‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 266 sur 407 · Apollon et Marsyas · texte numérisé non relu

Apollon et Marsyas

M. Moris Moore, à Londres, acheta, pour un faible prix, dans une vente publique, en 1850, un petit tableau représentant ce sujet, peint avec une extrême finesse , et attribué au Mantegna. Aussitôt qu’il fut en possession de ce tableau, il soutint que c’était un des plus précieux ouvrages de Raphaël, — Marsyas est assis à gauche, soufflant dans une flûte ; Apollon

est debout, en face, tenant un bâton dans sa main droite. Sa lyre est suspendue à un arbre; son carquois et son are sont à terre. Un riche paysage pour fond. Ce tableau, qui est à coup sûr de l'école de Francesco Francia, nous semble devoir être attribué à Timoteo Viti, puisque nous avons vu à la Brera de Milan un tableau peint à la détrempe, représentant la Vierge avec des Saints, lequel fut autrefois également attribué à Raphaël, et qui est tout à fait analogue de style avec celui-ci. Lorsque, sur les instances réitérées de M. Moore, en 1850, nous lui eûmes communiqué notre opinion à l’égard de son tableau, cette franchise de notre part nous attira en représailles quatre articles fulminants, qui parurent dans les journaux de Londres, et qui ne méritaient pas une réfutation.

Depuis, M. Moore a publié, dans le Morning Advertiser du 27 août 4855, qu’un dessin sur papier rose de son Apollon et Marsyas, dessin qui fait partie de la collection de l’Académie de Venise, est incontestablement de la main de Raphaël, et que ce dessin a été signalé comme tel dans le nouveau Catalogue de cette collection. Lorsque nous le vimes, en 1835, on l’attribuait alors à Benedetto Montagna, mais nous avions déjà reconnu qu'il était plutôt de l’école de Francia, et qu’il avait été fait pour le tableau qui se trouvait à cette époque en la possession de M. Delarovère, à Londres. Pour se convaincre que ce tableau n’est point un original, il suftit de remarquer que le dessin des jambes n'offre pas les formes pleines et accentuées qui caractérisent les ouvrages de Raphaël. De plus, le paysage est traité dune manière timide et minutieuse, bien différente de celle du maître.

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