Petit tableau dans la maison paternelle de Raphaël
Selon une communication faite au Morgenblatt, en 1811, n° 141, d’après les notes du peintre Franz Piorr, de Francfort-sur-Mein, il se trouvait dans la maison paternelle de Raphaël, à Urbin, outre la Madone peinte sur le mur de la cour, un petit tableau de la jeunesse du maître, lequel aurait été emporté par les Français.
Pungileoni, dans une note de son ouvrage (p. 43), publie un fragment d’une lettre du prince D. Orazio Albani, datée de Rome, le 31 octobre 1708, et adressée au cardinal Tanari. Dans cette lettre, 1l est dit : « Detto quadro (del Baroccio) io subito lo rimando in Urbino insieme con un altro, che ne ho assai bello, di Raffaello con uno strettissimo legame di fidei commesso, che non si possano dai miei eredi mai alienare nè levarli d’Urbino. » Ce tableau, désigné ici, serait-il le même que celui dont le Morgenblatt signale l’enlèvement ? En tout cas, au palais Albani, à Rome, il n'y a plus de tableau attribué à Raphaël.
Nous rappellerons encore ici une petite Adoration des Mages, qui était autrefois à Urbin, et dont nous avons déjà parlé en détail, à l’occasion du tableau représentant le même'sujet, que Raphaël a peint pour Giov. Bentivoglio.
263. Divers tableaux représentant le Christ en croix. a.) Un petit Christ en croix, peint à fresque dans la chambre du supé-
rieur des Camaldules à S. Severo, à Perouse, est cité comme un ouvrage de la jeunesse de Raphaël, par l’auteur du Guida al Forestiere per la città di Perugia (p. 242), par Longhena (p. 9, note), et par Pungileoni (p. 27). C’est un tableau de peu de mérite, sans dire toutefois qu’il soit mauvais, et qui n’a rien absolument de la manière de Raphaël. Il semble avoir été exécuté par un des élèves du Pérugin, à la dernière époque de ce maître.
b.) Un triptyque d’autel, dont le tableau principal représente le Christ en croix, avec la Vierge et saint Jean sur les côtés, et dont les volets sont remplis par deux figures de saintes femmes, a été donné aussi comme un ouvrage de la jeunesse de Raphaël, parce que son nom est inscrit sur la bordure du vêtement de saint Jean. Selon Longhena (p. 42 et 688), ce tableau se serait trouvé chez les religieuses de S. Cassiano, en Toscane, lesquelles l’auraient offert en présent à un certain Moggi, pour prix de services rendus pendant les troubles politiques. Nous n'avons jamais pu apprendre ce que ce tableau était devenu.
c.) Dans l’église des Franciscains, à S. Geminiano, en Toscane, il y avait, selon Longhena (p. 7), un Christ en croix, exécuté par Raphaël dans sa quinzième année, d’après un dessin du Pérugin. Ce tableau aurait été acheté par un prince Galitzin.
Rosini a publié, dans sà Storia della pittura italiana (pl. xx), une gravure de ce tableau, où le paysage paraît traité dans la manière du Pinturicchio.
. d.) Antonio Piccinini, dans sa Diaria Descrizione, etc. (Perugia, 1776, p. 62), et Pungileoni (p. 36), considèrent encore comme étant de Raphaël un Crucifix qui orne l’église des Franciscains, à Citerna, ville située entre Città di Castello et Arezzo. La Vierge et saint Jean sont peints à lhuile sur le mur, aux côtés de la croix qui est placée dans une espèce de niche, à l’intérieur de laquelle on a peint aussi de chaque côté saint Jérôme et saint François. Le crucifix de bois, qui est très-ancien et qui a été nouvellement repeint, est tenu en tel honneur, qu’on ne le montre pas sans la permission des supérieurs. La Vierge et saint Jean sont de lourdes figures exécutées par un peintre inconnu ; celles des deux saints, beaucoup meilleures, sont de la main de Raphaël del Colle. L’homonymie du peintre est cause de l’erreur, qui tombe d’ellé-même en face de ces peintures.
e.) Longhena a fait graver dans son livre (p. 65), avec le nom de Raphaël, le Christ en croix, avec la Vierge et saint Jean, qui est dans la possession de M. Bissi, à Milan. On regarde généralement ce tableau comme un ouvrage d'Enea Salmeggia, que l’on nomme quelquefois le Raphaël de la Lombardie.
f.) Le musée de Berlin conserve une Pietà ou Vierge de douleur (de
43” de haut et 9” 6” de large), peinte à la colle sur toile. Le Christ, vu de face, est debout dans son tombeau, les bras étendus devant une croix. M. de Rumobr a cru y reconnaître la main de Raphaël. Le Christ offre, en effet, surtout dans la forme de la tête, quelque ressemblance avec le Christ (vu de profil) au mont des Oliviers, qui fait partie de la predella du tableau d’autel peint pour les religieuses de Saint-Antoine de Padoue, à Pérouse. Ce petit tableau n’est cependant pas de Raphaël ; ce pourrait être un ouvrage d’un de ses condisciples.