Portrait de Frédéric Carondelet
à Sur bois. H. 457’; 1. 35”.
Frédéric Carondelet, archidiacre de Bitonto, dans le royaume de Naples, était chargé des affaires d’Espagne près du Saint-Siége. Dans le tableau, nous le voyons assis devant une table sur laquelle il appuie son bras droit. De la main droite, il tient un papier avec cette suscription : Honorabili denoto nobis dilecto Ferico Carondelet, archidiacone bituntino, consiliario et commissario ntro in urbe. Il touche de la main gauche son collet garni d’une fourrure blanche tachetée. Son regard intelligent et spirituel rencontre celui du spectateur. A droite est assis son secrétaire, qui, la plume à la main et la tête un peu levée, semble attendre la dictée de son maître. A gauche, dans le fond, on voit un homme à barbe, coiffé d’une espèce de bonnet, avec un papier à la main ; c’est sans doute un domestique. Le fond, à gauche, présente un vestibule magnifique, porté par cinq colonnes corinthiennes. A droite, un peu de paysage avec une porte de ville. La tête de Carondelet, très-bien conçue et très-finement dessinée, est la partie la plus remarquable du tableau. L’exécution pourtant ne répond pas à la belle expression de cette tête, et le reste du tableau n’est pas traité avec la même adresse ;: on y trouve même une certaine roideur. Il est toutefois surprenant que la tête du secrétaire, d’ailleurs très-caractéristique, soit beaucoup plus petite que celle de Carondelet, quoique vues toutes deux à la même distance ; puis, le fond à un aspect vénitien, et les fabriques, qu’on voit au fond du paysage, ressemblent à celles que les maîtres allemands, et notamment Albrecht Dürer, placent.toujours dans leurs tableaux. Malgré ces disparates, ce n’en est pas moins un tableau du plus haut intérêt, exécuté, à n’en pas douter, d’après une étude de Raphaël pour la tête de Carondelet ; on pourrait même croire qu’il fut ébauché, d’après nature, par le maître même. C. Rogers présume que le portrait de Carondelet fut dessiné par Raphaël, lorsque Jules II donna le gouvernement de Viterbe à ce prélat. Nous ferons aussi observer qu’il ne faut point confondre Frédéric Carondelet, archidiacre de Bitonto, avec Jean Carondelet, archevêque de Besancon. Le portrait de ce dernier, peint par Jean Holbein, a passé de la collection de Boisserée dans la Pinacothèque de Munich. Son portrait a aussi été gravé sur cuivre, par G. Benoît, in-8°, avec l'inscription : Johannes Carondelet, chancelier de Bourgogne et de Flandre. Voy. l'Europe illustre, t. IV. Le tableau qui représente le portrait de Frédéric Carondelet fut offert en présent, par les États-Unis de Hollande, à lord Arlington, comme un ouvrage de Raphaël ; depuis cette époque (sous Charles Ier), il est resté dans la famille des ducs de Grafton à Londres.
Gravures : Nic. de Larmessin, in-fol. pour le Cabinet Crozat, — Nic. Dorigny, in-fol. — Paul van Sommer, 1676, à la manière noire. En contre-partie, petit infolio, — Par le même, également en contre-partie, sans nom.— Jac. Christoph. Le Blond, gr. pl. imprimée en couleur.