LA MAISON DE CHASSE
GRAVURES : Par le. Maître au Dé. Bartsch, t. XV, p. 208, n° 32-35. Les cuivres de ces estampes passèrent à Barlachi, puis à Ant. Lafrerij, et, en dernier lieu, en 1655, à J. J. Rossi, — Landon, n° 135-138.
e.) Huit Amours jouent dans un bois. Cette composition est d’une telle beauté, qu’on peut sans crainte l’attribuer à Raphaël. Elle diffère aussi de la disposition des quatre sujets précédents, et n'appartient peut-être pas du tout à la même série. Cependant on peut croire, d’après l’inseription de la gravure, qu’elle a été aussi exécutée en tapisserie.
Gravures : Le Maître au Dé. Bartsch, t. XV, p. 206, n° 30. — Copie en contrepartie F. H. (Fried. Hulsius). — Landon, n° 134.
La Chapelle de la Maison de chasse du pape, nommée la Magliana.
Nous avons dit, dans la Vie de Raphaël, que cette maison de chasse, située près du Tibre, et appartenant aujourd’hui au couvent des religieuses de Sainte-Cécile, à Transtévère, avait été le séjour favori de Jules IE, dont le nom se trouve souvent répété aux fenêtres de la cour, ce qui prouve que la plus grande partie de l’édifice fut élevée sous son règne. Maintenant, si l’on entre dans un petit vestibule, à droite, on voit une porte avec l'inscription F. CAR. PAPIEN. IVLIL IT. P. M. ALVMNYS. Par cette porte, on arrive dans la chapelle, dont les briques du plancher portent alternativement l'inscription : IVL. IL. P. MAX., avec les armes du pape; et cette autre inscription : F. CAR. PAP., avec les armes du cardinal Alidossi. Ces dernières consistent en un aigle aux ailes éployées, d’où il ressort que le cardinal, pour s’attirer la bienveillance du pape, s'était chargé de la décoration de la chapelle ‘. De cette époque datent deux fresques :
sinées à la plume , lavées au bistre et hardiment rehaussées de blanc, offrent les sujets suivants :
f.) Trois Amours tenant une boule sur laquelle plusieurs oiseaux se livrent bataille,
g.) Trois Enfants ; l’un cueillant des fruits, un autre courant avec des jouets.
h.) Un Enfant en effraye deux autres avec une chauve-souris qu’il tient écartée par les ailes ; un autre enfant est tombé à terre.
l.) Quatre Enfants sont occupés à un arbre fruitier, Dans ce dessin, les enfants sont d’une proportion un peu plus petite que dans les premiers.
1. Francesco Alidossi, issu d’une famille princière, était allé à Rome sous Sixte IV, où le fit surtout remarquer sa beauté. Ayant reçu du pape Alexandre VI la mission d’empoisonner Jules de la Rovere, qui s'était sauvé en France, il avertit ce dernier de l’attentat qu’on tramait contre lui. Lorsque, en 1503, Jules monta sur le trône pontifical, 1l nomma Alidossi archevêque de Malte, puis de Pavie, de Bologne, et cardinal de Sainte-Cécile en 1505. C’est à cette époque que le cardinal fit orner la Magliana, en se qualifiant d’alumnus , par allusion à sa position de favori du Saint-Père. Plus tard, ces bons rapports entre le pape et lui changèrent tout à coup, car, n'ayant pu obtenir le titre de prince d’Imola, que ses ancêtres avaient autrefois porté, il essaya de se venger, et on l’accusa d’êtré vendu au roi de France. Pour se justifier, il dut se rendre à Ravenne, où se trouvait Jules IL. Lorsqu'il y arriva, entièrement vêtu de noir et monté sur un âne, il fut assailli par Francesco Maria della Rovere, duc d’Urbin et neveu du pape, qui
DU PAPE. 227 celle de la lunette, vis-à-vis de l’autel, représentant une Annonciation, et celle qui est au-dessus de la porte d’entrée, représentant la Visitation, peintes par un élève du Pérugin, et, comme le suppose Platner, par le Spagna. A droite, il y a une fenêtre, et, à gauche, sur le mur cintré par l’arcature de la voûte, est peinte la fresque que nous décrivons ci-après, sous le n° 208.
IL à paru un ouvrage spécial concernant cette chapelle, sous ce titre : 1 Freschi della villa Magliana di Raffaelle d'Urbino, incisi ed editi da Lodovico Gruner, con descrizione della villa di Ernesto Platner. (Roma, 4847.)