Les Cing Saints
Sur bois. Hauteur 3° 10”; largeur 3° 1”.
Le Sauveur, assis dans une gloire lumineuse, au milieu des nuages remplis de têtes de chérubins, élève les bras et semble inviter toute lhumanité à venir à lui. La Vierge est àsa droite; et, de l’autre côté, saint Jean le Précurseur, qui, du geste, désigne le Christ. Dans le bas à gauche, säint Paul, l'épée à la main ; à droite, auprès du fragment d’une roue, sainte
1. On nous communique la description de deux tableaux que l’on regarde comme des œuvres originales de Raphaël, et qui font partie de la collection de M, le chevalier Marsuzi de Aguirre, à Rome. Nous citons textueliement cette note , sans toutefois en accepter la responsabilité, car nous n'avons pas vu les tableaux dont il s’agit :
« La Vierge, l'enfant Jésus, saint Joseph, saint Augustin et un saint Docteur, dans un paysage charmant de fraicheur et de détails, haut de 0” 77°”, large de 0” 59°”. La peinture a été enlevée d’un mur, placée d’abord sur toile, et ensuite replacée sur bois, opération médiocrement réussie. — Cette composition rappelle dans ses principales parties celle de la Vierge de Dusseldorf. La figure de Marie est la même; saint Augustin occupe la place de sainte Élisabeth : les plis du pallium épiscopal reproduisent exactement les plis du manteau de la sainte. Le saint Joseph. appuyé sur son bâton, qui se trouve au second plan, derrière la Sainte Famille, est remplacé ici, au milieu du tableau, par le saint Docteur en tunique blanche, agenouillé, les mains croisées sur la poitrine, exprimant dans sa noble tête à longue barbe une componction et une tendresse que les paroles sont impuissantes à retracer. L'enfant Jésus appuie son doigt sur un livre ouvert que saint Augustin lui présente de la main gauche, sourit et semble expliquer le mystère de la Sainte Trinité, comme l’indiquent les trois doigts de la main droite de l’évêque, ouverts et appuyés au-dessus de la cuisse.
« L’harmonie et le calme de cette belle peinture sont admirables ; la pureté du dessin irré— prochable. — Ce panneau, qui sort d’une des principales galeries de Florence, a été exécuté par Raphaël, lorsqu'il passait de sa première à sa seconde manière. On remarque encore quelque peu de sécheresse dans les formes et dans le fini des détails, notamment des cheveux ; l'emploi de l’or dans les ornements, quoique sobre , indique aussi Lépoque de l'exécution. Cependant les couleurs ont une vivacité qu’on ne retrouve pas dans les premières œuvres du maitre.
« On voit aussi dans la même collection la Vierge et l’Enfant, tableau rond, peint par UE lorsqu'il était encore dans l'atelier du Pérugin.
« Il provient de la galerie des comtes Oddi-Baglioni de Pérouse. » (Note de l’éditéur )
Catherine, agenouillée, posant une main sur sa poitrine et tenant, de l’autre, la palme du martyre. Un paysage forme le fond. Vasari ne décrit point ce tableau , quoiqu'il en connût la composition par un dessin de Raphaël et par la gravure de Marc-Antoine; on peut induire de ce fait qu’il n'avait jamais vu le tableau, ou qu’il le regardait seulement comme un ouvrage de l’école du maître. Ce qui est certain, c’est que le tableau, qui se trouve à Parme, présente, si on lé compare au dessin original, des changements peu favorables à la question d’authenticité ; en outre, parmi toutes les têtes d’anges qu’on aperçoit dans les nuages, il n'y en à pas une qui trahisse cette grâce que Raphaël met toujours dans l'expression de ses têtes. Ce tableau a fortement poussé au noir, et Le Brun, qui le restaura à Paris, dit y avoir découvert un monogramme où se trouve la lettre A, d’où il conclut que cette peinture a été exécutée par un élève de Raphaël, qu’il nomme Albareti. Mais quel est cet Albareti? Avant Le Brun, lequel, soit dit en passant, était fertile en inventions pour le trafic des objets d'art, le nom d’Alhareti était inconnu dans l’histoire de la peinture, et depuis on n’a rien découvert qui ait constaté l'existence d’un peintre de ce nom. Mais nous sommes d’ailleurs de l'avis de Le Brun sur le mérite de cet ouvrage que nous attribuons aussi à un des meilleurs élèves de Raphaël, et apparemment à Jules Romain. Quant à l’époque où ce tableau aurait été placé sur le maître-autel du couvent des religieuses de Saint-Paul, à Parme, c’est ce qui n’était pas même connu du Père Affo, le ministre historien de la ville de Parme. Toutelois, nous voyons, dans les Memorie storiche di Ant. Allegri, de Pungileoni (t. III, p. 16), qu'il ne figurait pas encore sur le maïître-autel de léglise de ce couvent, puisque, le 4 août 1660, Gian Maria Conti, nommé della Camera, reçut 500 lires comme payement d’un tableau fait par lui pour cet autel. Après que ce tableau des Cinq Saints fut revenu, en vertu du traité de paix de 1815, du palais de Saint-Cloud, à Parme, il fut placé dans la collection de tableaux de l’Académie de cette ville.
GRAvuREs d’après ce tableau : J.-B.-L. Massard l'aîné, 1802, in-fol. — J.-Th. Richomme, in-fol., pour le Musée royal, — Landon, n° 435.
L’esquisse pour ce tableau, exécutée à la sépia, se trouve dans la collection du Louvre.
Gravé par Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 113. Copie A, A l'adresse : Ant. Caranzanus, dans le bas. Deuxième épreuve, avec l'adresse de de Rossi, 1610. — La copie B porte la tablette de Marc-Antoine.