AMOUR DE LA PAIX
opinion que lui-même trouvait bonne, maïs inopportune. Enfin , le véritable chef du parti où on le rangeait était Morelli, avec qui il n'avait pas eu la moindre relation, et dont il était loin de partager les vues. On affecta cependant de considérer Ramus comme le chef, parce que c'était un homme célèbre et dont l'influence pouvait être considérable. Mais rien ne justifie toutes ces suppositions , qui sont au contraire démenties par la douceur de ses mœurs, par la tranquillité de sa vie pendant ces dernières années , et par la modération chrétienne qu'il professait en toute circonstance.
Le reste de sa conduite prouve assez que Ramus était partisan de la paix religieuse, aussi bien que de la paix civile et politique. Dès le premier jour, il avait fait sou choix entre les deux partis qui, sons ce rapport, divisaient les protestants. On distinguait alors les huguenots de religion et les huguenots d'état : les premiers n'aspirant qu'à la liberté religieuse et disposés à tout souffrir pour elle, les seconds moins résignés et décidés à défendre par tous les moyens, même par la force, la croyance à laquelle ils étaient attachés et ce qu'ils appelaient la cause. Bien entendu, la faction qui persécutait les protestants rejetait la responsabilité de ses propres attentats sur ceux qui avaient le tort de les repousser et de se défendre les armes à la main. Si difficile que fût la résignation en présence de si violentes persécutons , Ramus et le pasteur Capelle la recommandaient aux autres et en donnaient eux-mêmes l'exemple. Aussi leurs noms sont-ils cités avec éloge dans un écrit célèbre, composé en 1572 pour justifier la Saint- Barthélémy. L'auteur de ce curieux mémoire, Pierre Charpentier, qui passe poar avoir