‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 12 sur 407 · La Vierge, avec saint Jérôme et saint François · texte numérisé non relu

La Vierge, avec saint Jérôme et saint François

Sur bois; h.13”3”;1., 44”.

La Vierge, demi-figure, un peu penchée à gauche, tient des deux mains l'enfant Jésus assis sur un coussin qu’elle a sur les genoux, et le contemple avec amour, tandis que celui-e1 saisit de la main gauche celle de sa mère, et lève la droite pour donner la bénédiction, en regardant le spectateur. Saint Jérôme, le chapeau de cardinal sur la tête, est'en adoration à gauche, et saint François, en extase, à droite. Dans le lointain, on voit une ville, au pied de hautes montagnes.

Ce tableau bien conservé est d’une exécution délicate. La forme de tête (1 de la madone, ainsi que son expression, rappellent le Couronnement de | À la Vierge, qui est au Vatican. Les draperies sont en général fortement | 4 glacées, et particulièrement la robe rouge de la Vierge ; le manteau bleu | et sa doublure verte sont d’un ton très-vigoureux. Le paysage du fond, d’un ton un peu gris, est assez légèrement traité.

Ce petit tableau semble avoir été peiut vers l’année 1503. II se trouvait autrefois au palais Borghese ; il a passé depuis, sinous ne nous trompons pas, dans la galerie Aldobrandini. Le musée de Berlin ‘ en fit l'acquisition, en 1829, du comte von der Ropp. Ce dernier en avait fait faire une gravure au trait, petit in-4°,

De même que la madone de la comtesse Alfani, celle-ci offre aussi dans ses parties principales une imitation du Pérugin, car il se trouve dans la collection Albertine, à Vienne, une composition en tout semblable à celle du tableau, avec cette légère différence que l'enfant Jésus agite une banderole à la main, et que la Vierge tient le pied de son fils. Cette composition à été publiée dans les fac-simile de dessins de maîtres anciens, lithographiés par Mannsfeld. C.-A. Favart en fit une eau-forte au sens inverse, en 1818. Il se pourrait que ce dessin fût celui-même que possédait Richardson le vieux, et qu'il attribuait à Raphaël ; car Richardson le jeune raconte dans son ouvrage (vol. I, p. 304), qu’il a vu au palais Borghèse un tableau du Pérugin avec des figures de grandeur naturelle, tout à fait semblable au dessin qu'avait son père.

L'étude pour le saint Jérôme, à la pierre noire, se trouve au musée Wicar, à Lille.

Mentionnons encore une copie moderne du tableau de Berlin, copie qu’on s'étonne de voir dans un vieux cadre magnifique au palais Filippo || 4 Donini, à Pérouse. Il est probable que ce cadre contenait autrefois l'ori-

ginal.

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