‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 328 sur 407 · DANS LE CABINET DU ROI, A DRESDE · texte numérisé non relu

DANS LE CABINET DU ROI, A DRESDE

263. Le Massacre des Innocents. — Semblable à la gravure de Marc- Antoine, moins le petit sapin. Bartsch, t. XIV, n° 20. Sur papier gris, à la sanguine, légèrement lavé à la sépia et rehaussé de blanc. Le ciel, dont on a coupé un morceau, a été retouché à la gouache par une main habile ; mais, par suite de ces retouches, il ne se rapporte plus à la gravure de Marc-Antoine, ni à la manière de Raphaël ; en outre, dans tout le dessin, on remarque çà et là quelques autres retouches. Disons tout d’abord que ce dessin se distingue de tous ceux qu'on attribue à Raphaël par un fini poussé à l'extrême, qui n’a pas d’analogue dans les œuvres du maitre. On

452 CATALOGUE DES DESSINS DE RAPHAEL y remarque aussi une observation de la perspective aérienne qui n’est nullement dans le caractère des dessins de Raphaël et qu’on ne trouve pas au même degré dans ses peintures. Ces contradictions évidentes ont naturellement fait naître des doutes dans l’esprit des connaisseurs, mais ce dessin est si beau, qu’on hésite à se prononcer pour ou contre. Si on veut admettre que c’est bien là un ouvrage de Raphaël, mais qu’il a été retravaillé depuis, il faut avouer qu’un véritable maître a pu seul mettre Ja main à ce chef-d'œuvre après Raphaël et se pénétrer de son esprit, avec une intelligence digne de Marc-Antoine lui-même ; le dessin est excellent, plein de vérité et de vie dans l'expression. Ces qualités sont même si surprenantes, qu’on rapporte que le graveur, Raphaël Morghen, après avoir longtemps examiné ce dessin, finit par dire « qu’il était presque fâché d’en avoir eu connaissance, » à cause de son enthousiasme pour les anciennes estampes qui reproduisent cette composition. Le comte de Sternberg avait vu ce dessin en Hollande, où, selon une tradition que nous donnons sous toute réserve, il aurait appartenu au grand peintre Rembrandt van Ryn, qui fut aussi un ardent collectionneur ‘ ; puis, au bourgmestre Six, à Amsterdam. Le défunt roi de Saxe l’acquit du docteur Huybens, à Cologne, moyennant 2,500 thalers.

Outre les anciennes gravures que nous indiquerons en leur lieu et place, nous en possédons encore une, faite en 1836, d’après ce dessin, par Moritz Steinla. Infolio en largeur.

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