‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 301 sur 407 · Plan de la Maison de Raphaël · texte numérisé non relu

Plan de la Maison de Raphaël

Vasari dit dans la Vie du Bramante : «Il fit bâtir dans le Borgo un palais qui appartenait à Raphaël d’Urbin. Ce palais est entièrement exécuté en briques et en mortier coulé (yetto con calce); les colonnes et les corniches sont d’ordres dorique et rustique. Ça été une nouvelle et très-belle invention que d'employer ce mortier. » — Le même écrivain dit encore dans la Vie de Raphaël : «Afin de laisser un souvenir de lui, il éleva, dans le Borgo, à Rome, un palais que le Bramante fit construire en mortier (getto) coulé. » — Il ressort de ces deux passages, que c’est bien Raphaël qui bâtit lui-même sa maison et non le Bramante!. Si donc Antonio Michiel de Ser Vettor, dans sa lettre du 41 avril 1820, déjà citée, dit que Raphaël acquit cette maison du Bramante pour 3,000 ducats, on doit en induire que cette somme était destinée à couvrir seulement les dépenses de la construction que le Bramante avait dirigée.

1. Malgré l'obscurité du second passage sur lequel se fonde M. Passavant pour attribuer à Raphaël la construction de ce palais, nous croyons que Vasari n’a pas même voulu dire que le plan de l'édifice avait été fait par Raphaël. (Note de l’éditewr..)

$ LATE D vie LE

bn d

Eee qe LOS amer “ru

Ce fut certainement Raphaël qui fit le plan de cette maison, d'autant mieux qué l'ordonnance générale et la saillie du profil des corniches concordent parfaitement avec d’autres œuvres architecturales du maître , et notamment avec le palais Coldrolini. La maison de Raphaël était située à l'extrémité de la Via di Borgo Nuovo, près de la place Saint-Pierre, ais 1l n’en reste plus aujourd’hüi qu’un seul pilier qui en faisait l’encoigure; rébâtié en entier ét agrändié, elle porte aujourd’hui le nom de Palazzo Accoraïbonj. Le plan dé cette maison nous à été conservé par üunëé gravure qui fut publiée par Ant. Lafreri, en 1549, avec cette inscriptiôn : Raph. Urbinat. ex lapide coctili Romæ extructum. D'après l'échelle métrique qui est jointe à ce plan, l’édifice avait 405 palmes de facade; l'étage inférieur, 30 palmes de hauteur, et le premier étage, 34 palmes 6. L’étage du rez-de-chaussée, bâti dans le genre rustique, avait cinq portes voûtées, dont celle du milieu servait de principale entrée et les quatre autres cConduisaient à des boutiques. L’étage supérieur était orné de colonnes doriques accouplées et engagées dañis le mur, avec des corniches du même ordre et cinq fenêtres à balüstrades et à frontons. Tout le bâtiment avait un caractère plein de noblesse, tout à fait digne de Raphaël. D’après la lettre, déjà citée, de M. A. Michiel de Ser Vettor, Raphaël aurait légué sa maison au cardinal da Bibieña. Cette assertion pourrait cependant paraître mal fondée, puisque le cardinal n’a pas habité cette maison ét qu’il mourut au Vatican, le 9 novembre 1520, n’ayant jamais, comme lé rapporte Pâris dé Grassi, possédé de domicile à Rome. Ajoutons qu’on eut même dé là peiné à trouver un local convenable dans le Borgo pour y exposer publiquement ses restes mortels. Mais cependant Visconti suppose qu’au moment de la mort du cardinal la maison de Raphaël était encore remplie de ses ouvräges d’art et de ses meubles, et qu’on n'y eût pas trouvé plate pour une exposition funèbre aussi solennelle, où bien que ladite maison était déjà occupée par la famille Bibiena, qui ne se sera pas souciée d'y recevoir le corps du défuñt. En outre, il est certain que cette iMaisoh porta plus tard 16 nom de Palazzo Bibiena. C'est en raison de cette dénomination que Martinelli, dans son ouvrage intitulé : Le Cuse meravigliose della città di Roma , 1589, et d’autres écrivains après lui sont tombés dans cette erreur, que Raphaël avait habité la maison du cardinal da Bibiena et qu’il ÿ était mort! Pietro Ferrerio, datis sa Raccolta dei Palazzi di Roma (pl. 15), commet uné autre erreur, quand il présente le palais dé Giov. Battista Branconio dell” Aquila comme ayant été celui de Raphaël. Cette erreur à été répétée aussi par Sandrart, Comolli, Fea et par nous-même, jusqu’à ce que Visconti éût découvert la gravure, publiée d’abord par Lafrerio et ensuite par Pontani, gravure qui nous a fait connaître quelle était réellement la maison de Raphaël.

Page 1