La Charité et l’Espérance
Dans la galerie Borghèse, à Rome, se trouvaient deux petits tableaux, cintrés dans le haut, représentant les figures de la Charité et de l’Espérance, lesquels ont été quelquefois attribués à Raphaël, mais quelquefois aussi et avec plus de raison à Gio. Francesco Penni. La Charité est représentée par une femme tenant deux enfants dans ses bras. A droite, contre un rocher, est une tête d’Hermès; dans le paysage du fond, un fleuve auprès d’une ville avec un château fort, et des montagnes à l'horizon. Cette même figure de femme, avec les enfants qu’elle allaite, ayant de plus deux jeunes garcons debout à ses côtés, se trouve dans le sujet des trois vertus théologales, la Foi, l'Espérance et la Charité, qui forme la bordure de la tapisserie de la Mort d’Ananie. Ce petit tableau révèle la main d’un élève de Raphaël et le paysage est tout à fait analogue d’exécution avec le Couronnement de la Vierge, ce qui nous fait croire que c’est avec raison qu’on l’attribue à F. Penni. Goede (t. IV, p. 120) vit ce tableau, en 1803, chez M. William Bekford, à Foethill, Salisbury; plus tard, il fut possédé par Sir Thomas Lawrence, et, en 1831, nous l’avons vu nous-même dans la collection de M. Neeld , à Londres.
Gravé par À. Capellan, 1798, pour la Schola italiana, in-folio. Épreuves,postérieures, sans le nom du graveur, avec l'inscription : Pellitur e celo Latona. E Tabula Raphaelis Sanctii in ædibus Burghesianis.
L’Espérance, représentée avec le caractère antique de la déesse Spes. F. W. de Ramdohr (Über Malerei und Bildhauerarbeit in Rom., Leipzig, 4787), qui ne reconnut point la signification de cette figure , la désigne ainsi : Une Jeune fille marchant. Elle tient une fleur de la main droite, et de la gauche elle soulève une partie de ses vêtements. Un paysage rocailleux pour fond. Ce tableau est exécuté dans la même manière que le premier ; il passa par les mêmes collections, mais à la vente de Sir Thomas Lawrence, il fut acquis par M. Henry Hope, à Londres.
Grav. à l’eau-forte, en contre-partie, par Clam Gallas, 1801, d’après un dessin
de Jos. Bergler. Il n’y a que le trait avec de légères ombres. Signé à gauche J. B. del. et CG (monogramme), 1801.
L’esquisse originale, de F. Penni, pour ce tableau, se trouve à Copen-
DES PEINTURES DE RAPHAEL. 399 hague, chez le professeur Jansen, et une copie, faussement attribuée à Raphaël, est dans la collection royale d'Angleterre. Elle est dessinée à la plume, sur papier brunâtre, lavée au bistre et reliaussée de blanc. On voit qu’elle a servi de calque pour la peinture. H. 140” 6°”; 1. 6” 97”.
Gravé par G. F. Lewis, pour l’ouvrage de J. Chamberlaine : Imitations of original designs, etc., in His Majesty's collection. London, 1796-1809. Onze vol. in-fol.