Madone du comte Stajf
Sur bois; carré de 6” 3
La Vierge, debout, plus qu’à mi-corps, tournée à gauche, porte l'enfant Jésus assis sur son bras; elle a dans la main un livre que l'Enfant tient aussi. Au fond, un paysage avec quelques arbres dépouillés et des prairies dans lesquelles serpente une rivière; dans le lointain, des montagnes couvertes de neige.
Ce tableau est de forme ronde, mais les quatre angles noirs du panneau carré sont ornés de figures rouges en arabesques, fantatisquement enlacées, du même genre que celles qui couvrent le panneau entre les peintures de la predella où du gradin, que nous avons décrites dans l’article précédent.
Raphaël s’est bientôt aperçu que de pareils ornements s'accordent peu avec un sujet de sainteté; car on ne les retrouve plus dans ses ouvrages, après ces deux tableaux qui datent de la même époque.
Ce tableau, qui est encore dans sa pureté primitive, s’est légèrement
fendu dans ces derniers temps. Il occupe toujours son premier cadre à corniche, richement ornementé de palmettes.
Il était originairement dans la maison Stafla; il vint par héritage dans la possession du comte connestabile della Staffa, qui le conserve à présent. On a prétendu que le comte Staffa possédait une lettre de Raphaël concernant ce tableau, et qu’il avait même dernièrement été proposer à un Anglais de da lui vendre; mais toutes les recherches que nous avons faites à ce sujet sont restées sans résultat.
Gravé par Samuel Amsler, en 1821, grandeur de loriginal; de même, par Pietro Mocchi.
Une belle esquisse à la plume pour cette Madone se trouve dans Ja collection de don Jose de Madrazo, directeur du musée royal, à Madrid.
Il existe beaucoup de copies anciennes de ce tableau ; à Pérouse, il y en a deux belles : l’une dans la maison Baglionïi, et l’autre chez le gonfalonier della Penna. Une troisième copie fut achetée par le défunt ministre Wilhem von Humboldt. Celle de la maison Oggioni, à Milan, fut gravée par P. Caronni, en 1817, petit in-fol. Une autre copie, qui est au musée du Louvre, a été reproduite par Th. Richomme, dans un ornement octogone, iu-4°, avec cette inscription : LA VIERGE AU LIVRE.
Une imitation libre de cette Vierge, mais plus grande que l'original et de forme carrée, est conservée à l'hôpital de S. Maria della Misericordia, à Pérouse. Dans cette imitation, l'enfant Jésus met la main gauche sur le livre que tient la mère, tandis que, dans l'original, il a cette main sur la poitrine et saisit le livre avec la main droite. En outre, le fond, à la place d’un paysage, ne présente qu’un mur peu élevé avec quelques montagnes dans le lointain. — C’est incontestablement là l'ouvrage d’un très-habile élève du Pérugin, car, quoiqu'il soit sec de pinceau, le dessin en est cependant d’une certaine ampleur et les formes en sont belles et bien étudiées.
Il est regrettable que ce tableau ait souffert, et que la couleur s’écaille en beaucoup d’endroits. :
Sa hauteur est d'environ 22”, sur 18” de largeur.
Gravé par Ant. Krüger, in-4..