‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 253 sur 407 · Madone du comte Bisenzo · texte numérisé non relu

Madone du comte Bisenzo

Sur bois. H, 30° 6°”; 1, 20” 6””. Figures jusqu'aux genoux,

La Vierge tient l’enfant Jésus couché sur ses genoux, en le soutenant du bras droit. Celui-ci regarde le spectateur, tandis que sa mère le considère avec un air d'inquiétude qu’exprime surtout le mouvement de la bouche. Dans les coins supérieurs du tableau, il y a deux petites têtes d’anges, lun élevant, l’autre baïssant les yeux. Au milieu du fond est une draperie qui retombe, et, des deux côtés, on voit un paysage dans la manière du Pinturicchio. On a exprimé cette opinion, que Raphaël a pu peindre ce tableau en 1504, à Urbin, sous l’influence des ouvrages de son père. Cette opinion semble avoir été partagée par différents artistes de premier ordre, italiens, français et allemands, puisqu'ils ont signé un certificat qui le donne à-Raphaël, malgré l'opinion contraire exprimée par plusieurs fins connaisseurs, opinion à laquelle nous nous rangeons. Tout ce que nous avons pu apprendre sur lhistoire de ce tableau, c’est qu’il se trouvait à Rome, négligé et couvert de poussière, lorsqu'il passa dans la collection du comte Guido Bisenzo, presidente di Borgo. Il fut acquis ensuite par le marchand de tableaux Baldeschi, qui le fit restaurer et qui le vendit, par l'entremise de feu M. le conseiller Kestner, à la galerie de l'Institut de Staedel, à Francfort-sur-Mein. Ce tableau est cité pour la première fois dans l’Elogio storico du Père Pungileoni, mais avec des éloges exagérés.

276. La Vierge donnant des fleurs à l'enfant Jésus. Figures jusqu'aux genoux,

La Vierge tient l'enfant Jésus assis sur ses genoux et lui présente, de la main droite, quelques fleurs, vers lesquelles il étend les bras en tournant la tête du côté de sa mère. Cette dernière, dirigeant son gracieux regard vers le spectateur, tient, dans sa main gauche qui a glissé le long de son corps, un livre demi-ouvert.

Il existe plusieurs tableaux de cette composition. Un bel exemplaire, attribué à Jules Romain, se trouve dans la Tribune de la galerie de Florence. Un autre, qui a beaucoup poussé au noir, est conservé au palais Borghèse ; un troisième dans la collection du comte de Leicester, à sa résidence de Holkham, Norfolk. C’est vraisemblablement celui-ci qui est indiqué dans le Catalogue des -ouvrages d’art du roi Charles Ie (voyez notre Kunstreise, p. 256, n° 9). Dans chacun de ces trois tableaux les figures sont presque: de grandeur naturelle. Nous avons vu aussi une petite copie de ce tableau dans la succession du comte Canossa, à Vérone. Un tableau pour lequel on s’est servi de cette composition, avec figures

grandes comme nature, en ajoutant sainte Anne dans le fond, se trouvait dans la galerie du cardinal Fesch, à Rome.

Ces tableaux de l’école de Raphaël, inégaux en qualité, sont moins intéressants pour nous que le dessin original que possédait feu le baron Otto de Stackelberg.

GRrAvVURES : Petite planche à l’eau-forte avec ces mots : Raphaël pinæ., mais sans le nom du graveur, qui semble être And. Casali. — Carlo Fauci, apud Carlo Gregori. Tauriscus, p. 184, n° 69.

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