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La Vierge dans la Prairie

La Vierge est assise, les jambes tournées à gauche et la tête vers la droite, dirigeant ses regards vers le petit saint Jean agenouillé, tenant sa petite croix de jonc dans la main gauche et de la droite une bande de parchemin avec les mots : Ecce Agnus Dei, qu’il présente à l’enfant Jésus. Ce dernier est assis sur le genou droit de la Vierge qui le soutient dans le mouvement qu’il fait pour s’élancer vers son compagnon. Ces trois figures, entourées d’une prairie riche de plantes, sont adossées à une muraille peu élevée. Dans le fond du paysage, plusieurs fabriques entourées de légers arbres. Cette composition rappelle quelque peu la Vierge dans la Prairie qui est à Vienne, quoique différente dans les détails.

Des deux copies que nous connaissons de cette composition, la meilleure est celle qui appartenait à feu M. Noé, marchand de tableaux à Bruxelles. C’est un tableau facilement peint et si légèrement empâté qu’en différents endroits on peut apercevoir les hachures à la plume du dessin. Dans la bordure du manteau bleu, on distingue en petits caractères d’or cette inscription‘ tracée : RAFFAELLO SANZIO; mais l'orthographe de cette signature, qui diffère de celle que Raphaël employait ordinairement, ne peut servir en rien à établir l'authenticité du tableau. On peut supposer qu'une rapide esquisse de Raphaël aura été utilisée par l'artiste qui a peint le tableau et qui pouvait être un de ses jeunes amis de Florence. Cette Vierge a été autrefois dans la possession d’un prêtre résidant dans un petit village près de Florence, et, comme le tableau était endommagé, le prêtre le fit couper de manière à lui donner une forme octogone au lieu de la forme ronde qu’il avait originairement. Aujourd'hui, ce tableau fait partie de la galerie de Saint-Pétersbourg.

Lithographié par un anonyme.

Il y a encore, à la galerie Borghèse, une Vierge peinte dans le goût florentin, assez semblable à celle-ci, avec un autre paysage ; mais c’est positivement une copie.

Nous donnerons ici la description de quelques tableaux de Vierges choisis parmi un grand nombre d’autres qui sont attribués à Raphaël, mais dont nous avons perdu la trace, ou bien dont l’auteur véritable a été reconnu depuis ; ces notices pourront aider à des recherches nouvelles et rectifier des indications erronées.

a.) Dans la Pitturaveneziana, etc. (64. 1797, p. 45), se trouve la notice suivante : «Nella Retrostanza del Consiglio de’X. V’ è poi sopra il tribunale N. Signora col puttino, che scherza con un Angeletto di Raffaello d'Urbmo. » Le même renseignement était déjà dans l’ouvrage de Francesco Sansovino, Venezia città nobilissima | Venezia, 1581, p. 133). Nous avons cherché inutilement à découvrir ce qu’est devenu ce tableau et à savoir si c'était vraiment un ouvrage de Raphaël; nous croyons qu’il n’a jamais été reproduit par la gravure.

b.) Dans le Catalogue raisonné des tableaux du Roy, etc., par M. Lépicié (Paris, 1759, t. Ier, p. 79 et 80), se trouvent indiqués deux tableaux de la jeunesse de Raphaël : 4° La Vierge, tenant l’enfant Jésus. et coiffée d’un réseau d’or, à un nimbe autour de la tête, ainsi que l'enfant Jésus; dans le nimbe du Sauveur, il y a des barres rouges qui forment une croix. Sur bois. H. 17” 9°”; 1. 143” 9°”. — 90 La Vierce, l'enfant Jésus et samt Jean qui lui présente une croix. Sur bois. H. 26” 9°”; 1. 24° 6”. — Comme ces tableaux ne sont pas exposés au musée du Louvre, ils doivent être apocryphes. En tout cas, ils n’ont jamais été gravés f.

c.) Richard Cumberland, dans son Catalogue of several pictures of the king of Spain, cite un petit tableau de Vierge embrassant son enfant, par Raphaël, au palais de Madrid. Tout autre renseignement fait défaut, à moins que la notice suivante ne se rapporte au même tableau : « Camera del dispaccio di S. Maestà nel!’ Escorial : A Rafaello nel suo primiero stile si attribuisce la Madonna col Bambino che siede sopra un piedistallo. » Voyez D. Ant. Conca, Descrizione odeporica della Spagna. Parma, 1793- 1797, t. Il, p. 216.

d.) Dans la Tribune de Florence, à côté des tableaux authentiques de Raphaël, on voit une Vierge, assise dans un paysage, tenant l'enfant Jésus qui l’enlace et qui semble fuir le petit saint Jean. Dans le fond du

1. Un-grand nombre des tableaux décrits dans le Catalogue de Lépicié ne sont jamais entrés dans la collection du musée du Louvre, A l’époque de la Révolution, quelques-uns ont été détruits, quelques autres dérobés. Ainsi, nous avons vu à Paris, en 1845, un tableau attribué à Raphaël, qui avait été décrit parmi les tableaux du roi par Lépicié, et qui était sorti, on ne sait comment, du château de Versailles en 1790, pour aller S’enterrer à Dijon, chez M. de

cachets qui authentiquaient son origine. Nous ne savons ce qu’il est deveuu, après être resté en dépôt chez un commissaire-priseur. On a perdu ainsi la trace d’un certain nombre de tableaux du maître qui ornaient les châteaux royaux en France, et qui avaient été achetés pour le roi en Italie au dix-septième siècle, (Note de l'éditeur.)

paysage, cinq petites figures auprès d’une fontaine. M. Woodburn, de Londres, avait acheté à Rome le carton original de ce tableau, du peintre Wicar, qui le croyait de la main de Franciabigio. En tout cas, il est inconcevable que le musée de Florence, où se trouvent les plus magnifiques tableaux de Raphaël, puisse exposer, sous son nom, un si faible ouvrage.

Gravé par Jac. Coelemano. In-fol.

e.) Stef. Antonio Morcelli (de Stylo inscript. lat., p. 476) décrit une Sainte Famille qui est chez le comte Annibale Maggiori, à Fermo, et qui porte, sur le bâton de saint Joseph, l’inseription suivante : R.S. V. A. A. XVII. p., inscription qn'il explique ainsi : Raphaël Sanctius Urbinas anno œtalis 17 pinæit. Mais Pungileoni et le possesseur actuel semblent douter de l’authenticité de ce tableau qui reproduit en partie (la Vierge, l'Enfant et saint Joseph) la composition de la Vierge de Loreto ; aux deux côtés on a encore ajouté deux figures, celle du petit saint Jean et celle de saint François à genoux. Nous n’aurions pas même cité ce tableau, si, dans les ouvrages de Lanzi, de Quatremère de Quiney et de Longhena, il n’était pas présenté comme un ouvrage de Raphaël.

[.) Un charmant petit tableau de Madone, avec la date de MD, qui est dans la possession de M. Camillo Fumagalli, à Milan, a été attribué à Raphaël dans les Lettere pittoriche, t. IV, p. A7, et aussi dans l’ouvrage de Longhena, p.13 et 571. Ce tableau, qui n’a que onze pouces de haut sur huit de large, est fermé par deux volets, sur les côtés intérieurs desquels sont représentées, agenouillées, sainte Barbe et sainte Catherine. En dehors est peinte une Annonciation en grisaille. Toutefois, ce petit tableau , du fini le plus délicat, est l'ouvrage d’un ami de Raphaël, de fra Bartolomeo di S. Marco, ainsi que le prouvent au premier coup d'œil la beauté et l'ampleur des formes du petit Jésus. Le caractère des autres figures et le coloris rappellent aussi d’autres petits tableaux du même maître qui sont dans la galerie de Florence. Caspar, sous la direction de Longhi, à gravé la figure agenouillée de sainte Catherine.

g-) Dans les Bellezze della città di Firenze (1592, p. 105), F. M. Bocchi et Cinelli ont décrit un tableau attribué à Raphaël et conservé dans le palais de Giuliano da Ricasoli, comme représentant la Naissance du Christ, ou du moins la Vierge avec l'enfant Jésus et plusieurs saintes femmes; mais il ressort de la description même du tableau, que c’est une Naissance de la Vierge et que la même composition a été exécutée à fresque dans le dôme de Vérone, par Franc. Torbito, d’après le carton de Jules Romain, avec d’autres sujets tirés de la vie de la Vierge.

Gravé par Giulio Bonasone. Bartsch, t. XV, p. 123, n° 51, et au clair-obscur. B.,t. XII, p. 49, n° 1. — Landon, n° 223.

h.) M. C. F, de Rumohr, dans ses Jtalienischen Forschungen (Berlin,

4831, t. III, p. 98), cite comme existant dans la maison Baglioni , à Pérouse. un tableau de Madone qu'il donne sans conteste à Raphaël. Cependant, non-seulement, dans le supplément du Guida di Perugia, de 4784, ce tableau est attribué au Pérugin, mais encore feu M. Metzger, à Florence, qui en fut depuis possesseur, se refusait à le reconnaître pour un ouvrage du peintre d’Urbin.

i.) Pendant l'été de 1835, on parla beaucoup, à Florence, d’un tableau de Raphaël représentant la Vierge avec l'Enfant et le donataire, lequel se trouvait à Castel Franco di Sotto, près Florence. Le gouvernement fit examiner ce tableau par le cav. Benvenuto et par le cav. Camuccini de Rome, qui se trouvait alors à Florence. Leur rapport ne sembla point avoir admis l'authenticité de cette peinture, car l’abbé Celotti fut autorisé à la vendre aux marchands d’objets d’art, Priofsky et Mariani, moyennant 1,000 seudi, dit-on, pour le compte de la Russie.

j.) Luigi Canale a publié, dans l'ouvrage de Longhena (p. 116), un rapport circonstancié sur l’origine d’une Sainte Famille appartenant au baron Gregori, à Fuligno, rapport qui ne prouve cependant pas que le tableau soit de Raphaël, car on y dit seulement que ce tableau passa de Sigismondo de” Conti à sa nièce Cecilia, épouse du cav. Guid’Antonio Seggi, et qu'après l’extinction de cette f le il vint, par héritage, dans celle de Gregori. C’est un tableau à l’état débauche, représentant la Vierge, assise, ayant sur les genoux l'enfant Jésus qui joue avec la barbe de saint dci debout devant lui; ainsi que le petit saint Jean qui contemple l enfant Jésus avec amour. Les enfants sont seuls presque terminés, le reste n "est que préparé. Le dessim, la manière de faire et le caractère des figures ont la plus grande ressemblance avec les œuvres de fra Bartolomeo , et c’est pourquoi nous partageons l'opinion de ceux qui lattribuent à ce maitre. Paeque nous voulûmes l’examiner, il était placé dans une chapelle sombre, et ce m'est qu'à la clarté des bougies qu’on pouvait le voir. Lors de notre dernière visite à Fuligno, en 1835, on l'avait envoyé à Rome pour le faire restaurer. Nous ne saurions donc rien dire de plus au sujet de ce tableau.

k.) B. Orsini (Descrizione d’Ascoli, Perugia, 1790, p. 75) décrit une Vierge, en demi-figure, qui présente un chardonneret à l’enfant Jésus, comme . un ouvrage de la jeunesse de Raphaël. Nous avons vu ce tableau chez M. Petrucci, à Rome. Sur la bordure de la robe de la Vierge se trouvent les os R + F., mais elles ont été mises nouvellement. C'est un joli tableau du Pérugin.

l.) Dans une foule de catalogues de vente, dans beaucoup de relations de voyage , sont souvent décrits des tableaux de Madone attribués à Raphaël, que nous n’avons point vus et sur lesquels, par conséquent, nous n'avons point à porter de jugement. Cependant nous citerons les suivants, à titre de renseignement, pour aider aux recherches,

Chez le comte Formenti, à Riva, au lac Garda : c’est la Vierge, l'Enfant, saint Joseph et d’autres figures. Voy. Ricordi d’un Viaggio pittorico ai laghi di Garda, etc.. di Giacomo Mosconi (Milano, 1834).

m.) Chez M. Joh. Bapt. Muggi, à Turin. La Vierge tient sur ses genoux l'enfant Jésus qui à un livre dans la main. A en juger par la lithographie de F. Festa, ce tableau n’est pas même de l’école de Raphaël.

n.) Longhena attribue à Raphaël un tableau qui était chez le marchese Manfredini : ce tableau représente la Vierge dans un paysage ; elle lit dans un livre, tandis que l'enfant Jésus et le petit saint Jean jouent et s'embrassent à ses côtés. Nous n'avons pu voir ce tableau, dont le sujet n’a pas la moindre analogie avec ceux que Raphaël a traités.

0.) D'après C. G. de Murr (Nürnberger Merkwürdigkeiten, p. 464), il y avait, dans le cabinet de M. Praun, à Nuremberg, une Vierge attribuée à Raphaël, que le possesseur avait achetée, en 1611, à Bologne. Dans ce tableau, l’enfant Jésus était alors représenté s’amusant à faire voler un oiseau attaché à un fil; mais, en nettoyant le tableau, l'oiseau disparut et l’on découvrit à la place, sous le repeint, une croix et un saint Joseph vers lequel l’enfant dirige ses regards. C’est en cet état que le tableau se trouvait dans le cabinet d'objets d’art d’Ant. Paul Heinlein, à Nuremberg, qui fut vendu en avril 1832.

p.) Le professeur Tosoni acheta de la succession du comte del Verme, à Milan, un petit tableau représentant la Vierge assise avec l’enfant Jésus, près d’un palmier planté sur un rocher et entouré de nuages et de petites têtes d’anges. Derrière elle sont deux enfants élevant les mains vers les fruits de l'arbre, et dans le bas, à droite, on aperçoit deux oiseaux qui se becquètent. Nous croyons pouvoir affirmer que ce tableau n’est point de Raphaël, sans que nous sachions à qui attribuer.

g.) M. Legras, à Saint-Germain-en-Laye , possédait un tableau de Madone (demi-figures) qui est nommé, sur la gravure de N. Bertrand, la Vierge à la Pensée. Ce tableau semble être, en effet, de l’école de Raphaël.

r.) Nous n’en pouvons pas dire autant du tableau gravé par J. Pavon, sous le titre de la Vierge au Papillon. Figures entières ; la Vierge, vue de face, est assise sur un banc; elle tient sur ses genoux l'enfant Jésus qui se tourne vers le petit saint Jean agenouillé sur le bane, à gauche, en lui présentant un papillon.

s.) Il est impossible d'attribuer à Raphaël le tableau représentant la Vierge, l'Enfant et sainte Anne, qui a été gravé sous son nom par J. Mattham , in-folio ; de même, un peu plus grand et inachevé, par Lutma. Tauriscus, p. 173, n° 46.

t.) Au palais de Kensington est une Vierge qui serre l'enfant Jésus contre sa poitrine. C’est un tableau du dix-septième siècle. Gravé pourtant sous

DES PEINTURES DE RAPHAEL. Si

le nom de Raphaël, dans un ovale, à la manière noire, par John Bowles, London, E. Cooper ex. Tauriscus, p. 182, n° 63.

u.) Dans la collection de l'académie de Vienne, est un tableau de Pécole de Ferrare qui représente la Vierge tenant l'enfant Jésus sur ses genoux; saint Jérôme en adoration à côté d’elle; dans le haut, Dieu le Père avec le Saint-Esprit.

Gravé sous le nom de Raphaël, par Paul Gleditsch. In-fol.

v.) Le conseiller Kleinschmidt, à Vienne, possédait un petit tableau de Madone, en demi-figures , représentant le petit Jésus tenu par sa mère et courant sur une table. Ce doit être le fragment d’un ancien tableau italien, mais il a été gravé sous le nom de Raphaël avec une dédicace au prince de Metternich, par David Weiss. Le tableau est allé en Bavière.

w.) L'église S. Maria di Piazza, à Florence, recut, selon une disposition du testament de Gentile Bonifanti, du 6 novembre 1603 , une Sainte Famille attribuée à Raphaël. En 1716, on ajouta cette inscription au tableau : Pretiosam tabulam hanc Raphaele Urbinate depictam , etc.; Pungileoni a déjà protesté avant nous contre la fausseté de cette attribution.

æ.) Dans la galerie des comtes Schænborn, à Pommersfelden, se troute une Vierge aux longs cheveux tombants, qui tient son fils sur ses genoux. Le mouvement de la figure de l'enfant Jésus est quelque peu forcé. Ce tableau semble awoir été exécuté d’après une esquisse de Léonard de Vinci par un de ses élèves, mais non par Raphaël. Voyez le Stuttgarter Kunstblatt, du 2 movembre 1820.

y.) Dans le Catalogue des tableaux du feu duc de Tallard, par Remy et Glomy (Paris, 1756), se trouve décrit, sous le nom de Raphaël, le tableau suivant : la Sainte Vierge, assise, vue jusqu'aux genoux, tient l’enfant Jésus qui embrasse le petit saint Jean. Un paysage forme le fond. Sur bois. H. 18”; 1. 14”. Ce tableau était alors bien conservé.

Gravé par un anonyme néerlandais, vraisemblablement par Paneels, signé : R. V. Pet. in-4°. Tauriscus, p. 176. Haut. 48”.

z.) Dans la chapelle de Saint-Jean, à Palerme, fondée par le marchese de” Rifesi, on montre un tableau, attribué à Raphaël, qui ressemble à la Vierge aux Rochers de Léonard de Vinci. Ou à mis au-dessus cette inscription : Sopra un quadro di Raffaello Sanzio, posseduto dai P. P. Filippini, Oratorio in Palermo. (Osservazionti storiche-critiche di Agostino Gallo, segretario della classe di lettere ed arti, etc. Palermo, 1835.) Avec une gravure. Selon lopinion d’un connaisseur, publiée dans la Biblioteca italiana de Milan, ce tableau serait exécuté dans la manière de Gaudenzio Ferrari. Voyez le Stuttgarter Kunstblatt, du 45 mars 1836.

aa.) Longhena donne, p. 691 de son ouvrage, la description et la gravure d'un tableau qui représeite la Vierge et l’enfant Jésus avec saint

Pierre et saint Sébastien à ses côtés, tableau appartenant au professeur Vincenzo Mochetti, à Milan. C’est un tableau délicat et soigné, de Francesco Francia.

bb.) Le beau tableau du Francia, lequel fait partie du musée de Munich, et qui représente la Vierge s’agenouillant auprès du petit Jésus couché sur l'herbe, fut gravé, sous le nom de Raphaël, par R. M. Frey, lorsqu'il était encore dans le cabinet du baron de Saint-Saphorin, à Vienne.

cc.) Chez M. J. J. Hertel, à Augsbourg, se trouvait un tableau représentant la Vierge avec l’enfant Jésus, demi-figures, qui a été gravé avec le nom de Raphaël, par Joh. Gottfr. Seiter, grand in-fol. En 1844, nous avons vu ce tableau , à Ratisbonne, chez feu M. JP. Kræmner et nous avons cru y reconnaître la manière de Lambert Lombard.

dd.) Autre tableau représentant la Vierge qui tient l’enfant Jésus. Ce tableau, qui appartenait à M. P. Fumaroli, de Rome, a été lithographié, avec le nom de Raphaël, par Gozzini. C’est un faible ouvrage d’un élève du Pérugin.

ee.) La Madonna del Cappucino. Sous cette dénomination a été gravé à l’eau-forte, en Italie, un tableau que l'on prétend avoir été commencé par fra Bartolomeo et terminé par Raphaël. Ce tableau, que le cardinal. Bonzi aurait, dit-on, apporté en France vers 1691, fut acheté à Paris, il y a environ trente ans, par le ministre résident Abel. Voyez Description des tableaux de la galerie de M. Abel de Stuttgart, etc. (Paris, 1824.) Devant la Vierge, qui tient l'enfant Jésus, saint François est agenouillé entre deux anges, et un troisième ange est auprès du petit saint Jean qui présente des fruits à l'enfant Jésus. Voy. Longhena, p. 740. C’est un bel ouvrage de fra Bartolomeo. On nous assure qu’il a passé en Angleterre.

ff.) Autre Madone attribuée à Raphaël, chez le marquis de Bute, à Luton House. La Vierge, demi-figure, contemple lenfant Jésus couché et endormi devant elle. A gauche, un petit ange soulève le rideau, et un autre, à droite, porte un petit panier sur sa tête. Ce tableau, qui paraît être l'ouvrage d’un élève de Raphaël, a été gravé avec le nom du maitre, par Caroline Watson. In-fol.

gg.) La Vierge, avec l’enfant Jésus et le petit saint Jean. Figures entières, demi-grandeur naturelle. Ce tableau, qui était autrefois dans la galerie du roi Charles ler d'Angleterre, fut vendu à A. Cunningham pour 800 liv. st. Il se trouve actuellement à Kingston Hall, près Wimbornminster, dans le Dorsetshire, résidence de M. William Bancks. Ce renseignement nous a été communiqué par M. John Murray, de Londres.

hh.) La Vierge, avec l'enfant Jésus et un prêtre. Tableau inscrit dans le catalogue de Jacques IT, roi d'Angleterre, sous le n° 736. Collection de lord Montague. Ce tableau a vraisemblablement été détruit lors de Pincendie du palais de Whitehall.

ii.) La Vierge, l'Enfant, saint Joseph et un agneau. Ce tableau, provenant originairement de la collection Reynst, est catalogué dans la collection de Jacques ÏI sous le n° 746. Il aura eu le même sort que le tableau précédent, car on ne les retrouve ni Fun ni l’autre. La composition paraît être la même que celle du petit tableau qui est à Madrid et que nous avons décrit.

kk.) La Vierge à la Rédemption. C’est ainsi qu’on désigne ce tableau qui représente la sainte Vierge agenouillée sous un palmier, dont deux anges cueillent les fruits. Un paysage pour fond. Le professeur Tosoni, à Milan, possédait, en 1845, ce petit tableau qui semble être l'ouvrage d’un élève de Raphaël.

Gravé, de la grandeur de l'original, par Ach. Martinet. In-fol.

ll). La Belle Jardinière, de Florence. Sous ce titre, le baron Boucher- Desnoyers a gravé, en 1841, avec le nom de Raphaël, un tableau représentant la Vierge assise avec l’enfant Jésus. La composition, qui n’est nullement raphaélesque, annonce plutôt une origine néerlandaise.

mm.) La Vierge aux Lauriers. Elle est assise et soulève le voile qui couvre l'enfant Jésus endormi à gauche, en le montrant au petit saint Jean qui est devant elle. A droite, saint Joseph contemple cette scène. Derrière l'enfant Jésus, il y a un petit laurier. C’est une faible composition, tout à fait indigne de Raphaël.

Lith. par Léon Noël. Petit in-fol., avec cette légende : Tableau peint par Raphaël en 1505. Haut. 42” sur :33”’ de larg. Tiré du cabinet du docteur Boucher-Dugua.

nn.) La Vierge au IBandeau. La Vierge est assise à gauche, l'enfant Jésus sur ses genoux ; celui-ci tient d’une main le globe terrestre et bénit de l’autre main. Sur une balustrade, il y a un œillet et un livre. A en juger par l'architecture qu’on voit dans ce tableau, ce serait l’ouvrage d’un Néerlandais du seizième siècle.

J. Thouvenin sc. Petit in-fol., avec cette adresse : À Paris, chez P. Marino, rue Montmorency, n° 13.

00.) La Vierge au Raisin. Saint Joseph donne une grappe de raisin au petit Jésus. Cette composition ne rappelle Raphaël en rien.

Gravé par J, Thouvenin, petit in-folio, avec cette adresse : À Paris, chez P. Marino.

pp.) La Vierge du séminaire patriarcal, à la Salute, à Venise. Elle est assise dans un paysage; le petit Jésus et le petit saint Jean s’embrassent. Ce tableau n’est ni de Raphaël ni d’un de ses élèves.

gg.) La Vierge avec deux anges. Elle est assise dans un paysage rocailleux, adorant l'enfant Jésus couché sur ses genoux. Un peu en arrière, à gauche, est un ange qui fait de la musique.

Gravé par Louis Paradisi, d’après une peinture de l’école du Pérugin, appartenant à M. Cajani.

rr.) Autre Sainte Famille, appartenant à M. Boisselat, peintre à Paris. La Vierge, assise à gauche et tournée vers la droite, porte sur son genou gauche l'enfant Jésus; celui-ci, d’un mouvement assez vif, saisit la croix que lui présente le petit saint Jean et il lui pose la main gauche sur la joue. Jusqu’aux genoux et de grandeur naturelle. Ce tableau, qui a été transporté de son panneau sur toile, est fortement endommagé. La composition est raphaélesque, mais la manière de faire rappelle Proccacini. Sur le revers du tableau se trouve un cachet aux armes de la maison impériale d'Autriche.

Il existe de ce tableau une gravure anonyme du dix-septième siècle, délicatement travaillée, petit in-fol., avec cette souscription : RAPHAEL. VRB. — Dans un ornement du bas se retrouvent les mêmes armes que dans le cachet apposé derrière la toile.

ss.) La Madone, dite de la maison Taddeiï. La Vierge, demi-figure, avec l'enfant Jésus et le petit saint Jean. Ce tableau, qui se trouvait en 1857 chez monsignore Manni, à Rome, serait, s’il faut en croire une notice imprimée, une des deux Madones que Raphaël a peintes, ainsi que le témoigne Vasari, pour sou ami Taddeo Taddei, à Florence, vers les années 4504 et 1505. On rapporte qu’elle est restée dans la maison Taddei jusqu’en 41787, et qu'à cette époque M. Gaetano Taddei la vendit au sénateur Alexandre Adami. Suivant la notice qui nous a été envoyée de Rome, la Vierge et les enfants seraient les portraits de la femme et des enfants de Taddeo Taddei. La brochure contient des certificats d'authenticité et une lithographie d’après le tableau. Nous ne pouvons rien ajouter à ces renseignements, en l’absence du tableau.

Le Catalogue des gravures d’après Raphaël, par Tauriscus Euboeus (comte de Lepel), désigne encore différentes estampes représentant des Madones que nous n’avons point vues, à la vérité, mais qui sont faussement attribuées à Raphaël, savoir :

tt.) Page 166, n° 32; Ja Sainte Vierge assise, l’enfant Jésus, le petit saint Jean, saint Joseph, et, derrière la Vierge, sainte Élisabeth.

Gravé à la manière noire, par E. Kerkall. Lond., 1724. Ex collectione nobilissimi Ducis Devoniae. Ce tableau rappelle Jules Romain.

uu.) Page 487, n°2; grande Sainte Famille, avec le vieux Zacharie ; dans la collection du baron de Brabeck, à Soeder. Le trait, d’après ce tableau, dans l'ouvrage de M. de Ramdobr, ne rappelle en rien la manière de Raphaël, ,

vo.) Page 188, n° 4; cinq demi-figures; la Vierge tient l’enfant Jésus

couché sur ses genoux, lequel embrasse le petit saint Jean. Saint Joseph, appuyé sur son bâton, à droite, et saint François, à gauche.

Gravé par le professeur Heidelof, à Stuttgart, d’après un tableau du cabinet de M. Romney.

ww.) Page 189, n° 6; la Vierge, sainte Élisabeth, l’enfant Jésus et le petit saint Jean jouant avec des colombes.

Dessiné d’après un tableau qui est en Suède, par De Boys, et gravé par Martin, pour le Voyage de P. Tham, 1797.

ææ.) Page 189, n° 7; la Vierge (en demi-figure) donne son sein à l'enfant couché sur un coussin. C’est une composition de Léonard de Vinci. Le dessin original se trouve dans la bibliothèque Ambroisienne, à Milan.

Vangelisti a exécuté une gravure, d’après le tableau de Solario, qui est au Louvre, et l’a publiée sous le nom de Raphaël, avec cette légende : Le premier devoir des mères.

yy.) Page 156, n° 10; la Vierge aux Balances. Ce tableau, qui est au musée du Louvre, appartient à l’école de Léonard de Vinci; il est vraisemblablement de Salaino.

Gravé à l’eau-forte, par un anonyme, et signé : Rafael Vr. Petit in-4°.

zz.) Page 188, n° 5; la Sainte Famille avec le Bassin. Ce beau tableau, qui fait partie de: la galerie de Dresde, est de Jules Romain.

Gravé à l’eau-fomte, comme étant un ouvrage de Raphaël, par Pietro Fachetti, in-fol. — De même, par M. Ferry, petit in-fol. — Grav. par Flipart pour la Galerie de Dresde. — RAFA., VR. in. Nicolo van Aelst formis. Gr. in-4. — Landon, n° 225.

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