La Mort d Ananie
Neuf apôtres se tiennent debout sur une terrasse; saint Pierre, au milieu d’eux, lance l’anathème contre Ananie, qui se roule en convulsions et rend l’âme. Un jeune homme est agenouillé à droite avec sa
1. Un dessin, retravaillé par Rubens, se trouvait dans la collection Neyman, à Amsterdam. Yoy. le Catalogue de Basan (Paris, 1776). Nous en parlons plus loin, en décrivant le carton original de l’esquisse pour une tête de femme, dans la collection de Christ Church College, à Oxford.
femme, tous deux épouyantés de cet événement, tandis qu’à gauche deux hommes se penchent avec stupeur sur l’homme frappé par la main de Dieu. Plus loin, au fond, à gauche, un homme et une femme apportent des vêtements; on voit aussi Saphira qui compte l'argent qu’elle veut donner, sans pressentir l’anathème qui vient d'atteindre son mari et qui la menace elle-même. Au fond, à droite, saint Jean et quelques autres apôtres distribuent des secours aux pauvres ; un vieillard qu’accompagne une jeune fille, vient de recevoir l’aumône et monte les degrés de l'escalier.
Gravures d'après des dessins.
Agostino Veneziano a terminé une planche commencée par Marc-Antoine (Bartsch, t. XIV, n° 42), où se trouve aussi l'indication d’une copie que Zani regarde comme une épreuve de la planche retouchée. Mais on peut croire que c'est une copie, à cause des différences qui existent dans l'inscription. — Sur bois, en clair-obscur, par Hugo da Carpi, 1518. Bartsch, t. XII, p. 46, n° 27. Longhena, p. 361, cite un dessin original de Raphaël, dans le cabinet de M. Romualdo Bufera, à Fabriano. À notre grand étonnement, nous avons constaté que ce prétendu dessin n’était pas autre chose qu'une épreuve de la gravure sur bois de Hugo da Carpi. — G. Audran, d’après une copie de Ch. Jervas, avec quelques changements. H. 21” 6°”; 1. 25°” 4”. — J. Th. Prestel, 1777, d'après un dessin douteux, au bistre, dans le cabinet de Praun, à Nuremberg. Grand in-fol. en largeur, à l’aquatinte.
Gravures d'après le carton.
Nic. Dorigny. — D. Beauvais, 1721. — Sim. Gribelin. — James Fittler. — A la manière noire, par Johm Simon. — E. Kirkal. — Anonyme, chez Bowles. — Grav. par Th. Halloway. — Lithogr., chez Velten, à Carlsruhe. — A l’eau-forte,
grand in-folio, Quoique signée Mimpriss se., cette gravure est de James Barry, à Londres.
Gravures d'après la tapisserie.
Stephan Gantrel exc. En contre-partie, grand in-fol. — À l'eau-forte, par Louis Sommerau, 1780. — Landon, n° 6.
Études. Une tête de femme et une tête d’homme, de grandeur naturelle, dessinées à la pierre noire et coloriées, qui se trouvent dans la collection du Louvre, semblent avoir été faites d’après le carton original.
Tableaux du socle.
A droite, la Harangue du gonfaloniere Ridolfi aux habitants de Florence, et, à gauche, l’Entrée du cardinal Giovanni de’ Medici dans cette ville, en 14312. Entre ces deux sujets, 1] y a, comme dans la tapisserie précédente, une arabesque avec deux lions entourés de lauriers et l'inscription LEO. X. PONT. MAX.
Gravés par Pietro Santi Bartoli, n° 11 et 12. — Landon, n° 263 et 264.
Le dessin original pour la Harangue de Ridolfi, par Francesco Penni, se trouve dans la collection du Louvre.
Ornementation du pilastre.
Sur un des côtés de la tapisserie est une arabesque représentant les trois Vertus théologales (la Foi, l’Espérance et la Charité).
Gravé par Joh. Ottaviani dans l'ouvrage : Loggie di Rafaele nel Valicano (Roma , 1777, presso Marco Pagliarini).
; 191. La Conversion de saint Paul.
Cette tapisserie avait sa place au-dessous de la Nativité, sur le mur où se trouve actuellement le Jugement dernier, de Michel-Ange.
Saint Paul, renversé de son cheval, élève ses regards vers le Christ, qui lui apparaît dans le ciel, entouré de trois petits anges. Les compagnons de Paul s’enfuient, saisis de frayeur. Un serviteur arrête et maîtrise le chéval de son maître.
Gravé par M. Sorello, in-fol. en largeur. — À l'eau-forte, par Louis Sommerau, 1780, in-fol. en largeur.
Le carton pour la Conversion de saint Paul appartenait, en 1521, au cardinal Dom. Grimani, dans la collection duquel il a été vu, en 4521, à Venise, par lAnonyme de Morelli (voy. p. 77 : « EI cartone grande della Conversione de S. Paulo fu de mano de Raffaeilo, fatto per un dei razzi della capella »). Comme le cardinal Dom. Grimani avait recueilli un grand nombre d’anciens tableaux néerlandais, et notamment le magnifique Bréviaire (qui est à présent dans la bibliothèque Saint-Marc) pour lequel Memling exécuta plusieurs miniatures, on peut supposer qu’il avait acquis le carton de Raphaël dans les Pays-Bas, peut-être même à Arras, de la fabrique de tapisseries. Dans le catalogue des objets d’art que possédait le cardinal, catalogue rédigé et écrit de sa main, en 1326, on voit que le carton était coloré.
Une esquisse à la sanguine, pour deux cavaliers, avec le soldat fuyant qui tient une lance, se trouve dans le Teylers Museum, à Haarlem.
Cette composition a aussi été exécutée à fresque dans l’église S. Maria dei Lumi à S. Severino, près Fabriano.
Tableaux du socle.
Les deux tableaux représentent la Persécution des Chrétiens par Saul (Actes des Apôtres, chap. 8). C'est donc par erreur que Pietro Santi Bartoli, sur trois des feuilles dédiées au prince Léopold de’ Medici, n°° 8, 9 et 10, a indiqué ces deux sujets comme représentant, l’un le Massacre exécuté par les soldats espagnols après la prise de Prato, en 1512, et l’autre les Chefs d’une conjuration contre les Médicis, devant leurs juges, à Florence.
Landon, n° 260-262.