Né en 1473, mort en
il est probable qu'il avait emporté son portrait avec lui. Au reste, du temps de Rubens et de Rembrandt, ce portrait se trouvait dans les Pays- Bas: c’est là un fait acquis, car une copie de ce portrait qui avaitété faite par Rubens, s’est trouvée dans la succession de ce grand peintre. De plus il existe une copie dessinée et lavée au bistre par Rembrandt, accompagnée de la note suivante : « De conte batasser de Katjlyone van Rafael, verkogt voor 3,300 gulden. » Cet intéressant dessin. (haut de 4” 6°”, et large de 3” 3”) est‘aujourd’hui dans la riche collection Albertine , à Vienne. Jac. de Sandrart avait offert 3,400 florins du portrait original dans la vente des ouvrages d’art de M. van Usselen, le 9 avril 1639, mais il fut adjugé à don Alfonso de Lopez, conseiller de Sa Majesté Très-Chrétienne à Amsterdam, pour la somme de 3,500 florins (voyez Accademia tedesca della architettura, scultura e pittura, par Sandrart, Nürnberg, 1675-79, 2 vol. in-fol. fig.). A. Persinius l’a gravé pour Joachim Sandrart avec cette indication : /n œædibus Alph. Lopez. Il devint ensuite la propriété du cardinal Mazarin et fut estimé, dans son inventaire, 300 livres. Louis XIV l’acheta des héritiers du cardinal. Transporté de son panneau sur toile, il est actuellement au musée du Louvre.
Gravures : Reg. Persinius (Renier Perzyn), Joachimus Sandrart del. et exc. Amsterd. in ædibus Alph. Lopez, avec cette suscription ; Qui vedi il Balthasaro Castigglione, che l’arte di corte rese si fino, etc. Petit in-folio. Du côté OPposé. — Nic. Edelinck, petit in-folio. Du côté opposé. Pour le Cabinet Crozat. — Nic. de Larmessin, pour l'Académie des Sciences et des Arts, de Bullart. — J. Godefroi pour le Musée Napoléon. — Boutrois pour la Galerie Filhol. — Lithogr. par Z. Belliard, in-4°. — Manière crayon noir, sans les mains, par Le Page. — Landon, n° 319.
Diverses copies anciennes d’un portrait différent du comte Castiglione nous apprennent que Raphaël, sinon un de ses élèves, avait peint encore une fois son ami, sans barrette, également tourné vers la gauche, avec un vêtement assez simple. Antonio Beffa Negrini, dans ses Elogj de personaggi della famiglia Castigliona (Mantova, 16061, parle de ce second portrait : «Rafael Sanzio d’Urbino amicissimo del conte e per la creanza di civilissimi costumi, e per l’eccellenza singolare della pittura e dell’ arti sue compagne, gli fece la detta medaglia, come anche lo ritrasse nella sala di Costantino, dove non sono se non Principi ecclesiastici e secolari, e due altre che si conservano in casa Castigliona. »
C’est sans doute un de ces portraits que possédait, vers la moitié du siècle dernier, le cardinal Lodovico Valenti. Ce portrait est encore à Rome au palais Torlonia, chez le duc de Braciano. Ce n’est que la tête, ainsi qu’elle est décrite ci-dessus, très-hardiment, mais peu spirituellement peinte sur bois (h. 2 palm. 4” 6”, L. 4 p. 10”.). Le panneau porte, dans le bas, les armes de la famille Castiglione et une inscription latine, dans laquelle est indiquée la date de la mort du comte, ce qui prouve assez que ce ne
peut être un tableau original. Voici cette inscription où l’on est étonné de ne pas voir le nom de Raphaël. Baldesar de Castiliono Christof. milites primus fi. Henrici Angliae regis aeques. Amor capit nubilariae agri pisaurensis co. el post mortem uxoris. Clementis P. P. VII in Hispanijs nuncius et a Carlo V imperat. abbulae esp. ellectus. Natus est in vico casatici agri Mant., obeyt vero Toleti in Hispanijs ann. MDXXIX.
Gravé par L. Ceroni pour l'ouvrage de Dennistoun : Memoirs of the duks of Urbino (London, 1851).
Une autre copie de la même tête, laquelle, à en juger par la manière dont elle est traitée, doit être de la main d’un Vénitien, se trouvait dans la collection du comte Cabral, à Rome, où nous l'avons vue en 1833. Peutêtre est-ce la même que possédait, en 1820, le docteur Pasquale Coddé à Mantoue, et, si nous ne nous trompons pas, elle est entrée, depuis 1845, au musée de Berlin.
GRavuREs d’après le tableau qui appartenait au cardinal Valenti. Jo. Gottofr. Seuter, 1747, pet, in-fol. — Paolo Fidanza, n° 14, de grandeur naturelle, pour ses Têtes choisies de personnages illustres (Rome, 1785).— Gius. Longhi dis., Ant. Gajani sc., dans un petit ovale.
Un portrait du cardinal (?) Castiglione, qui osait faire la lecture pendant que Raphaël peignait, est en la possession du conseiller Bach, à Breslau. Von der Hagen le cite en ces termes dans ses Briefen in die Heimath {t. I, p. 56, et t. II, p. 246).
113. La Chambre de l’'Incendie du Bourg, ou di Torre Borgia. 114 21617.
Nous avons déjà dit, dans notre Histoire de Raphaël, que le peintre d’Urbin, par attachement et par reconnaissance pour son maître, ne voulut point laisser abattre le plafond de cette chambre peint par le Pérugin et que ces peintures subsistent encore aujourd’hui. Comme ce plafond n’a aucun rapport avec les autres fresques murales de cette chambre, nous nous croyons dispensé d’en donner ici une description et nous renvoyons seulement le lecteur à la première partie de notre ouvrage. Des quatre fresques de Raphaël qui décorent cette salle, celle de l’Incendie du Bourg n’est pas seulement la plus remarquable; c’est aussi la mieux conservée; les autres paraissent avoir été, en grande partie, exécutées par ses élèves. Les figures des princes protecteurs de l’Église, en couleur de métal jaune sur des socles, furent primitivement peintes par Jules Romain : elles ont été tellement modifiées depuis par Carle Maratte, qui était chargé de les restaurer, qu’on peut les considérer maintenant comme des ouvrages de ce dernier peintre.