‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 298 sur 407 · Voy. Fea, Nofizie, etc., p · texte numérisé non relu

Voy. Fea, Nofizie, etc., p

La collection de Florence conserve une première esquisse pour cette chapelle. Sur la partie supérieure du dessin sont écrites de la main de Raphaël lui-même les indications suivantes :

En haut : « Locho p. lo spitale. »

A droite sur la longueur : « Muro comune. »

Vers le milieu : « Cupola vano p. (palmi) 88. »

Et à droite la note suivante se rapportant à la coupole : « Questa si pud voltare in due modi; cioé el primo di pocha spesa, chel sexto dela copuleta sia principiato in sul medesimo piano della imposta delli archoni; e si domanda detta volta a vela. Lo secondo modo si è fare una cornice in cima alti archi redutta al perfetto tondo, e sopra a questa fare tanto diritto, che si possa cavare li lumi di quella sorte che tu vuoi, o finestre overo ochij tondi, e sopra li ditti lumi fare un altra cornice al tondo dove principij a voltare la cupola. Ma prima darli tanto diritto, quanto l’agietto (aggetto) della cornicie una volta e mezo. »

Au revers de la feuille est dessinée la coupe de la chapelle, et au bas, on lit : « Capella di Agostino Chigij. ch’ eh (sic) nel Popollo à Roma t. »

Les raisons qui nous autorisent à croire qu’il était dans le plan de Raphaël de pemdre dans la coupole la Création des étoiles, aussi les autres jours de la Création jusqu’au péché originel, ces raisons, disons-nous, reposent sur ce fait que ces mêmes sujets furent, en effet, exécutés à fresque plus tard (en 1554), par Francesco Salviati. Des raisons semblables nous font admettre que Raphaël se proposait de représenter, sur les trois murs de la chapelle, l’accomplissement des paroles des prophètes, c’està-dire la Naissance, la Mort et la Résurrection du Christ. Car, après son décès, Sébastien del Piombo fut chargé de peindre à l'huile ces sujets sur les murs; mais il n’exécuta que la Naissance de la Vierge et avaif commencé ensuite le tableau de la Visitation, lorsque la mort le surprit. Quant aux deux groupes en marbre des Prophètes de cette chapelle, nous renverrons le lecteur à ce que nous en avons dit dans le chapitre précédent, qui traite des ouvrages de sculpture de Raphaël.

Que les mosaïques qui ornent les neuf caissons de la coupole aient été exécutées d’après les cartons de Raphaël, dans l’année 1516, c’est ce que témoigne ‘encore l’inseription qu’on lit sur le flambeau du petit génie qui est auprès de Vénus : LV. D. P. V. F. 1516. (Luici de Pace Veneziano fecit 1516.) Fioravante Martinello (Roma ricercata nel suo sito, p. 125) rapporte, à ce sujet, ce qui suit : «II mosaico è condotto a fine nel 1516 da Aloisio de Pace Veneziano, che ardi lasciare il suo nome abbreviato intorno ad una face che porta Amore. » Ce maître est aussi appelé maestro Quisaccio. Selon le Guida di Roma de Melchiorri, publié en 1834

1, Voy. la note au Vasari, édit. de Florence, 1852, vol, VIT, p. 46,

OUVRAGES D'ARCHITECTURE. 389 (p. 277), ce fut Marcello Provenzale qui exécuta les mosaiques; mais cet arliste est né cinquante-cinq ans après la mort de Raphaël! Melchiorri se trompe aussi, quand il attribue les cartons de ces mosaïques à Cecchino Salviati.

Le 18 août 1519, dans le pressentiment de sa fin prochaine , Agostino Chigi fit son testament, dans lequel il prenait les dispositions suivantes à l'égard de cette chapelle :

« Item voluit pro capellà sità in ecclesià monasterii sanctæ Mariæ de Populo de Urbe sub invocatione sanctæ Mariæ de Loreto per ipsum testatorem incœæptà, perficiatur juxtà ordinationem per ipsum testatorem alias factam, de qu ordinatione Mgr Raphael de Urbino, et Mgr Antonius de Sancto Marino sunt bene informati!. » Mais Raphaël devait cesser de vivre quelques jours avant Agostino Chigi, et ni l’un ni l’autre ne put voir la chapelle achevée.

La peinture inachevée de Sebastiano del Piombo fut enlevée du mur et transportée sur toile, lorsqu'on fit construire par Bernini les mausolées d’Agostino et de Sigismondo Chigi. Les fragments du tableau de la Visitation qui étaient dans la galerie du cardinal Fesch ont passé en Angleterre. Ce fut Francesco Salviati qui reçut, en 1554, la commande de peindre les sept jours de la Création jusqu’au péché originel sur les huit champs réservés entre les fenêtres de la coupole et dans les caissons ronds audessus des niches, ce qu’il exécuta en peu de temps.

Les mosaïques de la coupole contiennent, dans le rond du milieu, la figure du Créateur entouré de huit champs, sur l’un desquels on voit un Auge montrant du geste un globe céleste, qui, avant la restauration conduite par Bernini en 1654, portait l'inscription suivante : Fiant luminaria in firmamento cæli. Sur les autres champs, on voit le soleil (Apollon), la lune (Diane) et cinq planètes : Saturne, Jupiter, Mars, Vénus et Mercure ; ces demi-figures sont exécutées sur fond d’or, et chacune d'elles est groupée avec un ange ?. Les draperies, aussi rehaussées d’or, devaient, dans l’origine, produire un effet éclatant. Cependant elles sont d’une exécution grossière qui n'échappe pas à l'œil, quoiqu’elles soient mal éclairées .

Il s’est conservé deux esquisses très-énergiquement dessinées à la san-

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