LE COLLÈGE ROYAL
1551, et où il enseignait à la ibis la philosophie et J'éloquencu. « Sous le règne de François l" r , dit formellement l'an leur des Recherches de la Franco (1. IX , ch. 1 8), il n'y eut qu'unze places destinées à ce noble et royal exercice, et la douzicsme érigée par le roy Henry second en faveur de Pierre Ramus, sous le titre de professeur en l'oratoire et philosophie. »
Ce double litre a dû causer plus d'une erreur, el peutêtre est-ce de là que -vient la confusion qui règne sur te successeur de Ramus. Il parait bien établi que ce fui le médecin Siméon de Malmédy et cependant Scévole de Sainte-Marthe prélend, dans ses Eloges fl. IV), que le roi donna pour successeur à Ramus , comme lecleur en éloquence latine, Jean Passerai, l'un des auteurs de la Satyre Mcnïppée. Sainte -Marthe n'aura vu sans doute que l'éloquence là où d'autres n'ont vu que la philosophie. 11 faut remarquer à ce propos que , le bon plaisir du roi étant la seule règle pour les nominations de professeurs, les vacances au collège royal n'étaient pas toujours remplies aussi régulièrement qu'on se l'imagine; le nombre des chaires pouvait varier, sans parler de certains choix qui en changeaient la destination, par l'incapacité de ceux qui en étaient pourvus. Enlin, il n'est pas inutile de rappeler que les lecteurs royaux, n'ayant point de bâtiments en propre, faisaient leurs leçons tantôt dans les vieux collèges de Tréguier et de Cambray, « se servant par manière de prest d'une salle ou plutôt d'une
' 1. Du Breal, Àiiliq. de Paris , I. Il, p. 56B; J. Alirc.ti PoëmMia , Lutoliœ Paris., 1588, in-S-, p. Î00 (Elégie il S. de MalmédY) : Inqge locum llami quod sis snPfrctus, al Mit
vie DE murs.
rue, » où ils étaient souvent troublés « par le passage des crocheteurs et lavandières et autres telles fascheries 1 , » tantôt, comme Ramus en 1563, dans des collèges particuliers dont ils étaient professeurs ou principaux.
Lorsque Humus était devenu doyen du collège de France, il avait pris à tâche de corriger ces divers abus, ou du moins d'en proposer le remède au roi et à la reine mère. 11 demandait que l'on donnât aux lecteurs royaux un local digne de leur mission. 11 voulait aussi qu'on mît à leur portée et sous leur main la bibliothèque royale , qui alors était à Fontainebleau. Il indiquait encore bien d'autres améliorations, et il insistait particulièrement sur l'extension à donner à l'enseignement des mathématiques.
La nomination de Dampestre et la candidature de Charpentier pour la chaire de mathématiques ayant mis au jour les graves inconvénients de la nomination arbitraire des professeurs par le pouvoir, Itamus sollicita auprès de Charles IX quelque mesure qui pût sauvegarder à l'avenir la dignité du collège de France : il proposa le concours, et il obtint une ordonnance qui prescrivait un examen spécial pour quiconque voudrait être lecteur du roi. On a lu plus haut cette ordonnance, qui malheureusement ne put avoir son effet au milieu des guerres civiles, et qui après la Ligue fut mise de côté. Voici, à ce sujet, les réflexions fort sages d'Eslienne Pasquier (Recherches de la France, 1. IX, chap. 20) :
a Comme nous sommes en un royaume de conséquence, ce qui s'ostoit passé par connivence en la per-
' Ramus, Prélace du proeme dos malhiimatiques, p. îî.