‹ Raphael d'Urbin et son père, Giovanni Santi (volume 5)Chapitre 20 sur 81 · Voy. Roûni, SiOTia^ etc. Planque xxxii · texte numérisé non relu

Voy. Roûni, SiOTia^ etc. Planque xxxii

des deux côtés le tableau du milieu, sont divisés en cinq petits compartiments, avec une Annonciation dans la partie supérieure et des saints debout dans les autres. Au-dessous du tableau principal, il y a encore un Christ en ftroîx, avec la Vierge et saint Jean, et quatre petits tableaux sur le gradin, qui représentent : le Christ sur le mont des Oliviers, la Flagellation, les trois Saintes Femmes au tombeau, et l'Apparition du Christ à la Madeleine.

Un autre beau tableau de Pietro délia Francesca existe encore à l'Académie de Pérouse, mais il a malheureusement beaucoup souffert. La Vierge, avec Tenfant Jésus, est assise sur un trône : à droite, saint François et sainte Elisabeth ; à gauche, saint Jean- Baptiste et saint Antoine. Le fond d'or de ce tableau est ornementé comme une tapisserie. L'Annonciation est représentée dans le haut.

Dans tous ces ouvrages , on reconnaît que Pietro délia Francesca étudia le Masaccio : non-seulement il-éclaire comme lui ses compositions, mais encore il imite le ton brun lumineux dans les ombres des chairs et les reflets blanchâtres qu'affectiormait ce maître. Les têtes de Pieti'O ont toutes quelque chose de remarquable, quoique ce ne soit pas précisément de la beauté. Il traitait singulièrement les cheveux , surtout dans ses peintures à la détrempe, où ils ne forment pas de masses et entourent le visage comme de longs flocons de laine en désordre. Les proportions de ses figures sont généralement courtes et fortes dans les attaches, principalement aux chevilles des pieds qui quelquefois seaiblent enflées. Le jet de ses draperies, qui est grandiose, a pourtant quelque chose de bouffant, quoique les plis soient brisés et anguleux. Sa couleur est puissante, mais^ en somme, plus modérée que celle.de la plupart de ses contemporains. Pietro délia Francesca avait des connaissances distinguées en perspective ; il en fit un traité, ainsi que de la géométrie, traité qui était en la possession des ducs d'Uxbin, comme le rapporte son élève Luca Pacciolo dans la Summa de aritmetica^ geometrica, proportionalità, etc., imprimée en 1523. La dédicace de cet ouvrage, adressée au duc Guidubaldo d'Urbin, sous la date de 1494, con-

tient ce passage : « La perspectiva, se ben si guarda, senza dubbio nulla sarebbe, se questa (la geometria) non si accomodasse. Corne al pieno dimostra il monarca alli tempi nostri de la pictura Piotro di Franceschi nostro terraneo , Tassiduo de la excellenza V. D. casa familiare, per un suo cômpendioso trattato de VArte pictoriay € de la lineare forza in perspectiva compose. È al présente in Yostra degnissima biblioteca , appresso Taltra innumerabile moltitudine de volami in ogni facoltâ electi, non immeritamente si ritrova. » — Vasari avait vu encore la plupart des ouvrages de Pietro délia Francesca dans la bibliothèque du duc d'Urbin. D'après Misson» Voyage d^ Italie y t. DI, p. 187, une partie de ces manuscrits aurait passé dans la bibliothèque du Vatican ; une autre . dans celle de la Sapienza* à Rome, et le reste aurait été anéanti par Cesare Borgia. On avait assuré que quelques-uns des traités de Pietro étaient entre les mains de M. Giuseppe Marini Franceschi, à Borgo di San Sepolcro; il résulte des informations que nous avons prises sur les lieux, qu'il n'y a rien de vrai dans cette assertion. Après les détails; dans lesquels nous sommes entré au sujet des œuvres de Pietro dalla Francesca, nous croyons pouvoir nous dispenser de réfuter ropinion de M. von Rumohr, qui prétend, dans ses Italienischen Fùrschungen^ vol. m, p. 39, que ce peintre est un maître très-médiocre. Rappelons seulement. ici les fresques qu'il a peintes dans réglise de S. Francesco à Ârezzo; celle qui représente le Songe de Constantin le Grand est composée d'une manière si magistrale, qu'une esquisse pour ce tableau , laquelle se trouvait dans la collection de Sir Thomas Lawrence, fut publiée par Ottlèy, dans son recueil de fac*simile d'après les maîtres italiens^ comme étant une composition du Giorgione. Rappelons enfin que de l'école de Pietro délia Francesca sont sortis deux des peintres les plus distingués de leur temps : Luca Signorelli et Melozzo da Forh. Pietro délia Francesca vivait encore en 1494, quoiqu'on ait voulu rapporter sa mort à l'année 1484; c'est là uh fait prouvé par le passage que nous avons extrait du livre de fra Luca Pacciolo , qui parlait de lui, en 1494, comme d'un peintre vivant.

XI. Bartolomeo Gorradini, Dominicain, nommé aussi fra Car^ nevale^ natif d(; S. Cassiano di Gayallino. Il vécut longtemps à Ui'hin, et peignit, en 4472, le tableau du maltre-autel pour Téglise S. Bernardino de cette ville. Cette Vierge avec l'enfant Jésus n'était pas, co;nme le P. Tomasso le supposait sans raisons valables, le portrait de la duchesse Battista d'Urbin, avec son fils Guidubaldo. Cependant c'est bien l'époux de cette duchesse, Federico da MontefeJtro, que nous voyons agenouillé devant la Vierge '. Sous la domination française, ce tableau fut envoyé à Milan pour la galerie de la Brera.

PungQeoni cite encore (p. 54) un tableau de Bernardino Corradini, qui était autrefois à S. Maria délia Bella, mais il ne le décrit pas. Il nous apprend ensuite que Bartolomeo travaillait déjà à Urbin en 1456; qu'il est encore nommé dans le Uvre 6 de la confrérie en 1484, mais qu'il ne vivait plus certainement en 1488, puisque cette aunée*là un certain Baldassare lui avait déjà succédé dans ses fonctions d'archiprôtre.

Nous devons encore rappeler ici que Lomazzo, dans son Trattato délia pittura ( p. 407J, compte Camevalê parmi les artistes qui ont supérieurement dessiné l'architecture, comme en fait foi d'aiUeurs le tableau qui est encore dans la galerie de la Brera.

XII. Melozzo da Forlï. — Nous n'avons rien de plus à dire de lui que ce qu'en ont déjà dit Vasari, Scanelli et Morelli. Seulement nous insisterons sur ce point, que, dans le Microcosmo délia pittura de Scanelli , Melozzo da Forl\ est nommé conjointement avec le Mantegna, et que fra Luca Pacçiolo, dans sa Divina Proportione^ dit positivement que le Mantegna avait été le maître de Melozzo.

Xin. Marcus Melozzo da Forl\. — L'inscription d'un tableau d'autel dans l'église des Franciscains à Matelica, près Fabriano^ nous constate l'existence d'un peintre de ce nom. Ce tableau représente la Vierge assise sur un trône et tenant sur les genoux l'enfant Jésus dans l'attitude de la bénédiction; à droite, saint

I . ta gravure de ce tabkau a été publiée par Rosiui dans la Storia delta piUura ita- L'ana, pi. xcm.

François, et sainte Catlierine d'Alexandrie à gauche, avec un ^ paysage au fond. Dans la partie cintrée qui surmonte ce tableau, ^ ^^ on voit la Vierge tenant le Christ mort sur ses genoux; auprès .^^5 d'elle, deux femmes, Tapôtre saint Jean et saint T^uis, évêqne.^ ^».e. La Cène est représentée dans le gradin, avec quelque3 sujetFs,#^^ts tirés de la vie des deux saints qui figurent dans le prîncipa^J^^^^l tableau. Voici l'inscription : n Marchus de Melotius forolivienrtfiK'^ii. sis faciebat. Al temp. de frate Zorgo Guardiano del Mcccca. » Ek^^T En général, on ne saurait méconnaître, dans ce bon ouvrage, rinss-^^înûuence de Giovanni Bellini tant pour le jet des draperies qamzm-jpquf] pour le coloris, qui n'a pourtant ni Téclat ni la vivacité du colorrrx-^^ris de ce grand maître vénitien. Le. caractère de cette peinture es^» est sérieux et original, mais il manque de grandeur.

Marcus Melozzo est apparemment le même que Cesare Cîtt2^.S^tadélia, dans son Catalogne des peintres et des sculpteurs de Fcl ^^^errare, nomme Marco Ambrogto detto Melozzo, et qu'il confond av^^-î^rec le premier Melozzo.

XIV. LucA SiGNORELLi de Cortona. — Le Giomale Arcadico c» de 1823, n? xvm, a publié un payement fait à ce maître, en i48>--^^l, pour un parère donné à Gubbio, relativement au plan d'urxi^mne église , qui devait être érigée à Cortona et dont Francesco *- di

Giorgio avait fourni les dessins. Dix ans plus tard, nous le rea: ^ncontrons à Urbin, occupé à peindre deux petits tableaux de ban-^"nière pour l'église S. Spirito : ces tableaux, qui représentent ^c

Crucifiement et la Descente du Saint-Esprit, existent encore, document qui s'y rapporte se trouve parmi les actes du notait:— Simone Vanni, à la date de juin 1494 (f° 62), et il a été publ par Pungileoni dans son Elogio storico di Giovanni Santi (p. 1 Les sujets à peindre lui avaient été exactement indiqués, toile devait être fournie par la confrérie, et le prix du travail l'artiste était fixé à 20 florins de 40 bolognini ; enfin un délai trois mois fut accordé au peintre pour l'achèvement de s ouvrage.

Le manuscrit qui se trouve à la bibliothèque du Vatican, parmi les Codici Ottoboniani, sous le n" 1305, est d'une bonne écriture de'la seconde moitié du quinzième siècle; il se compose de 224 feuillets in-folio d'un beau papier. Quelques corrections, d'une écriture lourde, différente de celle du corps du manuscrit, existent sur les premiers feuillets, et semblent de la main même de Giovanni. Le début du poème est une dédicace au duc Guidubaldo d'Urbin ; puis l'auteur raconte en neuf chapitres une espèce de vision, en guise d'introduction à son ouvrage; ensuite, il commence l'histoire du duc Federico d'Urbin en 23 livres, qui sont divisés en trois parties et en quatre-vingt-dix-neuf chapitres. Nous avons cru intéressant de donner ici quelques extraits de ce poëme curieux, en conservant scrupuleusement le style original.

Voici d'abord la dédicace.

Episîola de Giohanni de Santé allô III''"' S. Ihica Gtndo

Dttcn de Vrbinn,

Se a me fosse possibile^ lllustrissimo et excelleritissimo Signore mio, cusi facilmente exprimere el concepto del' anime mio nela presentia de tua Illustrissimn Signoria, et che quelle fusse pprsempre note a qualunque aprira questo mio volume, como io ho depinto innettamente, certo cum manche parole quioci el dimostrarei ; ma perche oltra dele altre io fra due e\lremitade me vegio^ l'una délie quale cum molto ardire, Taltra repugnia, forsi ch' è più che non convien se in questo principio a te sarô prolixo. Adunque sappi sapientissimo Signore mio, che nissuoa cosa a me più gtoconda^ ne più salutevolc pare nel serve, che la dimoptratione delà

400 EXTIltlTS DE LA CHRONIQUE HIMËF.

iiileroetinmaculaln fcde versu cl suu Si^iicri', la <^uale iiORsolaiiiciileEe àew. inusirure cuin le Toize (tel cui-po, m.i cUam Uiu cum le p:irolc et cum In vulutiLù. Et perché io su thc l'ù iissji divuljjutii siiiieiitia , die licii die liella cosii sia operare per la Repiibliira et per el !:iio Signore, etlam Dio el ben dire non e turpe. ne vile : Cumciusiaclic in pace et ia çurrra l'huomo pilote divcntiiie Tamuso. Ounque io menlre che quello ctcmo spkiidure c gloria délia noslra elade eicellenlissimo et Rimosismiu tim pâtre visse, vedendo e sentendoel tuono inexlimabile délia sua clitarj Tania, la <|u:ilc non solamente Tu et c conosciuta dalle italichc re^tiune, ma Ee li( ito è el dirc^ cbu délia (di là) àal monte Caucaso la sia discorsa, io del dire l'ardisco et oitra di questo vedendo che queila era nbuiidantissima materia ail famosissiini licriptori : l^lorici et Poeti : et ebc a wB- BUDO parea polere assumere più alto subjecio nel suo comporrc : a cio chel (livorabil tempo non rodecse l'alli^simo splc&dore délie sue innumerahilc virtit : el cb' ad essi Compositori ûo o Heciptatori fusse per si ampla et eicellenle materia, oltra delà loro doclrina, eterna laude : si como queila dello Antiste Campano : Francesco Philelplio Porcelio et molU altri : et nuovamente ii dottissimi et [amosissinii homini Christofaro Landiiio et Sigismondo deli Conti da Fubgnio, li quali lucU cum loro clarissimo sltlo ntTatigati apreEso degi' uomini docli lassano elerna laude délie sue innumerabile virlù. Délie quale cose io si como devotissimo, pigliandone mirabile coiiruilo : da quello in uno momento mi nacque alcun dolore nel core : dicendo : Et perche apresso delli indocti et vulgari non debba anco de si sublime altéra fama ritrovarsi? or Tolgendo per l'ansia meote el nuOTO pensiero, al Itcto délibérai cum questo non mollo consueto slile di terza rima in Istoria Tolendo li gloriosi gesti dcl tuo pronominato paire caninre : Et io questo potente deslo cum ardpnlissimo l'crvorc aceso : si etiam Dio per lassare testimonio d'una sincera e Tedele servitii possa cb' ' alquanto queslo nuovo appettilu cumiocio a dare luoco ala ragione, glî ochi a me stesao rivolti quaudo ch' di me me vergognai, pensando ciim si rrifoleclo vasculo volere altengcre l'acqua nel clarissimo e aurgcnle fonte : como sono le excelse Iode de lanti triumphi e paternal tue glorie. Dove tagtiando io cl capo a queMo truppo alto desio, più teste A quello rinascevano, che ael Leruea Palude alla renenosa Idra, cotitra la quale Don havendo la maza de Hercule, vJuto detli prioupio a quello, che non che a me, ma a qualunque excellenlissimo e divino ingegnï sarebbedi Iruppo peso. Pur cum l'ajuto del Summoldio, al quale tucte le gratie se dehbaito rcferire, Hio conducla a uno certo line.

Quatunque per tanli tempi a me sia stata di gravissimo pond», pcro che l'aoimo mio si como bumano , essendo sempre sugelto a varie pas- »one, cumciosia che l'adverea l'ortuna, abi, quante per volte' ë al lioiie

i, Nolf tn mine ie la mBin de l'uuWiir ■■ • qnsii umptr. i

DE GIOVANNI SANTl. 401

contraria. Dachè la fortuoa divorô el patentai mio oido in ftioco, dove distructa ogni nostra substantia^ per quanti amphracti et straboccbevoli precipilij babi conducto mia via^ lungo sarebbe a dire. Ma giungendo alla etade cb' io sarei forsi Btato disposto a qualcbe più utile Yirtù^ da poi molti negotij per guadagnarmi il victo^ mi dette alla miralfile arte de pictura^ per laquale, oltre la orbita délia cura familiare, cbe nissuna cosa a l'buomo o è de più continuo toiinento havendo si eicellente peso di sopra^ el quale sarebbe grave agli omeri de Atalante et delà oui clarissima arte, non me vergognio essere nominato. Dunque fra tante ansietà essendo cum l'animo suspeso et in?ilupato^ cumciosia cbe ogni minima cosa yole tucto rbomo : se io non bavessi cum quello debito stile tractato si gloriosi gesti a presso de tua Illustrissima Signoria et de tucti gli altri^ me sia in qualcbe parte bonesta scusa; non obstante cbe l'altissima et paternaie tua gloria è di tanta et di sublime natura, cbe da qualunque rozza et inepta lingua narrata sia^ pareva mirabile et excellente^ ne bomo se troYa de si basso ingegno^ cbe non sappia et possi dire cbe el sole più cbe altre luce risplenda. Dunque lilustrissimo Signore mio^ a te rivolgo> questemie \igilie y dele quale io so ben certo cbe a pigliare non bai fructo^ overo dilecto alcuno : percbe l'intellecto tuo yola a cose si alte, cbe l'ochio mlo non scorgie a mille miglia apresso : ma perche tu intenda et oonsideri, cbe se più bavessi potuto et saputo, più operato ayerei^ rendendomi certo cbe se aitra gloria di questo consequir non debbo, non mancheraquesta, ch'io me reputi in singular gratia essere nato e visso fidelissimo seno di uno tanto principe et di suo clarissimo germe. Finis.

N, B. Le mot finis a été intercalé par l'auteur au milieu du texte, qui continuait ainsi : « Pero cbe si come Platone si gloriava di tre cosej cio essere nato mascbio, Âtbeniese et al tempo. » Cette phrase a été supprimée d'un trait de plume.

Preambulo quati prologo in nel quale se tracta una visione in sonio^ acomodaio molto a topera sequente.

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