‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 327 sur 407 · IL · texte numérisé non relu

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à la crinière de son cheval, lequel, s’élançant contre un autre cheval, le mord au poitrail. Le cavalier, monté sur ce second cheval, se penche fortement à sa gauche et tient un tronçon de lance dans sa main droite. Au centre, un cavalier, vu de face, sur un cheval qui se cabre, élève son bras gauche et semble vouloir se diriger contre le quatrième cavalier, qui traverse le premier plan et que l’on voit par derrière ; il tourne la tête à gauche, tient sa lance en arrêt avec la main droite et étend la gauche vers le cheval qui se trouve devant lui. Toutes les figures sont nues. Dessin plein de vie et d’esprit, légèrement indiqué à la sanguine et terminé avec des hachures à l'encre. On doit regretter qu’il ait été découpé en suivant les contours dans la partie supérieure et collé sur un autre papier. H. 14°; 1. 11”. Il semble que Raphaël, dans cette composition, se soit rappelé le Combat pour l’étendard, de Léonard de Vinci, sans avoir toutefois intention de limiter. Là manière de faire indique aussi sa première époque florentine. ;

258. Le rebord d'un plat. — Ce dessin, destiné à servir de modéle pour l'entourage ornemental d’un plat rond, a environ trois pouces et demi de largeur et présente la riche composition que nous allons décrire : Neptune est debout sur un char au milieu de la mer et balance le trident en sa main droite, tandis que de la gauche il tient les rênes de deux chevaux marins. Derrière ces figures, on voit encore une figure d'homme tenant une torche. De l’autre côté du char, deux autres chevaux marins se mordent l’un l’aütre et sont tenus en bride par une figure de centaure qui souffle dans une conque. Plus loin, à droite, est une belle néréide assise sur un dauphin, et, derrière elle, un enfant, dont la partie inférieure du corps se termine en poisson, lance des flammes avec une trompette. Puis un Amour, monté sur un monstre marin fantastique, embouche également une trompe enflammée. Cet Amour est suivi d’un jeune homme assis sur un char et tenant en main un aviron, tandis qu’un homme, vu de dos et dans un beau mouvement, s’appuie au bord du char et le dirige sur les flots. Devant ce groupe est assis un homme qui lutte avec un monstre aquatique ; un Amour voltige au-dessus de lui. Un homme au corps de poisson nage auprès, entourant de ses bras le cou d’un autre homme marin, et un jeune garçon, portant une branche de palmier, est assis sur un troisième char. Le cortége s’avance gaiement, et une femme qui nage est guidée par un jeune triton qui l’'embrasse ; Sylène, entre deux hommes qui le soutiennent, est assis sur une tortue, et tient deux vases remplis de vin. Le groupe d’un enfant debout sur un dauphin et enlaçant un cygne est surtout d’une grâce charmante. Ces dernières figures se rencontrent avec les chevaux de Neptune, qui se cabrent et en semblent effrayés.

Le demi-cercle de ce dessin a environ 45 pouces de diamètre, le cintre

est vide, le rebord esquissé à la sanguine et terminé avec infiniment d’esprit à la plume. Il est probable que Raphaël exécuta ce précieux dessin pour Agostino Chigi, puisque nous savons, par un document du 10 novembre 4510 (cité plus haut, p. 373), que ce protecteur des arts fit exécuter, en 1510 , deux plats en bronze, de la grandeur de quatre palmes, par Cesarino di Francesco Rosetti de Pérouse, d’après les dessins du maitre.

259. Êve. — Vue de dos, debout contre un arbre, tenant Ja pomme dans la main gauche. Légère esquisse à la plume. Petit m-folio.

260. La Vierge avec l'Enfant. — Ce dessin, malheureusement trèsrogné, ne contient plus à présent que la tête de la Vierge et celle de l'enfant Jésus, si proches l’une de l’autre que les joues se touchent. Beau dessin à la pierre noire. La tête de la mère a été retravaillée. H, 2° 6”; L:27:.

261. Trois enfants ailés. — Et la tête d’un quatrième dans des nuages.

Légère esquisse à la plume. In-40. Collection Richardson.

262. Martyre de sainte Félicité, ou plutôt de sainte Cécile. — Presque entièrement semblable à la gravure de Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 117. Les légères différences qu’on remarque entre cette gravure et le dessin consistent surtout en ce que les deux hommes tenant les têtes coupées sont un peu plus éloignés de l'homme à genoux; ces deux hommes ont ici le même mouvement de jambes, tandis que dans la gravure de Marc-Antoine ce mouvement est différent. La femme qui a la tête couverte, à droite, est aussi plus mouvementée que dans cette gravure. Ce dessin, qui à beaucoup souffert, a été tellement retravaillé qu’on ne peut même plus reconnaître si c’est un ouvrage de Raphaël. A la plume, lavé à la sépia et rehaussé de blanc. Provenant de la collection Winckler de Leipzig, dans le catalogue de laquelle il était donné comme étant d’Albrecht Dürer. Nous avons déjà signalé une copie de ce dessin dans la collection Albertine à Vienne.

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