‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 187 sur 407 · Le Martyre de-sainte Cécile · texte numérisé non relu

Le Martyre de-sainte Cécile

La partie qui existe encore de cette peinture concorde entièrement avec la gravure de Marc-Antoine, connue sous le nom de Martyre de sainte Félicité ! ; mais une grande partie du tableau fut détruite, lorsque, pour ouvrir une tribune, on perça un grand trou dans le mur. Il ne resta que les figures ci-après désignées, qui sont un peu plus grandes que deminature : le juge assis, avec les huit personnages debout à côté de lui; puis, de l’autre côté à droite, la statue de Jupiter, les figures qui sont près d'elle, ainsi que les trois femmes et l'enfant plus rapprochés. On voit aussi encore un morceau de l’homme couché qui souffle le feu. Mais toute la partie centrale du sujet n'existe plus, le fermier Vitelli ayant fait percer la muraille, en 1830, afin d’y ériger une tribune d’où il pourrait entendre la messe sans être mêlé à ses domestiques. Cet acte de vandalisme est d'autant plus regrettable, que ce qui reste de la peinture est parfaitement conservé et annonce que cet ouvrage fut exécuté par un des meilleurs élèves de Raphaël; quelques artistes même veulent y reconnaître la main du maitre.

Ce qui nous autorise à placer l’exécution de cette peinture, non pas seulement à l’époque de Léon X, mais encore dans les derniers temps de la vie de Raphaël, c’est la fresque qu’on voit au-dessus de l'autel, et dans laquelle un ange jetant des fleurs est incontestablement imité de celui de

le poignerda en plein jour dans la rue. La colère de Jules 11 fut apaisée par le comte Castiglione ; mais, en 1516, ce meurtre servit de prétexte à Léon X pour enlever le duché à Francesco Maria della Rovere.

1. C’est une fausse dénomination. Aucune des deux saintes du nom de Félicité ne fut martyrisée dans l'huile ou l’eau bouillante. Voy. les Bollandistes, Acta sanctorum. — La légende de sainte Cécile rapporte qu’on décapita d’abord son mari et son beau-frère, nommés Valerian et Tiburtius, hors de la ville, près de la statue de Jupiter ; puis on la jeta dans une cuve d’eau bouillante, sans qu'elle en éprouvät aucun mal, ensuite on lui trancha la tête. — La peinture et les estampes s'accordent parfaitement avec la légende ; de plus, le lieu même du martyre est une terre appartenant encore au couvent de Sainte-Cécile, à Transtévère : ce qui ne laisse aucun doute sur le sujet représenté. En 1853, cette fresque, ayant été détachée du mur et transportée sur toile, fut mise en vente à Rome,

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