Raphaël et son Maitre d'armes
Sur'toiles-H:137.8%:11:37 4%
C’est ainsi qu’est désigné un tableau du musée du Louvre, lequel a donné lieu à bien des controverses, au sujet des deux personnages représentés comme au sujet de l’auteur de la peinture. Sur le devant, à droite, se tient debout un homme à barbe, puissant de formes, posant la main sur son épée en regardant un homme placé derrière lui, et en indiquant de l’autre main un objet en dehors du tableau; le second personnage parait être, en ellet, Raphaël lui-même, car il ressemble au portrait gravé par Giulio Bonasone , portrait qui passe pour être celui du maître, ainsi que deux autres portraits peints à fresque par Jules Romain dans la villa Lante, et dans sa propre maison, à Mantoue. Le tableau du Louvre nous le montre aussi presque de face, avec de la barbe, les cheveux séparés sur le front et tombant jusque sur les épaules. Pierre Dan croit que ce tableau fut peint
par le Pontormo; d'autres l’ont attribué à Raphaël, en croyant y voir son portrait avec celui de Pontormo. La manière énergique dont est peinte la figure du premier plan et le faire en général empêchent toutefois d’y réconnaître la main de Pontormo. Ce n’est pas non plus son portrait, puisque, à la mort de Raphaël, il n'était âgé que de vingt-sept ans, et que le personnage représenté paraît avoir au moins dix années de plus. Quant à la figure qui est dans ce fond, on peut y retrouver les traits de Raphaël à la dernière époque de sa vie. La forme du nez, les lèvres pleines, les larges paupières, le beau front découvert, se rapportent bien aux portraits authentiques qui existent de lui. Seulement les traits sont ici un peu plus forts, et les yeux n’ont pas tant de vivacité que dans ses autres portraits, Le ton général de la peinture est lourd, les chairs tournent au brun rouge; le pinceau en est gras et large ; toutes choses qui ne se rapportent guère à la manière de Raphaël, ainsi qu’on en peut juger au musée du Louvre, si l’on compare ce tableau avec le portrait du comte Castiglione. Les plis de la manche et les étoffes blanches sont aussi également d’une exécution différente de la sienne. Néanmoins, cette peinture est une production trèsdistinguée, quoique nous ne sachions pas en nommer l’auteur. Il faut encore rappeler qu’on a voulu voir dans ce tableau Marc-Antoine au lieu de Raphaël; mais, après avoir examiné avec soin le portrait de ce célèbre graveur, qui est dans la fresque d’Héliodore chassé du temple, nous pouvons constater que Marc-Antoine, dont les traits étaient bien plus rudes que ceux de Raphaël, n'avait avec ce dernier qu’une espèce de ressemblance trèsvague et très-éloignée !.
Ce tableau, qui provient de la collection de François Ier, a été agrandi de 9 pouces et demi en hauteur et de 11 en largeur.
GRAVURES : Nicolas de Larmessin, in-fol. pour le Cabinet Crozat. — P. Audoin, pour le Musée Napoléon, in-fol. — La tête seule de Raphaël, grav. par J.-L. Potrelle, petit in-fol. — Lith, par Mauzaisse.
4. Le catalogue du Louvre a conservé l’attribution de ce portrait à Raphaël {n° 386 }, avec letitre: Portraits d'hommes. Voici ce qu'en dit M. Villot : « Lépicié (Catalogue des tableaux du roi) regarde ce tableau comme un ouvrage de Raphaël, et dit que ces deux portraits sont ceux de Sanzio et de son maitre d'armes. D’autres critiques l’attribuent à Sébastien del Piombo. On ignore quel motif a pu faire donner le titre de maître d’armes à l’une des deux figures, par cela seul qu’elle porte la main sur la garde de son épée. Enfin le Père Dan (Trésor des merveilles de Fontainebleau) prétend que ce tableau est du Pontormw, et qu'il représente cet artiste et Raphaël, Mariette, dans son texte du Cabinet Crozat, dit, en parlant de l'opinion du Père Dan : « Il y a dans ce dernier sentiment quelque apparence de vérité : car, quoiqu'on « puisse objecter que ce portrait du Pontormo ressemble peu à celui que le Vasari a donné au s commencement de sa Vie, il est aisé de concilier cette diversité par la différence d’âge qui se « trouve entre l’un et l’autre de ces portraits; et d’ailleurs on n’y reconnait ni le pinceau de « Raphaël, ni sa manière de dessiner, ni sa disposition, ni ses choix de draperies. Les couleurs « en sont fort changées, surtout dans l'habillement. »
Suivant l’opinion dù docteur Waagen, cette peinture serait de Sébastien del Piombo, (Note de l'éditeur.)
Une copie de ce tableau se trouve dans la collection de Wiesbaden; elle provient du cabinet Gerning à Francfort-sur-Mein.