‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 304 sur 407 · DANS L'ORDRE DES PAYS ET DES COLLECTIONS OÙ LS SE TROUVENT · texte numérisé non relu

DANS L'ORDRE DES PAYS ET DES COLLECTIONS OÙ LS SE TROUVENT

AVERTISSEMENT

Quoique ce Catalogue ne puisse encore être considéré comme absolument complet, nous croyons cependant qu’il n’y manque plus qu’un très-petit nombre des dessins existants de Raphaël. Il en reste peut-être à décrire quelques-uns dans les cabinets de Saint- Pétersbourg, de Turin, de Naples et dans quelques collections particulières en Angleterre, en France et en Italie. Ce Catalogue n'indique, à quelques exceptions près, que des dessins dont l’auteur de ee livre a reconnu lui-même l'originalité. S'il avait voulu s’en rapporter aux catalogues ou bien aux indications données par les propriétaires eux-mêmes, il aurait pu facilement doubler l'étendue de ce Catalogue. Partout où cela était possible, nous avons ajouté des renseignements sur l’origine des dessins, de même que sur Îles

copies. Afin de faciliter les recherches, nous avons, dans chaque

grande collection, rangé les dessins d’après l’ordre chronologique des sujets, en adoptant ces différentes divisions : Ancien Testament, Nouveau Testament, Saintes Familles et Madones, Histoire de la Vierge, Saints et Sibylles, Esquisses pour les fresques du Vatican, Sujets mythologiques, Allégories, Histoire profane, Batailles, Études et Esquisses, Portraits et Têtes, Paysage et Architecture. — Puis, de même que pour les peintures, nous avons jugé utile de continuer la série des numéros à travers toutes les collections. Raphaël n’a pas toujours suiyi le même procédé matériel pour l’exécution de ses dessins. Tantôt ils sont à la plume, tantôt à la pierre noire, tantôt à la sépia, etc. Toutefois, en comparant entre eux les dessins qui nous sont connus, nous pouvons établir que, dans l'atelier du Pérugin, il dessinait à la plume, comme on le voit dans son Livre d’esquisses conservé à Venise, et qu’il employait parfois un lavis brun pour ses esquisses et de la pierre noïre pour ses études, comme dans celles de son Couronnement de la Vierge. Ensuite, il se servait de la sépia, et rarement du bistre, pour les ombres de ses esquisses; car nous ne connaissons guère, en fait de dessins lavés au bistre, que ses compositions pour les peintures que le Pinturicchio exécuta à Sienne. À Florence, il imita parfois la manière de Léonard de Vinci en teintant son papier, afin de dessiner à la pointe d’argent et de rehausser avec du blanc. Le Livre d’esquisses de Venise contient plusieurs dessins traités de cette manière. Mais c’est toujours de la plume qu’il se servait principalement pour ses esquisses, ainsi que le prouvent celles de la Mise au Tombeau et celles de beaucoup de Madones. À Rome, il dessina ses compositions et études pour la première chambre du Vatican en partie avec la plume, en partie avec la pointe d’argent ou la pierre noire. Ses dessins terminés, dont le trait est ordinairement à la plume, sont teintés à la sépia et rehaussés de blanc. Plus tard, il employa de préférence pour ses études la sanguine claire, quoiqu'il en fit toujours beaucoup à la pierre noire. Ses cartons pour les peintures sont toujours des-

sinés au fusain et à la pierre noire,un peu estompés et rehaussés de blanc,

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AVERTISSEMENT. 401 Les dessins de Raphaël, outre la beauté de la composition, la vivacité et le charme de l’expression, sont encore admirables par la sûreté, la pureté et la correction du trait, qui est toujours plein de vie et de grâce. Ses études d’après nature sont naïves d'imitation et dune serupuleuse vérité, mais larges de faire, et elles portent toutes l'empreinte d’une constante recherche de la beauté dans lesformes. Sa manière de faire est toujours simple, et, malgré maints repentirs, son dessin n’est jamais tourmenté ; un contour fermement accentué, quelques hachures obliques, seulement croisées dans les parties les plus vigoureuses, lui suflisaient pour atteindre son but. Sauf de rares exceptions, il ne faisait ses dessins que pour devenir en quelque sorte maître de son sujet, et afin de n'être pas arrêté dans l'exécution de sa peinture ; il ne terminait complétement un dessin que pour obéir à une circonstance particulière. C’est ainsi que le beau dessin de la Rencontre d’Attila avec Léon Ier était destiné à être présenté à Léon X, et que le dessin, si précieux de fini, de la Sainte Cène (dans la collection royale d'Angleterre) devait servir d’original à la gravure de Marc-Antoine. Mais ce sont là, comme nous l’avons fait remarquer, de rares exceptions, et même, en général, Marc- Antoine à toujours gravé ses estampes d’après les esquisses de Raphaël. Grand dessinateur qu'il était lui-même, il savait deviner le maître dans ses plus légères indications ; c’est là ce qui a donné à ses œuvres ce cachet d'esprit et d’adresse, qui contraste tellement avec la servile, froide et souvent ignorante imitation technique de ses successeurs. Nous devons ajouter que même les dessins les plus achevés de Raphaël ne le sont cependant pas autant que quelques merveilleux dessins de Michel-Ange et de Léonard de Vinci; mais, en revanche, les esquisses de Raphaël révèlent une sûreté de main, une intelligence de la beauté des formes et une richesse de sentiment incomparables, et, par-dessus tout, cette facilité d'exécution qui le distingue des plus grands maîtres anciens et modernes.

Il ne sera pas sans intérêt pour les amateurs des dessins de Raphaël de tronver ici quelques détails sur la destinée de ces

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