esludiant en théologie, et qu'on luy commande, toute crainte oslée, faire conte de la dépense qu'il faut faire en son escole , sans se travailler s'il parle barbarcment d'une chose barbare. Il dira qu'aux moindres fraiz que l'on sçauroit faire il coustera plus de mille livres, et les contera par .noms et par articles, depuis le commencement du cours, comme s'ensuit ;

Pour les bourses du premier principe H livres, pour le banquet de salle 5 1.; pour les bourses du second principe U 1. , pour le banquet de salle ï 1. ; pour les bourses du troisième principe !2 1. , pour le banquet de salle 2 1.; pour le quatrième principes 1., pour le banquet de salle G 1. ; pour la tentaiivc 25 i., pour le soupper du président 5 l. ; pour porter les positions pour tout le cours 20 s. , pour le président 10 1., pour la petite ordinaire 25 I. , pour le soupper du président 5 1. ; pour le prieur en l'acte de Sorbonne 15t., pour porter les titres 3 1. , pour la grande ordinaire 50 I. , pour le président 25 1. ; pour les bourses de la licence 50 I. , pour les bonneiz de messieurs nos maistres 100 1,, pour le banquet de la docto-

écrits m Muns.

rie ioo 1. i pour la crasiine 30 1. , pour les enlreprédieamentz et les poslprédicamenti de chaque acte 30 s., revenant à la somme de 12 I., pour les amandes a la lin du cours 8 1., pour ic banquet ilu maisire îles sriuen<:es i 1. , pour le banquet du prieur de Sorbonne S 1. , pour le succre fiû 1. , pour le banquet des compagnons Jurant le cours (SO I. Somme toute, mille deux livres qui sont tirées du povre esludianl eu théologie, sans y comprendre toutesfois ceste friande amorce de brigues après lu pri'inier lieu (de licence}, ny le pris de ceste gloire, cher vendue.

Voici maintcnanl le passage auquel j'ai déjà renvoyé le lecteur, au sujet des cours publics de la rue du Feurrc ou du Fouare : - (P. 3H-39) >■ El n'a pas long temps qu'un décéda, qui a esté le dernier lecteur publie en philosophie et a fait profession publiquement. » Ramus écrivait ceci en 13(12; c'est donc vers co temps-la que prirent fin les cours publics de la faculté des arts. Mais a quelle époque avait commencé leur déeadence? La réponse à cette question se lit dans une des dernières pages du discours prononcé en 1551 pour la défense de lYtifc'iyiiemeiit uliili)s<juhique(pro pliil. disciplina), et où déjà Ramus se plaignait du dépérissement de la faculté des arts depuis quarante ans environ qu'on avait commencé a enseigner, dans les collèges particuliers, une philosophie barbare. « Pbilosophorum ordo ad paucos redactus pêne inlcrilt, postquam ab a nui a quadraginta , aut ne ado quoi , in priva lis scholis philosophia ab bumanilate sejuncta doceri ctepit. (Collect. prcefat., epist.,orat. ((!i77), p. 393.) » C'est donc après Henri II que cessèrent les cours publics ; mais dés le commencement du siècle, et avant le régne de François 1", ils avaient peu à peu fait place aux leçons particulières qui se donnaient dans l'intérieur des collèges.

PRÉFACE DU PROEME DES HATHE M ATIQUES .

J'aurais volontiers rapporté en entier cet écrit assez court, si je n'avais craint de paraitre lui donner trop d'importance. C'est là que Ramus , après avoir tait l'éloge de Catherine de Hédicis , lui propose do construire do vastes bâtiments pour le collège de France et d'y transporter la bibliothèque royale. C'était là en effet sa place naturelle , dans le quartier des études paisibles , loin du bruit et de la foule des visiteurs qui n'y ont que faire. Ce n'est pas pour satis-

REMONSTtlAHCE DE 1W7. 411

faire uni' vaine curiosité, mais jour donner à la pensée un aliment et pour facililer 1rs re< hcrches si>rit*usrs que sont formées tes rares collections ; aulrtmtnt elles n'ont aucune raison d'être : elles ne sont plus qu'uu luxe inutile et un gaspillage insensé des deniers de l'Etat.

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