‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 11 sur 407 · Marie-Madeleine et sainte Catherine · texte numérisé non relu

Marie-Madeleine et sainte Catherine

Les deux panneaux sur lesquels les deux saintes sont représentées debout servaient autrefois de volets à une petite madone du Pérugin.

Elles sont exécutées dans la manière de ce maître. Malgré leur état actuel de détérioration ou plutôt de restauration, la tête de la Madeleine laisse encore apercevoir quelque chose des qualités qui distinguent Raphaël. Un charmant paysage occupe le fond de ces deux petits tableaux. Nous les avons encore vus, en 1845, réunis sous un même cadre, dans la précieuse collection du célèbre peintre Vincenzo Camuccini, à Rome.

1. N° 441. « Du temps où Raphaël était dans l’école du Pérugin, » dit le rédacteur du catalogue (1857), M. Waagen. — (Note de l'éditeur.)

9. Madone de la comtesse Anna Alfani, à Pérouse. Sur'bois: h: 187767751202 Pa

La Vierge, demi-figure, assise sur un banc, tient de ses deux mains l’enfant Jésus, debout:sur ses genoux. Celui-ci se soutient de la main droite au léger voile qui couvre le sein de sa mère, et, tournant la tête à gauche, il regarde le spectateur avec tendresse, tandis que la Vierge, dont le visage est tourné de l’autre côté, baisse modestement les yeux. En haut, sur le bleu foncé du ciel, on voit de chaque côté une tête de chérubin; lun a les regards levés et l’autre les tient baissés. Les lettres R. d. U. se remarquent dans les ornements de la bordure du vêtement, sur la poitrine de la Vierge.

Quoique l’exécution de ce tableau soit d’un fini et d’une suavité que Raphaël seul, dans l’école du Pérugin, savait donner à ses œuvres, la composition générale, cependant, est empruntée à son maître.

La plus ancienne madone du Pérugin qui offre une composition analogue se trouve sur le grand tableau d’autel (la Vierge avec quatre saints) dans l’église S. Maria Nuova, à Fano. Elle est de l’année 1497. A Florence aussi, dans l’église S. Annunziata, nous retrouvons la même composition dans le tableau de l’autel. Il en existe beaucoup de répétitions sorties de l’école du maître. Ainsi, par exemple, on en voit une au palais Borghèse, mais sans les chérubins; la même, avec un paysage, est dans la maison Bourbon Sorbello, à Pérouse; une troisième, avec un paysage et sans chérubins, dans la maison Pietro Fumaroli, à Florence. Cette dernière provient du palais Colonna, à Marino, près Rome. M. Missirini n'a pas craint d'attribuer cette copie insignifiante à Raphaël lui-même. Voyez : Di una B. Vergine col Bambino di Raffaello Sanzio, etc. (Firenze, 1834.) Gozzini en a exécuté une mauvaise lithographie, d’après le tableau de Pietro Fumaroli.

Revenons au petit tableau qui porte seul le cachet de Raphaël, et qui est encadré sous verre chez la comtesse Alfani. Il est d’une conservation parfaite, à cela près que quelques écailles de couleur sont enlevées à la joue et à la main de la Vierge, au bras de l’enfant et dans la draperie bleue.

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