DANS LA COLLECTION ROYALE DE STOCKHOLM
Cette riche collection de dessins de maîtres anciens fut rassemblée par le comte Tessin pour le roi Gustave IE, et la plus grande partie de ces dessins provient du cabinet Crozat. D’autres dessins, que le comte avait réunis en Italie, furent acquis, après sa mort, pour le roi de Suède. Parmi les vingt dessins qu’on attribue à Raphaël dans cette collection, six sont réellement du maître; les autres ne sont que de son école.
311. L'Adoration des Mages. — Esquisse spirituellement exécutée à la plume pour la predella de 1503, qui est au Vatican. Ce dessin ne présente qu’une partie de la composition; le cheval, qui est à gauche dans le tableau, manque ici. Collection Crozat, n° 100. In-folio en largeur.
312. Études pour plusieurs figures. — Dessinées à la plume vers 1505. Au bas, à gauche, est la demi-figure d’un évêque à barbe, qui lit dans un livre. Sa pose ressemble beaucoup à celle du saint Nicolas de Bari dans le tableau d’autel qu’on voit au château de Blenheim; ce doit être une première étude pour cette figure. Au-dessus de l’évêque est un vieillard assis, qui s'appuie surun bâton. Enfin, sur la même feuille, un jeune moine, le regard élevé, et écrivant sous la dictée d’un ange qui est derrière lui. In-folio.
313. Saint Jean évangéliste. — Vieux. Il est assis, écrivant dans un livre qu’il tient devant lui et tenant l’écritoire dans sa main gauche. Il est tourné vers le côté droit , l’aigle à ses pieds. La draperie est encore traitée dans la manière du Pérugin, mais les pieds et les mains sont d’un dessin beaucoup mieux senti. À la plume. In-4°. Au verso, l'étude à la sanguine d'un dos d’homme, mais tellement retravaillée, que rien n'autorise à l’atiribuer à Raphaël.
314. Un jeune homme. — Le regard levé vers le haut. Au bas, une étude, plus achevée, de deux bras pour la même figure, Beau dessin à la pointe de métal, rehaussé de blanc, dans la manière florentine de Raphaël. Jn-40.
315. La sainte Vierge. — Elle présente des fleurs à l'enfant Jésus qui les prend en regardant sa mère. A droite, deux anges en adoration. Esquisse à la plume. In-4,
316. Joseph à genoux devant Pharaon. — Il y a quatre figures de chaque côté. Composition de frise peinte en grisaille dans l’embrasure d’une fenêtre de la salle d'Héliodore. Dessin à la plume, lavé à la sépia et rehaussé de blanc. Collection Crozat, n° 119.
Au nombre des dessins mal attribués à Raphaël, mais qui au moins sont traités dans sa manière, les suivants nous semblent les plus intéressants.
a.) Saint George à cheval. — I] frappe de sa lance le dragon. Dessin à la plume, très-terminé. Au verso, esquisse d’après une femme couchée et dormant avec son enfant sur un tertre. Collections Montarsis et Crozat, L° 424.
b.) L'Annonciation. — La sainte Vierge est debout et l’ange à genoux devant elle; dans le haut, Dieu le Père envoie le Saint-Esprit. Beau dessin à la plume, dans la manière florentine de Raphaël. Au verso, l’esquisse à la plume pour l'Ascension de la Vierge. Grand in-folio. Collection Crozat, n°127,
c.) L'Adoration des bergers. — La sainte Vierge est à genoux devant l'enfant Jésus, et celui-ci tourné du côté gauche vers les bergers. Saint Joseph est assis à la droite. Lavé à la sépia et rehaussé de blanc. Au verso, la même composition, mais légèrement esquissée. In-4°.
d.) Thésée tue le dragon. — Ce dragon avait dévoré les compagnons de Thésée, descendus à terre pour chercher de l'eau afin de bâtir la ville d'Athènes. Dessin d’un élève de Raphaël, lavé au bistre et rehaussé de blanc. Au verso, un Griffon à la plume.
e.) Hercule tue le lion. — Copie d’après Jules Romain. Dessin lavé au bistre.
[.) Cinq paysages. — Deux vues de villes, des rochers, etc.; puis, trois dessins de petite dimension, dont l’un représente l’intérieur d’une chambre. Tous ces dessins à la plume ont quelque rapport avec ceux du même genre que faisait Raphaël dans sa jeunesse, mais ils sont bien plus travaillés.
g.) Un ornement avec deux oiseaux, d'aprés l'antique. — Dessin à la plume dans la manière de Giovanni da Udine.
h.) Téte de jeune femme. — Avec des cheveux tombants et couverte d'un voile. Vue presque de profil et tournée vers le côté gauche. A la
pierre noire et légèrement colorée. Ce dessin est, avec raison, attribué à Timoteo Viti; cependant un écrivain très-estimé croit y reconnaître le modèle qui a servi pour la tête de la Vierge au Chardonneret.