I. B. Orsini, Vila di P. Perugino, p
ESSAI SUR LES PEINTRES DE L'OMBRIE. iVà
.dificrcntc de celle de Raphaël. Nous forons, en outre, remarquer ici que, dans la frise représentant des tritons montés sur des chevaux marins, les têtes des chevaux ne rappellent en aucune manière le dessin et le caractère des chevaux exécutés par Raphaël, même dans sa jeunesse. Nous n'avons pas d'ailleurs d'autres renseignements certains sur cette peinture, si ce n'est que jusqu'à l'année 1700 elle fut conservée dans la susdite église; mais elle avait alors tellement souffert par l'effet de l'humidité, que les couleurs commençaient à se détacher de la toile. L'abbé Dccio -Ascajani fit d'abord doubler cette toile d'une toile neuve, par les soins du nommé Domcnico Michelini, et ensuite, par l'entremise des peintres Masucci et Sebastiano Conca, il obtint des chefs de son ordre l'autorisation de la transporter dans la chapelle du palais Ascajani à Spolcto, à la charge d'en faire faire, par Sebastiano Conca, une copie pour l'égUse de Ferentillo. Cette autorisation, on date du 18 septeml)re 1733, fut signée par le cardinal Francesco Barberini. Il est à remarquer que, dans toutes ces transactions, l'auteur du tableau n'est nommé nulle part. En 182o, la faurille Ascajani fit venir cette toile à Rome; on l'exposa d'abord dans le cbàteau Saint-Ange, puis dans le palais Torlonia. En 1833, elle fut achetée, au prix do 6,000 écus romains, pour le musée de Berlin^.
Il est à regretter que cette précieuse toile ait tant soufl'crt, et que surtout la couleur bleue des draperies se soit détachée complètement; cependant cet état de détérioration nous a permis de constater le procédé do l'artiste : nous voyons qu'il a tracé le dessin , avec une couleur foncée , sur une toile très-fine et non préparéo. En 1836, Edward Eichens a gravé une bonne estampe grand in-folio,, d'après le tableau.
Une notice, insérée dans le Saggio intnrno le pitture di fra Filippo Lippi et di Giovanni Ispanoz, par le duc Pompeo Benedctti
1. Dans le catalogue du musée de Berlin (1857), rédigé par M. Waagen, ce tableau est oiijours attribué à Raphaël (n" 150) « du temps où il était à l'école du Pérugin. n II a 5 pieds > pouces carrés. — [Noie de l'édilcur.) .
de' Conti di Montevecchio, nous apprend que le peintre Jacopo da Norcia en a fait une belle copie peinte à l'huile.
Dans la ville de Trevi, le Spagia exécuta aussi plusieurs ouvrages : on cite comme étant d'une grande beauté la Mise au tombeau, qui est dans l'église Madonna dellc Lacrime , hors de la ville. Malheureusement cette église était fermée quand nous avons voulu la visiter. Mais , en revanche , nous avons vu le tableau d'autel de l'église des Franciscains, S. Martino, à Trevi. Ce tableau représente la Vierge couronnée , entourée d'anges , avec dix-huit saints dans le bas, en plus petites proportions, appartenant pour la plupart à l'ordre de Saint-François. Nous avons vu aussi dans cette église deux autres petits tableaux de la main du Spagna, au-dessus de la porte du chœur. Saint Martin qui donne à un pauvre la moitié de son manteau et Saint François qui reçoit les stigmates. Ce sont tous de bonnes peintures, dans lesquelles domine le style du Pérugin. Aux charniers du couvent, il y a encore une figure du même maître : elle représente une Vierge debout dans une gloire; dans le paysage sont agenouillés, à gauche saint Jean-Baptiste et saint Jérôme, à droite saint François et un autre saint de son ordre. Cette fresque porte la date MDXII.
Mais le tableau capital du Spagna est celui qu'il peignit pour l'autel de la chapelle Saint-Étienne dans l'église souterraine des Franciscains, à Assise. La Vierge sur un trône tient l'enfant Jésus ; de chaque côté sont trois saints; on voit deux anges en adoration, dans le haut. Sur la base du trône on lit : A. D. MCCCCCXVI. XV. JVLII. Dans ce bel ouvrage, le Spagna est encore fidèle au caractère de l'école du Pérugin, quoiqu'il soit plus étudié de dessin et remarquablement suave de couleur.
Il faut citer, au nombre de ses meilleurs ouvrages, les fresques représentant des saints dans la cellule de saint François à S. Maria degh Angeli, près Assise. Mais nous croyons pouvoir rapporter à l'époque de la jeunesse clu peintre un petit tableau cintré qui est à l'Académie de Pérouse. Ce tableau, représentant le Père Éternel entouré de huit anges, doit avoir fait partie d'une déco-
ration d'autel. On reconnaît aussi le cachet du Spagna dans un tableau qui orne le chœur de l'église collégiale S. Matromeo, à Monte Falco. Ce tableau présente trois saints sur fond d'or : S. Vincentius, S'" Illuminataet S. Nicholaus. Mais, comme la manière du Pérugin ne s'y montre plus que faiblement, cette peinture appartient évidemment à la dernière période de la vie du maître.
Nous connaissons encore du Spagna les fresques de l'église S. Jacopo , sur la route de Spoleto à Fuligno. Dans le chœur de cette petite église, il a peint un Saint Jacques, apôtre, au milieu, avec des épisodes tirés de sa légende, à droite et à gauche. Ces fresques portent le millésime MDXXVI, et ce sont encore de bons ouvrages. Au-dessus, dans la voûte de la niche, est un Couronnement de la Vierge, qui, quant au groupe principal, semble une répétition de la belle fresque de fraFilippo Lippi à Spoleto; les anges et les saints qui l'entourent sont faiblement peints. A côté de la niche, au-dessous de deux cintres qui offrent les figures de l'Annonciation, une sainte Barbara et une sainte Appolonia, debout, sont traitées tout à fait dans le style des figures allégoriques Me la maison de ville à Spoleto. Plus loin, à gauche, le Spagna peignit dans une niche la Vierge sur des nuages, entourée d'anges, ayant au-dessous d'elle saint Rooh , saint Sébastien çt un saint évêque. Ces peintures, qui portent la date 1527, sont encore plus faibles que les précédentes ; mais néanmoins elles ne produisent pas une aussi triste impression que celles qu'on voit dans la niche en face et qui représentent la Vierge dans une gloire , avec les apôtres saint Pierre et saint Paul, et saint Antoine dans le bas. C'est un ouvrage de l'année 1530. Il paraît que le peintre, voué à l'imitation de Raphaël qui se répandait alors partout, s'est égaré lui-même en voulant marcher dans cette nouvelle voie. Mais, comme il était trop âgé pour changer de manière avec succès, il perdit de la sorte ses qualités propres, sans acquérir celles qui ne lui appartenaient pas,
EiiSEBio Di San Giorgio, de Péronse. — Son nom est inscrit dans la matricule des peintres, immédiatement après le Pinturicchio
et Lattanzio : Eusepius Jacobi Christophori; quant à son surnom de San Giorgio, on le trouve dans la matricule des pharmaciens, de 1506, où son frère Nicolas est ainsi qualifié. Déjà, en 1501, il avait peint , en communauté avec Fiorenzo di Lorenzo et Berto di Giovanni, les bannières des trompettes du mapfistrat. C'est pourquoi on peut le ranger parmi les plus anciens élèves du Pérugin.
Si peu nombreux que soient les ouvrages connus d'Eusebio, on doit cependant lui accorder un rang distingué parmi les peintres formés à l'école du maître. C'était, d'ailleurs, un artiste qui chercha toujours à suivre les progrès de l'art pendant sa vie.
Le premier ouvrage daté, portant son nom, est une peinture à fresque dans le cloître de S. Damiano, hors la ville d'Assise. Il y a deux sujets; l'un est l'Annonciation : la Vierge, agenouillée, tient un livre, pendant que l'ange s'approche, une branche de lis dans la main gauche, en bénissant de la droite. On voit Dieu le Père dans le haut. Ce tableau est traité tout à fait dans la manière du Pérugin. Dans l'autre tableau , le Christ en croix , avec des ailes de séraphin, apparaît à saint François, qui reçoit, à genoux, les stigmates; à gauche, dans le paysage, le frère Rufino est assis, livré à une profonde méditation. Ce sont deux belles figures, pleines de vie et de caractère ; les draperies aussi sont largement traitées. Le paysage , chargé de singulières roches qui surplombent, reproduit un site abrupt de la contrée d'Averna. Cette peinture murale porte l'inscription : EVSEBIVS PERVSLNVS PINXIT. A. D. MDVII.
Si le beau tableau qui représente l'Adoration des mages dans l'église S. Agostino est une œuvre d'Eusebio, comme l'indique déjà Vasari, il pourrait être d'une date antérieure aux fresques que nous avons décrites ci-dessus, car il porte plus décidément encore le caractère de l'école du Pérugin. Dans ce tableau se distingue surtout une gloire de quatre anges qui font de la musique.; les autres parties de la composition prouvent que l'auteur cherchait à imiter les œuvres de son maître.
Le dernier tableau d'Eusebio qui nous soit connu se trouve sur un des autels de l'église des Franciscains à Matelica, à dix milles
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de Fabriano. La Vierge, assise sur un trône, soutient de la main droite l'enfant Jésus qu'elle a sur les genoux , tandis qu'elle lit dans un petit livre qui est dans la main gauche. Saint Jean l'Lvangéliste et saint François sont debout d'un côté du trône ; de l'autre côté, l'apôtre saint Pierre et saint Aiitoine. Sur les marches du trône, le petit saint Jean-Baptiste montre du doigt ces mots écrits dans un livre : Si queris miracula... On lit sur la marche : DIONYSIUS PETRI BERTI FACIUNT... VIT. Puis la signature : EVSEBIVS. DE. SCO. GEOGIO PERVSLNVS. PINXIT. 1512. Et là marque du peintre.
La prcdella est divisée en trois parties représentant des miracles de saint Antoine. Cet excellent tableau accuse encore, en quelque sorte; , la manière du Pérugin , mais il annonce une tendance à s'approprier les qualités de Léonard de Yinci et de Raphaël. Les ombres des chairs sont d'un brun rougeâtre; d'ailleurs, . le ton général de la peinture est vigoureux. Malheureusement la couleur commence à s'écailler en différents endroits.
Quoique Eusebio ait encore vécu longtemps après l'exécution de ce tableau daté de 1512 , ce que prouve sa nomination à la charge de prud'homme en 1527 (on choisissait chaque année cent prud'hommes, à chaque porte de Pérouse, pour administrer les afïaires de la ville'), toutes nos recherches cependant pour découvrir les ouvrages de ses dernières années ^sont restées infructueuses.
DoMENico Di Paris Alfani, de Pérouse. — Il étalât fils d'un orfèvre de Pérouse, et il se trouve déjà inscrit, dans la matricule des peintres de Porta Borgna de 1310, en ces termes : Dominicxis