L’Adoration des Mages
C’est une riche composition jour une très-large tapisserie. Devant une petite chaumière, au-dessus de laquelle brille une étoile, la Vierge est assise, l’enfant Jésus sur ses genoux. Celui-ci tient un petit vase d’or que le plus vieux des trois rois, à genoux, vient de lui présenter. Derrière celui-ci, le plus jeune des mages se penche en avant, et, à droite, le troisième roi, agenouillé, lève le couvercle d’un vase qu'il offre au nouveau-né. Saint Joseph, placé derrière la Vierge, regarde avec admiration. Aux deux côtés, se trouve la suite des mages, et, derrière ces groupes, on aperçoit, caparaçonnés à l’orientale, des chevaux, des chameaux et des éléphants. Les figures, qui souvent sont d’un mouvement forcé , et le caractère des têtes dénoncent évidemment la main de Jules Romain.
Une esquisse, au bistre, qui a beaucoup souffert, fut achetée à la vente du roi de Hollande par M. Sam. Woodburn, de Londres, pour 100 fl.
GRAVURES : Hier, Cock, dans la manière de Wierix, d’après un dessin, avec quelques changements. H. 5° 7”; 1.6” 3°”.— Seb. Vouillemont. In-fol. en larg.— Pietro Santi Bartoli, à l’eau-forte, en trois grandes planches, dont l’une serait de M. Corneille. H. 18” 3”; 1. 34” 4”. — A l'eau-forte, par Louis Sommerau. In-fol. en larg. — Landon, n° 195.
Dans la galerie de Dresde se trouve un petit tableau, en hauteur, dans lequel le peintre s’est servi de cette composition. Il porte linseription suspecte : MR. 1509, et semble être l'ouvrage d’un Néerlandais, qui a placé trois chiens sur le premier plan, dont deux sont imités d’Albrecht Dürer.
Chez M. W. Beckford, à Bath, nous avons vu aussi, en 1831, un petit tableau reproduisant la partie centrale de cette composition, et tout à fait semblable au dessin qui est chez les frères Woodburn. Ce tableau nous a paru être exécuté par un élève de Raphaël. Peut-être est-ce le même qui fut vendu en 1716, à Amsterdam, dans la succession de J. van Beussingen, pour 1,025 florins.