‹ Raphael d'Urbin et son père, Giovanni Santi (volume 5)Chapitre 33 sur 81 · VUa di Pietro Perugino, p · texte numérisé non relu

VUa di Pietro Perugino, p

ESSAI SUR LES PEINTRES DE L*OMfiRIE. 481

^ussi par maître Rosso de Florence, lorsque, en 1527 , il eut à 3)eindre un tableau pour Castel Rigone et que le Rosso lui en fit le carton. Un autre de ses tableaux, daté 1532, à S. Giuliano devant Pérouse, est pris, pour les parties principales, d'une peinture d'Andréa del Sarto. Il représente la Vierge sur-un trône, avec saint Jean-Baptiste et sainte Marguerite, assis aux deux côtés, et deux anges dans le baut. Cette faible peinture porte Tinscription suivante : A. D. MDXXXH. DOMINIGVS. PARIDIS- F. PICTOR. PERVSINVS. FACIEBAT.

Ces faits suffiront pour prouver que Domenico, qui était assez pauvre d'invention, se servit volontiers de l'aide d'autrui et sut s'approprier de la sorte les qualités de plusieurs peintres qui lui étaient étrangères. Or, comme il atteignit un âge très-avancé (il vivait encore en 1553), ses ouvrages offrent les caractères les plus différents, selon les progrès de l'art, qui étaient rapides en ce temps-là. Il ne faut donc pas s'étonner si la plus grande confusion règne à Pérouse même , à l'égard des tableaux qu'on lui attribue et qui diffèrent tous de manière.

GiANNicoLA Manni , fiU de Paolo de Castello délia Pieve. — Ce peintre est un des plus anciens élèves du Pérugin, puisque déjà en 1493 il reçut la commande de peindre une Cène dans le réfectoire des Prieurs à la maison de ville , fresque dont il ne reste plus trace. Nous n'avons aucun renseignement sur une autre peinture, moins importante, qu'il exécuta dans le même édifice en l'année 1499, et qui fut évaluée 18 florins par Fiorenzo Lorenzi et Bartolomeo Caporali.

On estimait beaucoup autrefois sa décoration de l'autel de tous les saints dans l'église S. Domenico à Péi;ouse. Quelques restes de ces peintures, qui se conservent encore dans la sacristie de l'église, sont d'un faire solide et portent tout à fait le caractère de l'école du Pérugin. Ce sont deux tableaux : l'un représentant la Vierge et saint Jean; l'autre, la Madeleine et saint Longinus, qui se trouvaient de chaque côté d'un Christ en croix. Le tableau principal, placé sur l'autel au-dessous de ce Christ, représentait différents saints ; il fut enlevé de l'autel en 1712, et disparut alors.

En revanche, un autre tableau de Giannicola Manni, qu'on peut regarder comme de ses meilleurs ouvrages, s'est conservé chez les moines de S. Tomaso à Pérouse. Il représente saint Thomas qui met le doigt dans la plaie du Christ. A gauche, on voit, dans un paysage , saint Jean l'Évangéliste , saint Dondnique et saint Thomas d'Aquin; à droite, l'apôtre saint Jacques, saint Antoine abbé et saint Martin. Au-dessus du tableau principal, il y a encore un panneau carré représentant un Dieu le Père. Quoique les caractères des figures manquent de sentiment, c'est cependant un bon tableau, d'un beau dessin et d'une puissante couleur, à la manière du Pérugin. Ce tableau, bien conservé, a seulement souffert dans la draperie du Christ, qui s'est écaillée en quelques endroits.

Une œuvre plus capitale de Giannicola, c'est la grande peinture à fresque, dont il reçut la commande, le 26 juin 1515, pour la chapelle de Saint-Jean-Baptiste dans la salle du Change {Cambio)^ 11 parait cependant qu'il exécuta ce travail bien lentement, puisqu'il dut s'engager, le 19 février 1518, à le terminer immédiatement. Nonobstant ce nouveau contrat, il ne décora que la voûte de la chapelle , avec quelques petites Qgures et des arabesques dans le goût du Pérugin, et il laissa l'exécution des peiatui'es à quelque élève inconnu de Raphaël, Ces fresques, qui représentent plusieurs sujets tirés de la vie de saint Jean-Baptiste, sont de faibles imitations d'après Raphaël et Andréa del Sarto.

Giannicola a fait beaucoup d'autres ouvrages qui ne nous sont point connus; cependant Orsini cite encore deux autres fresques : l'une à S. Martino del Yerzarp, l'autre à Pacciano; il reçut en 1540 26 florins ', qui lui restaient dus sur le prix de ces fresques. Nous remarquerons encore que ce peintre fut un des prieurs du magistrat en 1527, et qu'il mourut à Pérouse le 27 octobre 1544.

Berto di Giovanni, de Pérouse. — Mariotti l'a trouvé inscrit, de 1497 à 1507, dans la matricule des peintres de la Porta Sole à Pérouse, où il est nonmié Bertus Johannis Marci; ainsi , quand

i. Vitadi P. Perugino, p. S7i et t75.

^; Orsini * le Qpmme Berto di Giovanni Paolini de Città 4ella Tieve, sans fournir 4'autres éclaircissements, on peut croire qu'il fait erreur et qu'il confond ce peintre avec Giannicola. Nous avons déjà dit que Berto di Giovanni avait , en 1501 , peint quelques bannières de trompettes avec Fiorenzo Lorenzi et Eusebio di San Giorgio. C'est ainsi qu'il exécuta en 1511 et 1513 diverses pein-r tures avec Domenico di Paris Alfani. Nous ne savons rien de lui, si ce n'est qu'il devait, selon le contrat passé par Raphaël avec les nonnes de Monte Luce, peindre à Pérouse un gradin pour le Couronnement de la Vierge ; mab , comme nous l'avons établi , ce tableau d'autel ne fut .e^^écuté qu'après la mort de Raphaël, en 1525, par ses élèves, Jules Romain et Giq. Francesco Penni , et ce fut à la même époqne que Berto peignit les quatre petits panneaux qui se trouvent encore dans la sacristie du monastère de Monte Luce. Ces tableaux représentent, suivant la convention qui avait été souscrite, des sujets tirés de la vie de la Vierge, savoir : sa Naissance, son Entrée au temple, son Mariage et sa Mort. Le premier de ces tableaux , la Naissance , porte la date A. D. MDXXV. Son caractère général a quelque chose de f aphaélesque , d'où l'on peut conclure que Berto avait travaillé quelque temps sous Raphaël à Rome, peut-être en 1516, et qu'il sera retonrné depuis dans sa ville natale. Les compositions de ce gradin ont peu d'ensemble ; }e caractère des têtes est faible et les plis des draperies manquent de distinction. Pans les chairs, le tpn est le plus souvent brun rouge, sombre dans les pmbres et toujours très-empâté de couleurs.

Nous ne sauriQns indiquer avec certitude d'autres ouvrages de

jce peintre ; cependant quelqnes petits tableaux qn'qn voit à Pé-

ronse ont, dans le f^i^e, nne grande analogie avec les précédents, ^ ce point qu'ils pourraient bien être de la même main. Par exemple^ ceux de la predell^ 4u premier autel, à gauche, dans l'église S. Giuliana. Le tableau principal de l'autel, ainsi que la lunette qui représente un Dieu le Père entouré de séraphins, est

Page 1