Troisième salle de l'École italienne, n" 43 du Catalogne
2. Letlere pill. perug., p. 153* La confrérie demanda et obtint du magistrat, le 2? février
inO ESSAI SUR LES PEINTRES DE L'OMBRIE.
tableau représentant le Mariage de la Vierge, pour la cathédrale de Pérouse. Ce tableau, un des plus célèbres du maître, fut emporté par les Français, pendant les guerres de la Révolution; mais il ne revint pas à Perouse, après le traité de paix de 1813. Selon Giacomo Maucini ', le pape Pie VII, lors de son passage à Lyon, l'aurait donné à un général français qu'on ne iioiunic pas, en reconnaissance des services que ce général lui avait rendus. Mais c'est une erreur, car ce tableau fut envoyé, vers 1804, en vertu d'un arrêté des consuls, avec d'autres tableaux anciens, au musée de Caen, en Normandie, dont il fait aujourd'hui le plus bel ornement.
Sur le devant de ce tableau et au milieu de la composition, le grand prêtre soutient la main de la Vierge recevant l'anneau de saint Joseph, qui tient un rameau. Du côté de saint Joseph, à gauche, sont plusieurs hommes, dont le plus jeune brise un roseau sur son genou; et à droite, des femmes accompagnent la Vierge. Dans le fond, où l'on voit plusieurs petites figures, on aperçoit un temple de forme octogone , avec trois petits péristyles, auquel conduisent plusieurs degrés. Ce tableau oft're d'autant plus d'intérêt qu'il servit de modèle à Raphaël pour le célèbre Sposalizio , qui est à Milan. Seulement, Raphaël disposa ses groupes en sens inverse et mit en avant, pour représenter le prétendant qui brise le roseau symbolique, un autre personnage que le Pérugin a placé en arrière, lequel, en efi'et, est bien plus beau et plus gracieux que celui du premier plan. En outre, ces deux tableaux diffèrent en quelques autres parties, notamment dans la forme du temple, car Raphaël a donné au sien plus d'élégance.
Dans la même année, le Pérugin passa un contrat avec le magistrat de Pérouse, pour l'exécution du tableau d'autel destiné à la chapelle de la maison de ville ; dès l'année 1479, le magistrat avait traité pour ce tableau avec maître Pctrus Magistri Galeotti de Perusia. Mais lorsque ce peintre mourut, l'année suivante, il
1498, un secours d'argent « per unam tabulam faciendam in capellâ dicti sancti losephi in ecclesià Sancti Laurentii. » [Ànnali Dccemvirali, 14'J3, fol. 135.) 1. Giornalc Arcadico, 1S26, toni. XXX[f, p. 359.
n'avait laissé qu'une ébauche de l'ouvrage; un autre contrat fut signé, en i483, avec maître (( Petro de terra Castri Plebis, » qui se chargeait de terminer le tableau commencé, au prix de 100 florins ^ Toutefois, ce contrat no fut pas exécuté. Le 6 mars 1496, il y eut un nouvel arrangement, d'après lequel maître Pérugin promit de faire un tableau de sa propre invention, moyennant 100 ducats d'or payables en trois termes. Ce tableau, que le maître exécuta et livra dans le délai convenu, représente la Vierge avec l'enfant Jésus et les patrons de la ville (S. Laurentius, S. Herculanus, S. Constantius et S. Ludovicus de Tolosa). Après avoir quitté la chapelle de la maison de ville de Pérouse, en 1798, pour faire partie du musée Napoléon, ce beau tableau ne retourna pas à'Pérouse et entra dans la collection du Vatican. Il porte cette inscription : HOC PETRVS DE CHASÏRO PLEBIS PINXIT.
Pendant que Pérugin travaillait à ce tableau, il en peignait un autre non moins important pour l'église S. Pietro Maggiore, à Pérouse. Suivant le contrat, qui existe encore, en date du 8 mars 1495 % il devait, au prix de oOO ducats d'or, exécuter pour le maître-autel un grand tableau représentant l'Ascension du Christ avec la Vierge, les douze apôtres et des anges \ La partie supérieure de ce tableau (luneita) devait représenter Dieu le Père avec deux anges ; la predella et les petits tableaux accessoires, différents sujets que l'abbé du couvent se chargeait d'indiquer.
Cet abbé choisit pour la predella trois petits sujets tirés de la vie du Christ : l'Adoration des mages, le Baptême de Jésus et sa Résurrection, avec les saints évêques de Pérouse, Constantinus et Herculanus, en demi-figure. Six petits tableaux devaient entourer le tableau principal, avec six demi-figures : saint Benedictus, abbé, sainte Scholastica, sa sœur, saint Maurus et saint Placidus, son disciple, avec sa sœur, sainte Flavia, vierge et martyre, et enfin saint Cœnabius, le fondateur de l'église.
1. Voyez des renseignements plus détaillés dans les LcUere pitt. perug., p. 144-155.
2. Publié dans l'ouvrage intitulé : Vita, elogio e memorie dell' egr. pilt. l'ielro Perugino, par B. Orsini. (Perugia, 1804, p. 140.)