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Le Couronnement de Charlemagne

Un peu au delà du premier plan est assis le pape Léon III (sous les traits de Léon X), qui va poser la couronne sur la tête de Charlemagne agenouillé devant lui. Charlemagne est ici représenté sous les traits du roi François Le, pour faire allusion au traité conclu à Bologne entre lui et Léon X à la fin de 1515. Un jeune homme, en costume de page, tient la couronne du roi très-chrétien; c’est le portrait du jeune Hippolyte de Médicis , fils naturel de Giuliano. Aux deux côtés de cette scène solennelle sont assis beaucoup de cardinaux avec leurs caudataires (caudatarj). Dans le milieu, au fond, on voit encore un jeune guerrier, au casque ceint d’une couronne, que Montagnani, avec beaucoup de vraisemblance, désigne comme devant être Pepin, qui fut oint et sacré en même temps que son père par le pape Léon II. A côté de l’autel, en face du trône, se trouve une tribune élevée pour le chœur des musiciens, et, devant cette tribune, passent quelques officiers portant des vases précieux, présents du nouvel empereur romain.

Par ces détails épisodiques, Raphaël cherchait à animer cette scène d’apparat et à corriger la monotonie du sujet. C’est sans doute aussi pour les mêmes motifs qu'il prit son point de vue en diagonale, ce qui produit quelque chose de contrarié dans la composition, en détruisant cette symé-

Î trie architectonique si nécessaire aux peintures murales et employée ailleurs avec tant de succès par le maître. Au fond, une belle architecture : d'ordre dorique nous montre quel était le projet de Raphaël pour la {| à: construction de l’église Saint-Pierre.

Quoique cette peinture, par les différentes restaurations qu’elle a subies, ait perdu sa limpidité de ton avec harmonie de son ensemble, beaucoup de têtes, notamment parmi les évêques, sont peintes d’une manière si magistrale, que la main de Raphaël y est encore reconnaissable. Pietro Bembo, dans une lettre, du 19 juillet 1517, au cardinal Bernardo da Bibiena, s'exprime ainsi en parlant de cette fresque : « Et les sianze de Notre Seigneur (le pape), que Raphaël a peintes, sont de toute beauté, non-seulement à cause de ses excellentes et superbes peintures, mais en- {: core en raison du grand nombre de prélats qu'il y fait figurer presque | toujours. » Parmi ces derniers, Vasari nomme Gianozzo Pandollino, évêque

de Troja, pour qui Raphaël avait dessiné le plan d’un palais dans la rue

S. Gallo, à Florence. Malgré l'incertitude où l’on doit être aujourd’hui

pour distinguer ce dernier évêque parmi tant d’autres, 1l parait pourtant L que c’est celui qui se trouve au premier plan.

Gravures d’après cette fresque : Franc. Aquila, grande feuille pour ses Picturæ. — Aloysio Fabri sc. Rom., gr. in-fol. en largeur. — Landon, n° 351.

ÆEsquisses pour cette peinture.

a.) Étude de draperies de huit évêques assis, et, sur le revers de la même feuille, d’un évêque assis et de deux diacres debout. Très-bien dessinée à la sanguine. Collection de l'Académie de Dusseldorf.

b.) Esquisse de trois chanteurs dans la tribune. Collection Albertine, à Vienne.

Gravée par A. Bartsch.

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