I. Leilere pUt. perug.f p
. 2. N'' 44% du catalogue de Paris. Les deux saintes sont sainte Rose et ssinte Catherine. Ce tableau a éié payé, à la tente du roi Guillaume H, 23,500 florins (53,302 francs avec les. frais). — [Noie de l'éditeur,)
les genoux, est assise s«r un trône, ayant à ses côtés saint Jean- Baptiste et saint Sébastien.
Il y a aussi un tableau analogue à ce dernier, et non moins précieux, dans la galerie du Belvédère ', à Vienne. Dans ce tableau, la Vierge est assise sur un ti^ône, tenant l'enfant Jésus, qui est dans l'attitude de la bénédiction. A sa droite, Tapôtre saint Pierre et saint Jérôme; à sa gauche, l'apôtre saint Paul et saint Jean-Baptiste. L'inscription est ainsi conçue : PRESBI- TER. JOHANNES. GHRISTOFORI. DEÏERRENO. FIERI. FECIT, M CCCC LXXXXIII.
Dans la chapcille de la famille Roncadelli, en l'église S. Agostino, à Crémone, est un tableau d'autel de l'année 1494. Là aussi la Vierge est assise sur un banc, avec l'enfant Jésus sur les genoux, les apôtres André et Paul à ses côtés. Sur les marches du trône, on lit cette inscription : PETRVS PERVSIXVS PLNXIT M CCCC LXXXXIIU. Après le traité de paix de 1815, ce tableau, . que les guerres d'Italie avaient fait passer en France, et qui ornait le musée duLouvi'e, fut rendu à sa première destination, en 1817. L'exécution de celte belle pemture est tout à fait identique à celle de la galerie de Florence.
Nous pouvons maintenant citer toute une série de tableaux du Pérugin, exécutés de 1495 à 1498, et qu'il faut mettre au rang de ses plus belles œuvres. Mentionnons d'abord le tableau qui représente les Saintes Femmes et les Apôtres pleurant sur le corps du Christ. Ce tableau passa en dernier lieu, de la collection de l'Académie de Florence, à la galerie du palais Pitti. Il porto cette inscription : PETRVS PERVSINVS PINXIT. A. D. MCCCCLXXXXV. Malheureusement, il a beaucoup souffert par l'effet du soleil, qui avait produit beaucoup de petites craquelures, et il fut depuis fortement repeint. Les études originales pour ce tableau, dessinées à la plume avec grand soin, sont conservées dans la riche collection de dessins de la galerie de Florence.
Le Pérugin reçut, vers la même époque, la commande ' d'un
i. Troisième salle de l' École italieunc, n** 43 du catalogue.
2. Lellere piU, perug., p. 155. La confrérie demanda et obtint du magistrat, le îl ré'.rier
4S0 ESSAI SUR LES PEIfOllES DE L*OMBRl£.
tableau représentant le Mariage de la Vierge, pour la cathédrale de Pérouse. Ce tableau, un des plus célèbres du maître, fut emporté par les Fran<^ais, pendant les guerres de la Révolution ; mais il ne revint pas à Perouse, après le ti^aité de paix de 1815. Selon Giacomo Mancini *, le pape Pie VII, lors de son passage à Lyon, l'aurait donné À un général français qu'on ne nomme pas, en reconnaissance des services que ce général lui avait rendus. Mais c'est une erreur, cai' ce tableau fut envoyé, vers 1804, en vertu d'un arrêté des consuls, avec d'autres tableaux anciens, au musée de Gaen, en Normandie, dont il fait aujourd'hui le plus bel ornement.
Sur le devant de ce tableau et au milieu de là composition, le grand prêtre soutient la main de la Vierge recevant l'anneau de saint Joseph, qui tient un rameau. Du côté de saint Joseph, à gauche, sont plusieurs hommes, dont le plus jeune brise un ro* . seau sur son genou; et à droite, des femmes accompagnent la Vierge. Dans le fond, où l'on voit plusieurs petites figures, on aperçoit un temple de forme octogone , 'avec trois petits péristyles, auquel conduisent plusieurs degrés. Ce tableau offre d'autant plus d'intérêt qu'il servit de modèle à Raphaël pour le célèbre Sposahzio, qui est à Milan. Seulement, Raphaël disposa ses groupes en sens inverse et mit en avant, pour représenter le prétendant qui brise le roseau symbolique, un autre personnage que le Pérugin a placé en arrière, lequel, en effet, est bien plus beau et plus gracieux que celui du premier plan. En outre, ces deux tableaux diffèrent en quelques autres parties, notamment dans la forme du temple, car Raphaël a donné au sien plus d'élégance. Dans la même année, le Pérugin passa un contrat avec le magistrat de Pérouse, pour l'exécution du tableau d'autel destiné à la chapelle de la maison de ville; dès l'année 1479, le magistrat avait traité pour ce tableau avec maître Petrus Magistri Galeotti de Perusia. Mais lorsque ce peintre mourut, l'année suivante, ii
1495, un secours d'argent « perunam tabulam facieudam in capellà dicti sancti Iwephi in ecclesiâSancti Laurentii. > [Ànnali Decemvirali, 149S, fol. 135.) 1. GiomaU Arcadicoj 1826, tom. XXXII, p. 359.
n'avait laissé qu'une ébauche de Fouvrage; un autre contrat fut signé» en 1483, avec maître a Petro de terra Castri Plebis, » qui se chargeait de terminer le tableau commencé, au prix de 100 florins^. Toutefois, ce contrat ne fht pas exécuté. Le 6 mars 1496, il y eut un nouvel arrangement, d'après lequel maître Pérugin promit de faire un tableau de sa propre invention, moyennant 100 ducats d'or payables en trois termes. Ce tableau, que le maître exécuta et livra dans le délai convenu, représente la Vierge avec l'enfant Jésus et les patrons de la viUe (S. Laurentius, S. Herculanus, S. Constantius et S. Ludovicus de Tolosa). Après avoir quitté la chapelle de la maison de ville de Pérouse, en 1798» pour faire partie du musée Napoléon, ce beau tableau ne retourna pas à Pérouse et entra dans la collection du Vatican. Il porte cette inscription : HOC PETRVS DE CHASTRO PLEBIS
piNxrr.
Pendant que Pérugin travaillait à ce tableau, il en peignait un antre non moins important pour l'église S. Pietro Maggiore» à Pérouse. Suivant le contrat, qui existe encore, en date du 8 mars 1495 % U devait, au prix de 500 ducats d'or, exécuter pour le maltre-autel un grand tableau représentant l'Ascension du Christ avec la Vierge, les douze apôtres et des anges '. La partie supérieure de ce tableau {luneita) devait représenter Dieu le Père avec deux anges; la pïredella et' les petits tableaux accessoires, différents sujets que l'abbé du couvent se chargeait d'indiquer.
Cet abbé choisit pour la predella trois petits sujets tirés de la vie du Christ : l'Adoration des mages, le Baptême de Jésus et sa Résurrection, avec les saints évoques de Pérouse, Constantinus et Herculanus, en demi-figure. Six petits tableaux devaient entourer le tableau principal, avec six demi-figures : saint Benedictus, abbé, sainte Scholastica, sa sœur, saint Maurus et saint Placidus, son disciple, avec sa sœur, sainte Flavia, vierge et martyre, et enfin saint Cœnabius, le fondateur de l'église.
i. Voyez des renseignements plus déUiiUés dans les LeUere pUl» perug», p* 144-155.
2. Publié dans l'ouvrage intitulé: Vila^ elogio e memorie dell'egr. pUL Pietro Perugino, par B. Orsini. (Perugia, 1804, p. 140.)