‹ Ramus Pierre de La RameeChapitre 56 sur 175 · SYNODE NATIONAL DE NIMES · texte numérisé non relu

SYNODE NATIONAL DE NIMES

rellius e( du Rosier; sur quoi les députés des provinces dédit rirent d'un consentement unanime, qu'ils avoient mûrement considéré et

tMMiîué tous 1 l's points (h; Jisr.ipl il h; coiilroversé.; pur ces mi'asii'iirs ci-devant nommés, et que tel éloit leur scritiuii'til. El. Monsieur de la Roche-Chamlieu fut autorisé pour réduire et dresser par écrit toutes les réponses et résolutions faites par celte assemblée louchant ces matières, et pour les ['ommiuiiquer :iu ■:>.■] Lociiil 1 rte l.yon, alin qu'elles fussent imprimées et publiées. Au reste , on écrira ces réponses et résolutions du synode avec toute la modération possible, et sans nommer personne.

Art. XII. Touchant !a censure de Hamus, de Morellius et de leurs compagnons, i! fut arrêté a la pluralité des voix que l'on écriroil des lettres au nom et par autorité île celle a^nntilcV aux dits Hamas, Moreltius , Bergeron et du Rosier, pour leur donner a entendre à chacun en particulier a: <|iii avoii clé conclu contre leurs livres, selon la sainte Parole de Dieu; et que l'on écrirait un sjootle provincial de ïlsk-de-France de sommer les dits messieurs au colloque de Beauvoisin, et de leur remontrer leurs offenses; mais cependant d'en user toujours a leur égard avec toute la civilité et la douceur chrétienne : et en cas qu'ils voulussent rejeter leurs bons conseils et avertissements, on procédera contre eux comme contre îles rebelles et schismatiques selon les canons de notre discipline.

Le synode, on le voit, iout en maintenant l'ancienne discipline et en rejetant comme trop démocratiques les nouveautés qui lui étaient proposées, apportait quelques adoucissements à cette condamnation, en tâchant d'obtenir des novateurs, non qu'ils changeassent d'opinion, mais qu'ils ne troublassent pas la paix.

Quant à Théodore de tfèze, il avait pris fort à cœur les attaques de Ramus contre sa discipline, et l'on trouve dans la 67" de ses Lettres théologiques (Genève, 1573, in-8"), en date du 1" juillet 1372, un passage où il s'exprime sur son adversaire avec une vivacité qui ressemble beaucoup a de la colère : a Ce faux dialecticien (pseudodialecticus), que plusieurs savants ont surnommé jadis

VII DE RAMUS

le rameau de Mars (t&w Ipïio;), a engagé une assez grave dispute sur tout le gouvernement de l'Eglise, qu'il prétend devoir être démocratique, non aristocratique , ne laissant au conseil presbyiéral que les propositions. C'est pourquoi le synode de Nimes, auquel j'assistais, a con.7damné cette opinion, qui, à mon avis, est complètement absurde et pernicieuse. S'il se soumet avec sa petite bande (ciim suis pauculis), à la bonne heure ; sinon , il causera de grands embarras : carc'est un homme toujours prêta porter !e trouble dans ce qui est le mieux ordonné. »

U revient encore sur ce sujet dans la lettre 68, et parait toujours craindre de la résistance et de grands troubles de la part de notre philosophe.

La conduite de Ramus en cette affaire a été jugée assez mal. suivant moi, par ceux qui en ont parlé, comme Bayle et Nïceron, qui supposent qu'il voulait se rendre chef de parti, en changeant la discipline dos Eglises réformées. « Il est à présumer, dit Niceron, qu'il avoit d'autres vues, et que s'il avoit obtenu ce qu'il demandoit, il eût été plus loin et se fût servi de son éloqueuce pour engager l'assemblée du peuple à faire encore d'autres changements considérâmes. C'est ce qu'apprébendoit Théodore de Bcze, etc. » Sans entrer dans le fond de la question débattue, je n'hésite pas à dire que Ramus me paraît avoir eu au moins l'avantage de la modération, et que les craintes de Bèze étaient dénuées de fondement. Bien, join de vouloir se singulariser, Ramus avait commencé par prendre l'avis de Bullinger, auquel il s'était conformé entièrement; puis, dans le synode de l'Ile-de- France, il n'avaU parlé quVprès le ministre Capelle , et lorsqu'il vit que l'assunihlce était déjà décidée pour uue

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