Portrait du Parmesan
L’Anonyme de Morelli rapporte ce qui suit, à la page 67 : « 1530. Dans la maison du seigneur Antonio Foscarini , à Venise : le portrait jusqu'aux hanches, à l'huile, du Parmesan, favori du pape Jules. De la main de Raphaël d’Urbin. Reçu de l’évêque de Lodi !. » Nous ne savons pas quel était ce Parmesan; quant à son portrait, peint par Raphaël, nous ignorons aussi ce qu'il est devenu; cependant, on pourrait trouver quelques renseignements à cet égard dans les indications qui vont suivre. On lit dansle quatrième livre de la Vie du pape Léon X par Paolo Giovio (p. 224) :« Léon X aimait à se divertir aux dépens de toutes sortes de personnages excentriques, auxquels, en les flattant, 1l faisait accroire les choses les plus ineroyables sur leur propre compte, et les amenait de la sorte à exécuter les actes les plus insensés et les plus ridicules. C’est ainsi qu’il en agit à l’égard d’Eyangelista Tarascono, Parmigiano , un vieil et honoré secrétaire, qui se mit tout à coup à étudier la musique avec persévérance et qui finit par avoir une telle opinion de son talent, qu'il se considéra comme un grand musicien. Le pape lui témoigna une telle faveur et le flatta si bien, que la vanité de ce pauvre fou s’enfla de plus en plus et qu’il inventa les systèmes de musique les plus extravagants. Par exemple, il faisait lier étroitement les bras des joueurs d'instruments, afin que les nerfs de leurs doigts acquissent plus de force et plus de souplesse à la fois, ete., etc. » Ce fut le marchand de tableaux Valati, à Rome, qui vendit à un Anglais le portrait, qu’il donnait pour celui du Parmesan, peint par Raphaël. On le considérait pourtant généralement, à Rome, comme une bonne peinture de l’école du maître. C’est la demi-figure d’un homme qui ‘tient une feuille de musique et un livre dans la main. Il a des bagues à tous les doigts. Le paysage du fond est d’un ton brunûâtre.