I. SO
Pour rendre aussi complète que possible notre notice sur l'œuvre de Tlngegno, nous citerons encore la Madone que posséda feu M. Volkmann, à Florence, et qui est signée A. A. P.
M. von Rumohr parait avoir bien expliqué ces initiales» qui lui représentent ces mots : Andréas Aloysii pinxit ^
Ce tableau semble avoir été peint à la détrempe et terminé par des glacis à l'huile» selon la manière florentine de la fin du quinzième siècle. C'est peut-être aussi un des dexniera ouvrages de l'Ingegno.
Une autre Vierge avec un enfant Jésus assis a été pubiiée dans la Storia délia Pittura italiana, tome IV, page 63, par Rosini, qui l'attribue à l'Ingegno» sans cependant en donner des raisons con- Gluantes, et sans dire en quel endroit ce tableau se trouve aujourd'hui.
Mezzanotti attribue également à notre maître une fresque qui est dans une chapelle du couvent S. Pietro Maggiore> à Pérouse, et qui représente la Vierge assise sur un ti'ône, entourée de saints. Mais cette fresque, tout à fait dififérente des peintures dans lesquelles M. von Rumohr a reconnu, ainsi que nous-même, la main de l'Ingegno, est d'un artisle médiocre de la première moitié du seizième siècle.
BfiRNARDiNO Di Bëtto, de Pérottëe, nommé il Pinturicchio. — Nous n'avons pas d'autres renseignements sur le Pinturicchio que ceux fournis par Vasari, qui nous apprend que ce peintre fut, de même que llngQgno, un des principaux élèves du Pérugin. Et ces deux peintres, à coup sûr, ont avec ce maître la plus grande analogie ; seulement, le Pinturiccliio diffère de Tlngegno en ce que les traits de ses têtes sont plus fins et plus délicats, et qu'en somme, dans ses bonnes productions, il a fait preuve d'un talent bien supérieur. Mais sa trop grande facilité, qui lui fît donner le surnom de Pinturicchio, dégénéra bientôt en négligence c;^ finit plus tard par gâter ses ouvrages. Nous renvoyons à Vasari pour les travaux que le Pinturicchio
i. Voyez Kv,n$lblaH^ 1821, n» 1Z, ti Italienitcke Fonefw/ngen, II, p. 388.
ESSAI SUR LES PEINTBES DE L*OMDRIE. 467
exécuta de concert avec le Péragin à Rome, sous le pape Sixte IV, comme pour ceux qu'il exécuta seul sous Innocent VIII et Alexandre VI. On verra , dans les Vies des Peintres , comment , par sa prodigieuse facilité, il sut acquérir la faveur et Tapprobatioii de ces papes. Pendant les années 1492, 1494 et 1496, nous le trouvons occupé, dans le dôme d*Orvieto, à peindre à fresque plusieurs figures de saints, nommément les Évangélistes et les Pères de TÉglise. Mais il faut ci^er comme l'ouvrage le plus distingué qu'il exécuta vers cette époque, c'est-à-dire dans les années 1497 à 1508, les peintures murales de la chapelle Bufalini, à l'église d'Araceli, au Gapitole. Dans ces peintures, quelques épisodes de la vie de saint Bomardin sont représentés avec beaucoup de vérité et de caractère ; on y remarque des détails trèsfinement étudiés et de très-belles tôtes, qui sont d'excellents portraits ' ; ce qui se rapporte évidemment à la première manière du Pérugin. Du reste, de même que dans toutes les grandes compositions çle ce maître , on constate un défaut d'ordonnance dans la distribution des figures , en sorte que la scène est tantôt trop remplie et tantôt trop vide.
Un des ouvrages les plus remarquables du Pinturicchio , ce sont les peintures d'autel dont il reçut la commande le 14 février 1495, au prix de 110 florins; peintures qu'il devait terminer en deux années pour l'église S. Maria de' Fossi. Après la suppression de l'église, dont elles furent longtemps le plus splendide ornement, ces peintures, en parfaite conservation, passèrent, divisées en différents fragments, dans la collection de l'Académie de Pérouse. Le tableau du milieu représente la Vierge et l'enfant Jésus, sur un trône , avec le petit saint Jean en adoration. Un beau paysage est au fond. Des deux côtés sont les figures isolées de saint Jérôme et de saint Augustin, et, dans un panneau carré au-dessus du tableau principal , un Christ debout dans sa tombe , soutenu sous les bras par deux anges. Aux côtés de cette Pietà, l'Annonciation, représentée par les figures de l'Ange et de la Vierge,
I. Voyez Tasari, nouTelle édition de Florence^ 1849; note de la page 27 t.
celle de la Vierge surtout est remarquable par la finesse de SCS traits comme par l'expression de sa douce et naïve physionomie. Le gradin contient, dans des médaillons, les quatre Évangêlistes et un Père de TÉglise. Toutes les têtes de cette composition trahissent un vrai sentiment du beau. Le coloris en est brillant et le ton de chair d'un brun clair dans les ombres.
11 est regrettable que le Pinturicchio n'ait pas eu l'habitude de signer les œuvres de sa première époque, qui précisément sont les meilleures; il ne signa que plus tard, lorsqu'il travaillait davantage pour gagner de l'argent et, pour ainsi dire, en fabrique. 11 est donc impossible de présenter une suite clironologique de ses travaux. Nous décrirons cependant les suivants, dans l'intérêt de l'histoire de l'art. D'abord nous citerons une Vierge, d'un Uni extrême, qui se conserve dans la sacristie de l'égUse S. Agostino à S. Severino, et qui pourrait être de la même époque que l'autel de S. Maria de' Fossi. La Vierge, demi-figure, tient ici l'enfant Jésus debout sur ses genoux, lequel, de la main gauche, porte le globe terrestre, et de la main droite bénit le donataire. Ce donataire, un prêtre, est vu de profil; son portrait doit être d'une vérité frappante. Derrière la sainte Vierge sont deux anges en adoration ; au fond, dans un paysage délicieux, coupé par des bois et des collines semblables à ceux du pays, on voit le cortège des trois saints rois mages. Ce tableau, vraiment remarquable par sa grâce et sa beauté , ainsi que par sa délicate exécution, est regardé ajuste titre comme un monument précieux. On l'a recouvert d'une glace. Au-dessus de ce tableau, dans un cintre également peint par le Pinturicchio , est Dieu le Père bénissant, entouré de quatre chérubirts '.
Parmi les meilleurs tableaux du Pinturicchio, il faut ranger aussi un portrait de jeune homme, avec un fond de paysage. Ce tableau, conservé actuellement dans la galerie de Dresde, est encore peint à la détrempe , et la couleur verte employée pour ébaucher les chairs a poussé en quelques endroits, La
1. Rosini ea a donné une gravure dans sa Storia délia PiUura italianaj t. IV, p. 282.
finesse du Jessin et la manière de faire, surtout dans le paysage, offrent beaucoup d'analogie avec la Madone que nous avons citée plus haut.
Les peintures à fresque, qu'on trouve dans la chapelle de la famille Baglioni, nommée la Bella, à S. Maria Maggiore à Spello, sont datées de 1501. Dans le tableau principal, représentant l'Adoration des mages, le peintre a placé son propre portrait, et, en dessous, une tablette avec cette inscription : BERNARDINVS PIN- TVRICHIVSPERVSINVSM^CCCCGoI». Ces peintures sont estimables à différents égards ; mais on voit dans la composition combien le peintre avait de peine à remplir convenablement de grands espaces et à mettre de l'harmonie dans l'ordonnance de son sujet. Pinelli a gravé au trait ces fresques pour les prêtres de cette église, qui vendent eux-mêmes ces gravures.
Le Pinturicchio remplissait les fonctions d'un des Prieurs du magistrat de Pérouse, dans la seconde moitié de l'année 1501; mais, l'année suivante, il fut obligé d'aller résider à Sienne, car ce fut le 29 juin 1502 qu'il reçut une commande du cardinal Francesco Piccolomini , plus tard pape sous le nom de Pie III , pour décorer de peintures la Libreria, que ce prélat avait fait bâtir pour la cathédrale de Sienne ; ces peintures devaient représenter des sujets tirés de la vie d'iEneas Sylvius Piccolomini, qui fut le pape Pie II. Nous avons dit que, reconnaissant lui-même son manque de talent pour la composition, il eut recours au génie d'invention que le jeune Raphaël avait déjà manifesté dans l'école de son maître. Mais Raphaël, comme nous l'avons établi par des faits, n'eut aucune part, soit à l'exécution des cartons, soit à celle de la peinture. Néanmoins il est très-vraisemblable que le Pinturicchio se fît aider, dans cette grande entreprise, par plusieurs peintres de Sienne, ainsi que le suppose aussi M. von Rumohr, qui croit même reconnaître la main d'Antonio Bazzi, surnommé Sodoma, dans le tableau qui représente iEneas Sylvius, couronné par l'empereur Maximilien, Ayant déjà donné une description de ces peintures 4ans la première partie de notre ouvrage, nous n'y reviendrons pas ici ; nous ajouterons seulement
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que le PinturiccLio reçut le dernier payement le 7 jarivier de Tan 1509. La somme totale qui lui fut allouée pour ces fresques, retouchées soigneusement à la détrempe, se montait, selon le contrat ' passé avec lui, à 1,000 ducats, in oro di caméra; il avait de plus un logement gratis, et on lui fournissait Téchafaudage et h a^épi.
Ces dix peintures murales furent gravées pour la première fois par RainiondaFaucci, sous ce titre : Narrazwne délie Gesta di Enea Sylvio Piccolomini poi Pio II rappresentate nelle pareti délia libreria corale del Duomo di Siena dal Pinturicchio y con schizzi e cartoni di Rafaello d'Urbino (Siena, 1771, in-foL); et depuis, dans les Pitture di Siena, de Lasinio le fils. Grand in-fol.
M. von Rumohr, dans ses Kalienisclie Forschungen, p. 56, dte encore du Pinturiccliio, dans Téglise S. Girolamo à Pérouse, un tableau d'autel qui, dans les descriptions de cette ville, a toujours été désigné comme étant de Técole du Pérugin. Ce spirituel écrivain ne croit pas seulement y reconnaître la main du Pinturiccliio, mais encore celle de Raphaël. En effet, les raisons qu'il donne à Tappui de cette attribution sont si concluantes, que nous ne nous faisons aucune dilliculté de les adopter en général; toutefois, nous ne saurions partager cette opinion, que Raphaël en aurait fait la composition, Taurait ébauché, et aurait ensuite laissé le soin de l'exécution au Pinturiccliio. Aa contraire, la composition primitive nous semble être bien de ce dernier, d'autant plus que la Vierge et l'enfant Jésus manquent absolument de la grâce particulière aux ouvrages de Raphaël et que les figures sont mal groupées; celle de l'enfant Jésiis offre môme des lignes déplaisantes. Par contre, on remarque, dans quelques parties du tableau, et surtout dans les quatre saints, debout aux côtés de la Vierge, une expression si raphaélesqne, qu'il est permis de croire que le peintre d'Urbin n'a pas seulement aidé son ami pour le dessin, mais encore pour la peinture. A en juger par le beau caractère du dessin, il semble
I. Vo;«i ce contrat dans rédlUon de Yasari pwbliée à FloreoM en 1849, p. 288.
ESSAI SUR LES PEINTRES DE L^OMBRIE. 47i
qu'en 1507 le Kniuricchio aura su profiter, pour son instruction, du séjour que Raphaël faisait alors à Pérouse.
Mais quel étrange contraste forme cette excellente peinture avec le tableau d'autel qui est dans Téglise de Saint-André à Spello, tableau que le Pinturicchio peignit Tannée suivante! Si on y reconnaît encore dans certaines parties, notamment dans la figure du petit saint Jean, les belles qualités de l'artiste, Texécutioa toutefois en est très-négligée et traitée sans esprit, comme une œuvre de métier. Ce tableau représente au milieu la Vierge et l'enfant Jésus sur un trône élevé , au bas duquel est le petit saint Jean occupé à écrire les mots Ecce Agnus Dei sur une banderole. Saint André et saint Laurent sont debout, de chaque côté. Malgré la faiblesse de son œuvre , le Pinturicchio eut la vanité de copier au bas du tableau une lettre élogieuse que lui adressa Gentile Baglioni, le 24 avril 1508 ^
Moins agréable encore et plus négligemment traité est un tableau du Pinturicchio, exécuté en 1509, lequel se trouve dans la même éghse des Augustins à S. Severino, où nous avons admiré une belle Madone de sa meilleure époque. Ce tableau représente la Madonna dcl Soccorso ; elle est debout, avec l'enfant , Jésus entre ses bras ; à ses pieds , une mère prie avec anxiété , tandis que son enfant effrayé par un dragon, emblème de Satan, se réfugie auprès d'elle. Le tableau porte cette inscription : BERNÂDINO PERVSÏNO PINXIT. HOC OPVS. F. F. PANTONIVS DE JEN'neVS P. SVA DEVOTIONE. 1509. ACCIA' HAFEffl.
Sigismondo Tizio rapporte ce qui suit sur la mort du Pinturîcchio, dans son manusciit intitulé : Historiarum Senensium^ t. VII , qui est conservé à la bibliothèque de cette ville : « Dans . la nuit qui suivit le dimanche 11 décembre (1513), mourut Bernardin de Pérouse, très-excellent peintre, ainsi que le témoignent les ouvrages dont il a décoré la ville de Sienne, où il avait acheté, pour s'y fixer, le palais commencé par le pape Alexandre in, et des biens-fonds dans la campagne près Pernina. Il laissa une
f . Elle est reproduite dans les LeU, pitL perug.f p. itS. Le tableau se troure gravé dans la Skiria deUa Ê^wra iUOiana^ de Rosiiû, pi. UXXVII.
veuve, nommée Grania, et deux filles, et fut enteiré dans l'église S. Vincenzo. On rapporte qu'un certain Paffo \ homme de condition infime, avait des relations secrètes avec la femme de Bernardino, et qu'ils ne laissèrent approcher personne auprès dn malade, à l'exception de quelques pauvres femmes de notre voisinage, qui me racontèrent plus tard que le défunt s'était plaint avec amertume de ce qu'on le faisait mourir de faim. On voit dans les appartements du pape , dans le château Saint-ÀQ^e et à Araceli, des peintures que Bernardino exécuta de sa main, du temps d'Alexandre VI. Ce pape le récompensa en lui donnant des canonicats avec le droit de les vendre ; le peintre les céda «^p^alement contre une rente viagère et la propriété de Chiusi, que l'Église possédait dans la campagne de Pérouse. »
Dans l'église S. Vincenzo et S. Anastasio à Sienne , on lit sur sa tombe cette inscription :
Bernardine Betti detto il Pinturicchio
al quale Pietro Vannucci fit maestro
Rafaello Snnzio condiscepolo
Perugia Patria. Siena ospita grata
qui ebbe tumulo senza monimento
gli undicidi décembre 1513.
Luigi de Angelis questo piccolo marmo a tanfo nome poneva, il primo di agosto 1830.
Giovanni, nommé lo Spagna, — Vasari cite ce peintre comrac un des meilleurs élèves du Pérugin, en disant qu'il se distini^uait particulièrement par son coloris. En effet, nous reconnaissons dans le Spagna un maître qui, tant qu'il resta fidèle au t'aractcre de l'école ombrienne , fut aussi remarquable par ses créations pleines de sentiment que par la finesse de son dessin et la richesse de son coloris. Plusieurs de ses ouvrages sont même d'une telle beauté et se rapprochent tellement de la manière péruginesque de Raphaël, qu'on a cru pouvoir les attribuer à ce dernier*, entre autres la Naissance du Christ, qui est dans la ga-
\ . ■ PafTuin qucmdoin peditem in foro seneiisi. ■
S . Truis pelitcb figures de saints, appartenant à lord Ward et exposées à Manchesiter sons le
lerie du Vatican, et TAdoration des mages, peinture à la détrempe sur toile , au musée de Berlin , dont nous parlerons ailleurs plus en détail. Le Stagna fut heureusement influencé dans sa jeunesse par le voisinage de Raphaël; mais il tomba, vers la fin de sa vie, dans une banale imitation de ce grand maître et perdit presque entièrement le cachet individuel de son talent.
Il avait déjà fixé son séjour à Spoleto dans les premières années du seizième siècle, puisque nous trouvons un décret daté de l'année 1516 qui le nonunc citoyen de la ville, et que, dans ce décret, il est dit qu'il résidait à Spoleto depuis longtemps et qu'il s'y était marié. Du reste, nous n'avons pas d'autres renseignements sur sa vie, si ce n'est qu'il est qualifié « Magister Jokannes Pétri » dans les registres de la ville et qu'il fut nommé « Capitano delV Arte de Pittori » à Spoleto en 1517.
Nous croyons pouvoir attribuer à Giovanni les armes peintes du pape Jules n dans la salle de la maison de ville à Spoleto. Elles sont entourées de trois figures allégoriques de la Justice , de la Charité et de la Grâce. Gomme les armes des papes étaient ordinairement peintes à leur avènement au trône pontifical, il est probable que celles de Jules II furent exécutées en 1503. Mais, quant aux figures qui les accompagnent, leur caractère indiquant plutôt une époque postérieure au développement de l'art, elles doivent avojr été faites quelques années après , lorsque le Spagna fut chargé de la décoration de cette salle. Depuis, les murs ont été recouverts d'une couche de couleur uniforme; on voit seulement encore deux petits génies au-dessus de la porte d'entrée (outre les armes peintes sur le mur principal).
Ce n'était pas pour la salle où elle se trouv^î aujourd'hui, mais bien pour le château de Spoleto, que le Spagua peignit à fresque une Madone, que l'on enleva pour la sauver de la destruction, et qui fut transportée, en 1800, dans la maison de ville. Cette fresque représente la Vierge avec l'Enfant debout sur ses genoux, ayant
nom de Raphaël, sont aussi reftituécs au Spagna par M. Waagen (voir Trésors d'arif etc., par W. Burger, p. 63). — (Ao(ede l' éditeur. )
quatre saints à ses côtés ; à gauche , le Père de l'Église , sadnt Jérôme, et l'ermite Nicolas de Tolentino; à droite, le saint évoque Brizio et sainte Catherine d'Alexandrie. Au-dessus *du tableau, il y a un cintre avec deux génies qui soutiennent des armoiries. Cette peinture a tant d'analogie avec celles du Pérugin, qu'on doit la placer entre les plus anciens ouvrages du Spagna. Rosini, dans son ouvrage déjà cité plusieurs fois , en a donné une gravure pi. CIV.
Eu l'année 1507, le Spagna peignit un tableau d'autel pbur Monte Santo de Todi, moyennant le prix de 200 duCats d'or. Ce tableau représente la Nativité du Christ; il est composé dans le genre du Pérugin, avec le cortège des trois mages dai)s le lointain , et trois anges chantant le Gloria dans le ciel. Ce beau tableau , qui se trouve à présent dans la collection du Vatican , a été pris pour une œuvre de Raphaël; il a même été lithographie sous le nom de Raphaël par F. Hosemann à Berlin, et l'étude pour la tête de saint Joseph, traitée tout à fait dans la manière première de Raphaël, est conservée parmi les dessins de ce maître au British Muséum à Londres.
Spagna exécuta un tableau semblable pour l'église S. Girolamo à Narni, ainsi que le fait est enregistré dans les archives publiques de la ville ' .
Une autre œuvre du Spagna a été assez généralement regardée comme une peinture de la jeunesse de Raphaël, c'est la grande toile de l'Adoration des mages, exécutée à la détrempe, laquelle se trouvait primitivement dans l'église Saint-Pierre du monastère de Ferentillo. On a prétendu que la commande avait, été faite à Raphaël par Asciyano Ascajani, qui fut abbé de ce couvent depuis 1478 jusqu'à 1503; mais des renseignements antérieurs désignent Giovanni lo Spagna comme l'auteur de cette peinture ; et nous ne pouvons que confirmer cette opinion, après un examen scrupuleux du tableau même, qui, surtout dans l'arabesque en grisaille entourant le sujet principal, est traité d'une manière tout à fait