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dessins. Il paraît que Raphaël lui-même avait pris grand soin de conserver ses étudés, car il en existe un assez grand nombre de celles qu'il a faites dans sà jeunésse, ét qui alors né pouvaient avoir de valeur qué pour lui-même. Bientôt cependant les artistés ét les arnäteurs les rechérchèrent avec avidité. Son compatriote et ami, Timoteo Viti, en possédait un nombre considérable, Qui lui furent donnés par le maître lui-même, et que sa famille conserva religieusement pendant deux siècles. C'est seulement en 1714 que M. Crozat, de Paris, fit l'acquisition d’une partie de ces dessins, et le reste né fut vendu qü'én 1823 par le dermier héritier dé Timoteo Viti, le marquis Antaldo Anñtaldi, d’Urbin, à M. Woodburn, de Londres. Actuellement ces dessins sont dispersés dans toutes les parties de l’Europe. Une autre collection de déssins du maître fut réunie par George Vasari, vers lé milieu du seizièrmé siècle ; élle passa en grande partie dans le Cabinet des dessins dé la galerie dé Florénce. Le roi d’Angleterré Charles [er et lé comte d’Arundél aväient également de très-beaux dessins de Raphaël, qui furent acquis en Italie ét probablement du duc de Mantoue, dont la colléction sé composait en grande partie des dessins qué Raphaël avait légués à Jules Romain. Après la mort du roi d’Angletérré, tous lés objets d’art qu'il possédait furent vendus publiquémént, à l’éxception des sept cartons des tapisseries de Hämpton Court. La collection dé dessins fut éparpillée dans tous les pays, ét il n’en resta en Angléterré qu'un très-petit nombre, qu’on retrouva dans les catalogues de P. Lely, de Sir Joshua Reynolds, dé Sir Richardson, de lord Sommers, de Benj. West ét d'autres. Uné grande partie des dessins de Raphaël qui avaient appartenu à Charles [er fut acquise par M. Jabach, de Cologne, qui les céda plus tard à Louis XIV '. Mais la plus riche colléction de dessins qui fut jamais réunie était celle qu'avait formée M. Crozat, dé 4683 à 1740, et dans laquelle Mariette, qui en à fait un catalogue, en mentionne cent cinquante dé Raphaël. Ces dessins furent vendus à vil prix après la mort de M. Crozat , ét
1. Voyez l’Inventaire des dessins de Raphaël qui faisaient partie de la collection Jabach, dans la Revue universelle des Arts, par M. Paul Lacroix, Paris, 1855, t. 1, p. 105-126.
AVERTISSEMENT. 403 dispersés. Mariette en avait acheté trente-cinq; et les autres, outre ceux acquis pour le Gabinet du roi de France, passèrent dans les Cabinets de Saint-Pétersbourg, de Stockholm et de Vienne. Dans cette dernière ville sé formèrent, vers le commencement de notre siècle, plusieurs belles collections de dessins, entre autres celles du duc Albert Teschen, des princes d’'Eszterhazy et de Ligne, et du comte de Fries. À Paris, on citait avec éloges les collections de Saint-Morys, de Lagoy, de Revil, de Paignon- Dijonval, de Brunet-Denon et autres. Néanmoins, malgré cette dispersion des dessins de Raphaël, il en était encore resté beaucoup en Italie. Quelques-uns de ces derniers furent acquis, vers la fin du dix-huitième siècle, pour le roi d'Angleterre; mais ce sont surtout les commissaires de la République française, M. Wicar, de Lille, et M. À. Fedi, de Florence, qui surent encore en trouver çà et là en Italie un grand nombre, et des plus beaux du maître, lesquels passèrent presque tous en Angleterre, car M. Ottley acheta la moitié de la collection du peintre Fedi, et le marchand collectionneur M. Samuel Woodburn, de Londres, celle de M. Wicar. Mais plus tard cé dernier fit l'acquisition du resté de la collection Fedi, et légua à Lille, sa ville natale, ces dessins, avec tout ce qu’il possédait encore d’objets d’art. Le musée de Montpellier, fondé par le peintre Fabre, possède aussi quelques beaux dessins de Raphaël. En Hollande, nous trouvons également des dessins de Raphaël dans le musée fondé par M. Teyler, à Haarlem. Cependant, de nos jours, l’amateur le plus passionné des dessins de maîtres, et notamment des dessins de Raphaël, fut Sir Thomas Lawrence, président de l’Académie royale des Beaux-Arts de Londres. Il possédait plus de cent trente dessins de Raphaël, dont plus de la moitié étaient authentiques. Après là mort de ce célèbre collectionneur, tous ses dessins furent achetés par MM. Woodburn, qui en vendirent une partie au prince d'Orange, depuis Guillaume If, roi de Hollande, et l’autre partie à l’université d'Oxford, La première de ces collections n'existe déjà plus; elle fut vendue à La Haye en 1850, et dispersée en Angleterre, en France et en Allemagne; quelques dessins restèrent toutefois en Hollande. Comme on l’a
vu, ce sont aujourd’hui les collections publiques des différentes capitales de l’Europe qui possèdent la plus grande partie des dessins de Raphaël; mais, chose digne de remarque, Rome, où le génie du maître a créé tant de chefs-d’œuvre, Rome, disonsnous avec regret, n’a presque pas de dessins de Raphaël.
Pour rendre ce Catalogue aussi complet que possible, nous y avons décrit ou mentionné certains dessins qui se trouvaient autrefois dans les collections Crozat, Saint-Morys, Lawrence, etc., et dont les propriétaires actuels nous sont inconnus.
Nous avons aussi indiqué, à la suite de chaque dessin qui a été reproduit par la gravure, l’auteur et la date de la reproduction.
Nous donnons ci-après, par ordre chronologique, l’'énumération des ouvrages ou recueils spéciaux, contenant des gravures, ou des lithographies, ou des photographies , d’après des dessins de Raphaël :
4. Recueil d'estampes d'aprés les plus beaux tableaux, etc. Ouvrage connu sous le nom de Cabinet Crozat. Paris, 1729-1742, 2 vol. in-fol.
2. Bernard Picart. Impostures innocentes, ou Recueil d'estampes gravées dans le goùüt de différents maitres célèbres des trois écoles, etc. Amsterdam, 1734, petit in-fol.
3. Arthur Pond and Knapton. Prints from drawings. London, 173%, in-fol.
4. C. Rogers. À Collection of prints in imitation of drawings, etc. London, 1778, in-fol.
5. Andrea Scacciati e Stefano Mulinari. Disegni originali d'eccellenti pittori esistenti nella real galleriu di Firenze. Firenze, 1766, 1774, 1778, 1782 ; 4 vol. in-fol.
6. M. Cath et J. Theod. Prestel. Recueil d'estampes d'aprés les dessins du cabinet de Praun. Nuremberg, 1776-1778, in-fol.
7. Krahe. Nouvelle collection d'estampes, contenant cinquante piéces, eaux-fortes d'aprés les dessins orig. tirés de la collection de l'Académie élec. palatine des Beaux-Arts à Düsseldorf. Düsseldorf, 1781, in-fol.
8. JS. Chamberlaine. Imitations of original designs, etc., in His Majesty's collection. London, 1796, 2 vol. in-fol.
9. €. Metz. Imitations of ancient and modern drawings. London, 1798, 1 vol. in-fol.