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COLLECTION DU LOUVRE, A PARIS

Parmi le grand nombre de dessins attribués à Raphaël qui se trouvent dans cette riche collection de trente-six mille pièces environ, il y en a environ trente qui sont Imcontestablement du maître. Ils proviennent, en partie, des collections Crozat, comte de Caylus et Mariette ?. Les dessins de feu M. de Saint-Morys devaient également passer dans ce musée en 1810, mais ils n’y arrivèrent pas tous, car la plupart sont actuellement en Angleterre. Six dessins de Raphaël furent achetés en 1850, à la vente des objets d’art de feu le rot Guillaume II, à La Haye. Lors de notre dernier séjour à Paris, en 1852, nous avons été mis à même, grâce à l’obligeance de M. de Reiset, conservateur de la collection des dessins du Louvre, de dresser un catalogue complet des œuvres de Raphaël qui s’y trouvent, faveur qu’il nous avait été impossible d’obtenir en 1831 et 1847, sous la direction de M. de Cailleux, qui prétendait que le Louvre ne possédait pas d’autres dessins de Raphaël que ceux alors exposés au public?, parmi lesquels on n’en comptait pas plus de dix authentiques.

1. On ne sait ce que sont devenus les dessins de Raphaël provenant de la collection Jabach, achetés pour Louis XIV. Beaucoup de ces dessins n'étaient sans doute que des copies; mais il y en avait de véritables qui ont été volés. Voyez dans les additions de l'éditeur, à la suite de l’Appendice de ce volume, une notice sur la vente de la collection Jabach. (Note de l'éditeur.)

2, Nous regrettons de trouver ici une assertion qui semble défavorable à M. de Cailleux, que nous nous plaisons, au contraire, à replacer au milieu des souvenirs de haute estime et de respect qu’il a laissés pendant sa direction des musées royaux. Nous pensons que M. Passavant n’a pas bien compris les objections de M de Cailleux, qui ne pouvait alors autoriser les recherches du savant étranger au milieu des soixante mille dessins que possède le Louvre, et qu’on n’avait pas encore classés. Le Catalogue des dessins, publié en 1841, décrivait vingt-trois dessins attribués à Raphaël, sans compter quatre dessins de son école. Il est fächeux que le nouveau Catalogue n’ait pas encore paru, quoique le savant conservateur des dessins, M. Frédéric Reiset, ait fait, depuis, un classement général de la collection confiée à ses soins. Dans ce classement, une partie des dessins attribués à Raphaël par les précédents conservateurs du musée , a été reléguée parmi les copies et est rentrée dans les cartons. (Note de l’édileur.)

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Sujets du Vieux Testament.

317. La coupe de Joseph trouvée dans le sac de Benjamin. — Cinq des frères de Joseph et le petit Benjamin au côté droit ; au milieu est posé le sac de blé dans lequel un homme vient de trouver la coupe de Joseph. A gauche, il y a cinq autres hommes dont l’un cherche à soulever un sac. Légère esquisse à la plume. In-folio en largeur. Collection Crozat.

Gravé à l’eau-forte, en contre-partie, par le comte de Caylus. — Landon, na 2212 Fe

318. Moïse traversant la mer Rouge. — Première pensée pour la fresque des Loges du Vatican. Dessin à la plume, lavé à la sépia et rehaussé de blanc. In-4. Collections Jabach, Crozat, C. Jennings, Willes, Duroveray, Dimsdale, Lawrence et roi des Pays-Bas. Une copie de ce dessin, lavée au bistre, se trouvait dans la collection de M.W. Roscoe, à Liverpool, et une autre sur papier rose se voit encore dans la collection Albertine à Vienne.

319. Dieu donne à Moîse les tables de la loi. — Dessin à la plume et lavé au bistre. Première pensée pour la fresque des Loges du Vatican. Petit In-4° ?,

Sujets du Nouveau l'estament,

320. L'Annonciation. — La Vierge est assise sous un portique à gauche et l’ange est agenouillé à droite. Carton pour le petit tableau de la predella qui se trouvait sous le tableau du Couronnement de la Vierge, de l’année 1503, au Vatican. Dessin à la plume, lavé à la sépia et piqué aux contours pour être transporté sur le panneau. H. 11” 3°”; 1. 46” 9°”. Collections Ottley, Lawrence et roi des Pays-Bas.

321. Études pour deux figures de la Transfiguration. — Ce sont des figures nues pour les deux disciples de Jésus-Christ placés au bas de la montagne ; savoir, pour le jeune homme qui avance la tête et pour l’apôtre qui indique du geste le haut du sujet. Très-belle étude à la sanguine. In-folio. Collection Crozat,.

Gravée par le comte de Caylus ?.

322. Conduis mon troupeau. — Première pensée pour un des cartons qui se trouvent en Angleterre et qui ont été exécutés en tapisseries. Jésus- Christ, qui a donné à saint Pierre les clefs, symbole de la puissance pontificale, montre de la main le côté où dans le carton se trouvent les brebis, mais qui ne sont point indiquées ici. Ce dessin à la plume, lavé à la sépia

1. Ce dessin, qui faisait partie de l’ancienne collection du roi depuis la vente de Crozat, puisqu'il a été gravé par Landon, n’est pas décrit dans le Catalogue des dessins de 1841. (Note de l'éditeur.)

2. Ce dessin porte le n° 566 dans le Catalogue des dessins de 1841. (Note de l'éditeur.)

3. Ce dessin porte le n° 577 dans le Catalogue des dessins de 1841. (Note de l'éditeur.)

et rehaussé de blanc, est un peu lourd d’exécution, mais paraît avoir été retravaillé. In-folio en largeur. Collections de Stella, de Coypel et du

Régent.

Gravé en clair-obscur par P.-P.-A. Robert et N. Le Sueur. N° 40 du Cabinet Croxzat.

Il existe encore un autre dessin du même sujet traité de la même mapière, lequel passa de la collection Odescalchi à Rome dans celle du duc d'Orléans et qui a été gravé en clair-obscur par Jackson. Peut-être est-ce l'original. La collection de Florence possède une copie de ce dessin.

Gravée par S. Mulinari, pour l’ouvrage de A. Scacciati, intitulé : Disegni origimali, elc., nella R, Galleria di Firenze (Firenze, 1766).

323. Jésus-Christ descendu de la croix. — Sa tête repose sur les genoux de la Vierge évanouie et soutenue par deux femmes; une troisième relève le manteau qui couvre sa tête. La partie inférieure du Christ est posée sur les genoux de la Madeleine qui est assise par terre et qui regarde la Vierge. Joseph d’Arimathie se tient à gauche ; saint Jean, les mains jointes, et un autre disciple sont debout au côté droit. Ce beau dessin à la plume a été fait en 1506, lorsque Raphaël inclinait vers la manière florentine. H. 13° 3”; 1. 15” 9”. Collections Mariette, Zanetti, comte de Fries à Vienne, Lawrence et roi des Pays-Bas. Vendu, en dernier lieu, pour 6,900 florins.

Gravé par C. Agricola en 1817, et lithogr. pour la Lawrence Gallery, n° 95. — Gravé par Alph. Leroy, 1853.

324. Sujet tiré de l'Apocalypse (chap. VIE, vers. 2-5). — Dans le haut, le Père Eternel, entouré de sept anges tenant chacun une trompette. Un autre ange, debout au milieu, jette sur la terre les flammes de l’encensoir. Au bas, à gauche, un pape agenouillé, ayant près de lui trois personnes, dont l’une tient la tiare ; à droite, saint Jean l'Évangéliste écrivant ; à ses côtés, un petit ange et un aigle. Cette composition paraît avoir été destinée à l’une des chambres du Vatican, ainsi que l'indique une fenêtre dont la place est marquée au milieu du dessin. C’est probablement une première composition pour le compartiment de la Messe de Bolsène, car, en regardant le dessin au jour, on aperçoit au verso un premier croquis très-sommaire, qui représente évidemment, à l’état d’ébauche, le même sujet que la fresque. Malheureusement, le papier étant en fort mauvais état, il n’est pas possible de le faire dédoubler. Ce dessin est à la plume, lavé et rehaussé de blanc au pinceau. Certaines parties du lavis paraissent porter la trace d’une main étrangère, mais l'invention et la partie la plus importante de l'exécution appartiennent à Raphaël. H. 0,248 mill.; 1. 0,398 mill.

Vierges, Saints et Saintes.

395. La Vierge, demi-figure, assise dans un paysage. — Elle à l'enfant ge, gqure, paysay

EN FRANCE. 467 Jésus sur ses genoux et lit dans un petit livre qu’elle tient de sa main droite. L'enfant, les mains jointes, jette également ses regards sur ce livre. Au revers de la feuille est une esquisse de deux enfants; l’un, qui est à genoux, frappe l’autre qui est assis au côté gauche et qui pleure. Au bas, on voit encore un fragment de tête d'enfant. Ce beau dessin à la plume est de l’année 1504, lorsque Raphaël persistait encore dans la manière du Pérugin. Petit in-4°. Collection Jabach.

Un fac-simile, d’après la Vierge, a été gravé par Frilley; un autre fac-simile, d’après les enfants, par Rosette.

3926. La Vierge assise allaite l'enfant Jésus. — Figure entière. Elle supporte l’enfant sur son genou droit et tient sa main sur son sein que l’enfant presse en regardant le spectateur. Un paysage au fond. Ce charmant dessin, de l’époque florentine de Raphaël, vers 1506, est exécuté à la plume et lavé au bistre. Il à beaucoup souffert et a été restauré avec grand soin. Petit in-folio.

Alphonse Leroy en a fait en 1852 un fac-simile, qui se trouve à présent dans la chalcographie du musée !, — Grav. par H. Dupont, 1854, in-fol.

327. Étude pour deux Vierges. — Celle à gauche est vue de face ; l’enfant Jésus l’embrasse. L'autre, à droite, est une première pensée pour la Vierge de la galerie Bridgewater à Londres. L'enfant a ici le même mouvement que dans le tableau, mais la tête de la Vierge est vue de profil et tournée vers la gauche. Dessin à la plume. In-folio en largeur. Gravé par Dien. Au verso de la même feuille se trouve un autre dessin à la plume, représentant huit hommes nus assiégeant une ville et dont l’un monte à l'échelle; sur le mur on lit : Perusia avgr. Ce dessin est une œuvre de Timoteo Viti dans la manière de Raphaël, manière qu’il imitait parfaitement. Collection Saint-Morys.

328. La Vierge au Panier. — Étude à la pointe d’argent de la Vierge et de l’enfant Jésus; puis, la tête de saint Joseph, un peu plus grande, pour le tableau rond qui passa de la galerie d'Orléans dans celle du duc de Bridgewater à Londres. Petit in-4°. Collections Lagoy, Dimsdale, Lawrence et roi des Pays-Bas.

Gravé en fac-simile par J. Bein en 1852.

329. Étude pour la Vierge de la Grande Sainte Fumille.— Qui est au Louvre ; tableau exécuté en 1518. Dessin à la sanguine. C’est surtout la pose de la figure que le peintre a étudiée dans cette étude faite d’après sa maîtresse assise et demi-nue. In-folio. Collections J. Stella, Crozat et Mariette.

Fac-simile par Butavand. — Landon, n° 217 2.

1. Ce dessin est décrit sous le n° 567 dans le Catalogue des dessins de 1841. (Note de l'éditeur.) 2. Ce dessin, qui était au Louvre depuis longtemps , puisque Landon l’a gravé, porte le

n° 576 dans le Catalogue des dessins de 1841. (Note de l'éditeur.)

330. La Vierge pleurant sur le corps de Jésus-Christ, — Elle est debout, vue de face, et montre le corps du Christ étendu devant elle sur une pierre, près d’un rocher qui s'élève le long du bord gauche du dessin. Très-beau dessin à la pierre noire, lavé et rehaussé de blanc, sur papier gris. In-fol. Collection Jabach. Inventaire de J'École de Raphaël, n° 36.

Gravure d’un élève de Marc-Antoine , et portant le nom de « la Vierge au bras nu. » Bartsch, t. XIV, n° 33.

La beauté de cette gravure, surtout dans l'expression de la tête de la Vierge, est telle, qu’on a émis l’opinion que cette tête pouvait avoir été exécutée au burin par Raphaël lui-même.

331. Téte de Dieu le Père. — Il à la main droite levée pour la bénédiction. De grandeur naturelie. Fragment d’un carton pour la Dispute au Saint-Sacrement. Dessin magistral, au fusain et au crayon noir; les contours ont été piqués. Ce dessin a souffert et a été restauré. Grand in-folio.

Une gravure en contre-partie à été faite pour le Recueil de dessins de M, de Saint-Morys.

332. Les Cinq Saints. — C'est ainsi que l’on nomme une composition représentant le Sauveur aux bras étendus, assis sur un nuage dans une gloire; à ses côtés se trouvent la sainte Vierge en adoration et saint Jean- Baptiste qui montre le Christ. Au bas se tient debout l’apôtre saint Paul et au côté droit sainte Catherine agenouillée. Ce beau dessin, exécuté à la plume, paraît avoir été postérieurement mis à l’effet avec un lavis au bistre; en outre, il a bien souffert.

Gravé par Marc-Antoine, de la même grandeur, in-fol. Voy. Bartsch, ne 113 :.

333. Un apôtre ou saint. — Assis; avec une longue barbe. Il pose sa main gauche sur un livre. Ce dessin a été exécuté vers 1505, à la plume, dans la manière du Pérugin. Sur le verso de la feuille, étude au crayon noir et lavée, d'après une tête d'homme vue de trois quarts. Petit in-8°. Collection Mariette.

334. Les apôtres entourent le tombeau de la Vierge. — C’est l’esquisse pour la partie inférieure du tableau du Couronnement de la Vierge que Raphaël à peint en 1503 pour l’église des Franciscains à Pérouse et qui se trouve actuellement au Vatican. Ce dessin à la plume est très-spirituellement exécuté dans la manière du Pérugin, mais semble être une copie faite par Timoteo Viti. Petit in-folio en largeur. Il se trouvait autrefois dans le volume XVII de l’École florentine, où il était attribué à fra Bartolomeo.

335. Sainte Catherine d'Alexandrie. — Appuyée sur la roue, instrument de son martyre. Demi-figure, presque de grandeur naturelle. C’est le carton du tableau connu par la belle gravure de M. le baron Desnoyers,

1. Ce dessin porte le n° 572 dans le Catalogue des dessins de 1841. (Note de l'éditeur.)

tableau qui se trouve aujourd’hui dans la Galerie Nationale de Londres. Ce ravissant dessin est exécuté aux crayons noir et blanc et ses contours ont été piqués. II a un peu souffert et a été restauré avec soin. H. 54 c. ; oo

Sujets mythologiques et allégoriques,

336. Psyché présente à Vénus le vase contenant l'eau du Styx. — Cette belle étude à la sanguine pour la fresque de la Farnesine a été dessinée par Raphaël d’après sa maîtresse. Elle est nue, à l'exception d’une étoffe légère nouée autour de sa tête, coiffure presque homogène dans toutes les études qu'il a faites d’après elle. In-folio. Collections Malvasia, Crozat et Mariette?.

Fac-simile par Butavand, en 1851.

331. Vénus victriæ. — Elle est debout, vêtue, et s'appuie sur un bouclier, en se tournant vers le côté gauche. Elle tient une boule dans sa main droite et une branche de palmier dans la gauche. De l’autre côté, Hygée, debout, vue de profil, tenant un serpent et une coupe. Léger dessin à la plume, paraissant avoir été fait d’après un bas-relief antique, pour être employé dans les Loges du Vatican. In-folio en largeur.

Gravé en contre-partie par le comte de Caylus*.

338. Mercure. — Debout, à côté d’une femme vêtue et assise. Il donne la main à un homme à gauche. De l’autre côté, on voit devant un bouc un Amour sonnant de la corne. Léger dessin à la plume. In-folio en largeur.

Gravé par le comte de Caylus, lorsque le dessin faisait partie du Cabinet du roi.

Un dessin tout pareil se trouve dans la collection de l'Université d’Oxford. Il est très-beau, et paraît être l'original.

339. Un Amour se balançcant. — Il tient un vase d’où sort une flamme et il tourne la tête vers le côté droit. Ce gracieux dessin à la plume fut exécuté vers 1506, dans la manière florentine du maître. Petite feuille en largeur. Collection Jabach.

340. Apelles calomnié. — Apelles, dit Lucien, impliqué sans raison dans une conjuration contre Ptolémée, roi d'Égypte, peignit, pour se venger de ses persécuteurs, la Crédulité, caractérisée par de longues oreilles. Elle siége entre l’Ignorance et le Soupçon, accueille la Calomnie, qui, sous la figure d’une femme belle et richement parée, s’avance vers elle, armée d’une torche, et traîne par les cheveux lInnocence, dont les

4. N° 574 dans le Catalogue des dessins de 1841. (Note de l'éditeur.)

2. Ce dessin, qui porte le n° 582 dans le Catalogue des dessins de 1841, y est ainsi décrit : « Psyché offre à Vénus le fard de la beauté, demandé par son ordre à Proserpine. » ( Note de l'éditeur.)

3. Ce dessin, qui faisait partie de l’ancienne collection du roi, puisqu'il a été gravé par Caylus, n’est pas décrit dans le Catalogue des dessins de 1841, car on avait négligé d’exposer une partie des dessins, dont les estampes se vendaient à la chalcographie du musée. (Note de l'éditeur.)

yeux et les mains levés vers le ciel semblent en implorer l'assistance. L’Envie, aux yeux louches, au visage hâve et décharné, guide les pas de la Calomnie, qui a pour compagnes la Fraude et l’Artifice, occupées du soin de la parer. Derrière elle vient le Repentir, tardif, en long manteau de deuil, s’arrachant les cheveux, se mordant les doigts à l’aspect de la Vérité qui se montre sans voile et dans tout son éclat. Le beau dessin de Raphaël répond tout à fait à cette description, que nous avons empruntée au Catalogue du Louvre !. 1] est exécuté à la plume et lavé à la sépia. Infolio en largeur. Provenant des collections de Modène et de Crozat.

Gravé au clair-obseur par Ch.-Nic. Cochin et Nicolas Le Sueur pour le Cabinet Crozat. — Eau-forte de V. Denon, avec un fond très-noir. — Landon, n° 472.

341, Figure allégorique du Commerce. — Etude à la sanguine pour une des cariatides peintes en grisailles dans la salle d’Héliodore au Vatican. In-folio. Provenant du Cabinet du roi.

Gravée en contre-partie par le comte de Caylus. — Fac-simile par Butavant, en 1849.

Sujets historiques ct autres, 349. Attila, roi des Huns, marchant contre Rome. — Il recule saisi

d’épouvante à l'aspect de saint Pierre et de saint Paul qui lui apparaissent armés d’épées flamboyantes. Première pensée ou plutôt premier dessin pour la fresque de la salle d’Héliodore au Vatican. Cette composition diffère, en plusieurs parties essentielles, de l'exécution. La différence la plus notable consiste en ce que le groupe du pape, avec sa suite, est relégué dans ce dessin au troisième plan du paysage, tandis que dans la fresque il occupe tout l’avant-plan du côté gauche, lequel est occupé dans le dessin par un groupe très-animé de Huns, dont deux sont à cheval et deux à pied. Ce dessin à la plume, lavé à la sépia et rehaussé de blanc, est d'un fini qu’on rencontre très-rarement dans les œuvres de Raphaël ; il ne l’a traité ainsi que parce qu’il devait être présenté au pape Léon X. L. 23” ; h. 13”. L’Anonyme de Morelli avait vu ce dessin en 1530, chez Gabriele Vendramini à Venise; plus tard, Carlo Maratti l’a possédé, ainsi que le fait est rapporté par Bellori dans la Vie de cet artiste, p. 69 ?.

Gravé, seulement au contour, par le comte de Caylus, de la grandeur de l’original, avec une dédicace italienne à la reine Christine de Suède, par Angelica Renieri. Cette dédicace manque aux épreuves postérieures. In-folio.

343. La Bataille de Constantin contre Maxence. — C’est un des premiers dessins qui existent pour la fresque du Vatican. Ce n’est point une esquisse proprement dite, car on n’y reconnaît pas le jet rapide d’une première inspiration; au contraire, on y sent la réflexion et l'étude des divers

1. Catalogue des dessins de 1841, où ce dessin est classé sous le n° 583. (Nofe de l'éditeur. 2.1 Décrit sous le n° 575 dans le Catalogue des dessins de {841. (Note de l'éditeur.)

EN FRANCE. 471 groupes. Ce dessin diffère, en plusieurs parties, de la fresque ; cette différence est surtout remarquable dans les trois anges et dans le paysage, qui sont seulement indiqués avec la pointe du pinceau. Le bateau, qui contient deux figures de plus que dans le tableau, commence déjà à s’enfoncer. Constantin a ici un aspect plus énergique, et il est plus éloigné des autres figures que dans la fresque. Les têtes des chevaux, de profil, ont une ressemblance frappante avec des chevaux du Parthénon, et elles sont d’un caractère de dessin très-différent de celles que Raphaël a dessinées ou peintes dans ses compositions, ce qui nous porte à croire qu'il avait reçu d'Athènes les dessins de ces sculptures exécutés par un de ses élèves, envoyé par lui, en Grèce, pour y faire des études d’après les antiquités du pays. La ligne générale de la composition ineline vers le côté gauche, ce qui lui donne plus de mouvement qu’elle n’en a dans le tableau. Le centre aussi est plus animé, et on y voit trois drapeaux, tandis que, dans la fresque, il n’y en a qu'un seul. Cet intéressant dessin a d’abord été indiqué avec du crayon noir, terminé ensuite à la plume, lavé au bistre et rehaussé de blanc. 4/13” 8°”; 1. 31° 6°”, y compris la bordure, mesure qui répond à celle de ce même dessin décrit dans le Catalogue des tableaux du cabinet de M. Crozat (Paris, 1755, p. 25 et 26), où nous trouvons la note suivante : « Quatorzième pièce de l'appartement du rez-de-chaussée. daps la ligne d’en bas et au milieu, le dessin de la Bataille de Constantin contre Maxence, par Raphaël d’Urbin, sur papier de 143 pouces de haut sur 2 pieds 7 pouces de large. » La collection de dessins de M. Crozat fut vendue en 1741. Les héritiers de cet amateur n'avaient gardé que le dessin de la Bataille de Constantin et un autre dessin de Golzius. Le premier passa en Russie; car c’est de ce pays qu’il fut envoyé à Paris et offert en vente à la direction du Louvre, qui en fit l’acquisition en 1852. C'est le même dessin probablement dont parle Malvasia, dans sa Felsina Pittrice, p. 522, M. Crozat l'avait acheté de la collection Boschi, à Bologne.

344. Le pape porté en procession. — Le pontife, assis sur un siége, lève sa main droite pour la bénédiction; il à une barbe qui ressemble fort à celle du portrait de Jules II. La procession s’avance vers le côté droit, précédée par le porteur de la croix; deux suisses marchent de chaque côté ; dans le fond, on voit un cardinal monté sur un mulet. Ce sont en tout dix figures, avec l'indication d’un peu d'architecture. Dessin raphaélesque et légèrement exécuté à la plume. In-folio. Collection Saint- Morys.

Gravé en contre-partie pour le Recueil de ses dessins. — Fac-simile gravé par M. F,. Dien, en 1852.

345. Étude d'une tète pour lu Dispute du Saint-Sacrement. — C’est celle du sectaire à l’avant-plan de droite. Sur la même feuille sont encore

des études pour le cou et la draperie, ainsi que quatre mains. Ce beau dessin à la pointe d'argent a souffert un peu et a été restauré. Dans cette tête d'homme, on a cru reconnaître le portait du Bramante, mais c’est une erreur. In-4°, Collections Wicar, Ottley, Lawrence et roi des Pays-Bas.

346. Deux têtes de jeunes hommes. — Deux fragments du carton pour la fresque d'Héliodore. Ce sont les têtes des figures qui se trouvent à côté du cavalier céleste. Ce dessin est magistralement exécuté au crayon noir. Ses contours sont piqués. Il a un peu souffert et a été restauré. In-folio en largeur. Collection Mariette.

347. Portrait d'une jeune femme. — On a dit que ce portrait était celui de la maitresse de Raphaël. C’est une esquisse à la plume, dans l'attitude d’un portrait de Maddalena Doni, qui est au palais Pitti. La tournure générale rappelle celle du portrait de Mona Lisa, par Léonard de Vinci, au Louvre, et confirme le renseignement fourni par Vasari, qui assure que, vers l’année 1506, Raphaël avait cherché à s’approprier la manière du grand artiste florentin. La tête de cette demi-figure est vue de trois quarts, tournée vers la gauche; les mains sont posées l’une sur l’autre. Petit in-folio!.

Gravé par J. Bein, 1850.

348. Trois figures debout. — À gauche, un jeune homme, légèrement vêtu, exprime un sentiment de terreur ; à droite, une femme vêtue paraît agiter un poignard, et tient de la main gauche un enfant debout, vu de dos, qui se tourne vers elle (peut-être une Médée). Ce croquis est fait à la plume large et au premier coup. H. 0,261 mill.; 1. 0,263 mill, Collection de M. Saint-Morys, qui l’a gravé en contre-partie, n° 7 de son œuvre.

349. Une jeune femme assise par terre. — Tenant son enfant sur les genoux. Celui-ci pose sa petite main sur le sein de sa mère, et tous deux regardent un enfant assis et vu de dos. À la droite est répétée la demifigure d’une mère tenant son enfant couché sur ses genoux. À gauche, deux têtes de femmes. Ce beau dessin, légèrement esquissé à la plume, a souffert et a été restauré. In-folio en largeur. Collection Saint-Morys.

Gravé en contre-partie dans le Recueil de ses dessins.

350. Un jeune homme debout, à demi vêtu. — Étude à la sanguine, d’après nature. Il regarde à terre et, se tournant vers le côté drait, élève la main gauche. Ce beau dessin paraît être de l’année 1512. Petit in-folio.

Fac-simile gravé par M. F. Dien, en 1850.

351. Six figures d'hommes. — Parmi lesquelles il y en a quatre assises, qui ont une grande ressemblance avec la figure d'Adam, dans la

1. N° 587 du Catalogue des dessins de 1841. (Nole de l'éditeur.)

EN FRANCE. 473 petite fresque de la salle della Segnatura, au Vatican. Au milieu, un homme debout, étendant le bras et se tournant vers le côté droit, et, dans le haut à gauche, un homme assis qui paraît être une étude pour la figure d’un saint Jean-Baptiste. Dessin librement exécuté à la plume. In-folio.

352. Deux arabesques.— Ces ornements ne sont indiqués que par moitié. Ils contiennent des figures fantastiques, une femme, un enfant et une tête de lion. Ce dessin à la plume paraît avoir été fait pour les Loges du Vatican; mais il resterait encore à décider s’il a été exécuté par Raphaël, car Giovanni da Udine dessinait, à Rome, dans la même manière que son maître, et celui-ci l’a particulièrement employé pour la décoration ornementale des Loges. In-folio. Collections Woodburn et roi des Pays-Bas.

Parmi les dessins du Louvre attribués à Raphaël, il y en a plusieurs qui ont plus ou moins de rapport avec les sièns, mais qui ne sont exécutés que par ses élèves, surtout par Francesco Penni, qu’il associa souvent à ses grands travaux. Penni avait tellement adopté la manière de dessiner de Raphaël, qu’en général ses dessins passent pour des originaux du maître. Nous indiquerons les suivants, qui ont figuré dans la collection du Louvre sous le nom de Raphaël :

a.) Ridolfo, gonfaloniere de Florence. — Harangue le peuple à la porte du vieux palais. Cette composition fait partie des sujets de la Vie de Léon X, qui ont été exécutés, en forme de socle, autour des grandes tapisseries de la Vie des Apôtres pour la chapelle Sixtine. Dessin à la plume, lavé et rehaussé de blanc, par Francesco Penni, lequel, selon Vasari, prit une grande part à cette œuvre. In-folio en Jargeurt.

b.) Le cardinal Jean de Médicis. — Retourne, en 1492, à Florence, en qualité de légat du Saint-Siége , après un exil de dix-huit ans. Cette composition fait également partie des sujets de la Vie de Léon X, ci-dessus mentionnés, et elle est exécutée de la même main et de la même manière que le dessin précédent. On en a plusieurs copies, dont l’une se trouve dans la collection Albertine, à Vienne, lithographiée par 3. Pilizotti. Une autre à passé par les collections Zanetti, Denon, Lawrence et roi des Pays-Bas ?.

Gravée à l’eau-forte par Novelli. — Landon, n° 139.

c.) Des soldats romains montant à l'assaut. — 11s se couvrent de leurs boucliers. Au côté droit, on voit des cavaliers. Dessin pour le socle de la

1. Attribué à Raphaël dans le Catalogue des dessins de 1841, où ce dessin porte le n° 585. (Note de l'éditeur.) 2. N° 584 du Catalogue des dessins de 1841. (Note de l’éditeur.)

474 CATALOGUE DES DESSINS DE RAPHAEL salle de Constantin, au Vatican ; exécuté à la plume, lavé et rehaussé de blanc. In-folio en largeur.

d.) Le corps de Maxence trouvé dans le fleuve.— Le Tibre, allégoriquement personnifié, est assis au côté droit. A gauche, on voit des machines de construction, un éléphant et un chameau. Ce dessin est exécuté de la même manière que le précédent, et fait également partie de la même suite, représentant la Vie de Constantin le Grand. Tous deux sont exécutés par Francesco Penni, quoique exposés maintenant sous le nom de Maturino.

e.) La Foi et la Charité. — La première de ces figures allégoriques tent un livre de la main droite et une croix dans la gauche. À ses côtés sont deux esquisses pour la figure de la Charité. Celle à gauche est assise sur des degrés, ayant un enfant assis à ses pieds. Celle à droite donne le sein à un des enfants: c’est la première pensée pour la figure de la Charité qui est, près du pape Urbain Ier, dans la salle de Constantin. Dessin de Fr. Penni, provenant du Cabinet du roi.

Gravé par le comte de Caylus. — Landon, n° 149.

f.) L'Adoration des bergers. — C’est la composition pour la tapisserie qui est au Vatican, seulement il y a de plus ici, dans le haut, un Dieu le Père entouré d’anges. Grand dessin (in-folio en hauteur) exécuté à la plume, lavé à la sépia et rehaussé de blanc, par Jules Romain.

Gravé par un élève de Marc-Antoine. Voy. Bartsch, t. XV, p. 15, n° 8.

g.) La coupe de Joseph trouvée dans le sac de Benjamin. — Au côté gauche sont neuf figures d'hommes; de l’autre côté, on voit trois ânes. Ge dessin est exécuté dans la manière de Perino del Vaga.

Gravé par Jules Bonasone, avec cette inscription : RA. VR. IN. Puis copié par un anonyme aux initiales P. V. 0. Peut-être Bonasone a-t-il exécuté sa gravure d'après un dessin original de Raphaël.

h.) La Perle orientale. — C’est ainsi que le Père Resta qualifiait un petit dessin représentant un vieillard debout, drapé et vu par derrière, que cet habile connaisseur regardait comme un véritable joyau. Cependant ce dessin, qui a beaucoup souffert, rappelle (du moins autant que lon en saurait juger dans son état actuel) le faire du Parmesan. Il est dessiné à la plume, lavé et rehaussé de blanc. Il a passé de la collection de Marchetti, évêque d’Arezzo, dans celles du Père Resta, de lord Sommers et de Richardson père. Nous devons encore faire remarquer qu’un dessin tout à fait semblable , provenant de la collection Bertels, a figuré dans le cabinet de J. Barnard, et a été vendu, à Londres, en 1787, pour 42 livres sterling !.

Il y a dans ce Catalogue plusieurs autres dessins attribués à Raphaël, et que M. Passavant ne cite même pas parmi les attributions douteuses, Voici quels sont ces dessips :

i.) Noé et Jacob, — Sur le recto de la feuille, on voit Noé assis sur les nuages, tenant une corne d’abondance d'où s’échappent des grappes de raisin. Deux colombes sont près de lui. Des enfants ailés l'entourent et jouent ensemble avec animation. A gauche se trouve un cartouche où se lit le mot NOE; à droite, un autre avec l'inscription : PRIARCHA4. — Au verso, Jacob assis et formant le pendant de Noë. Les enfants tiennent également deux cartouches avec l'inscription : IACOB PRIARCHA. La forme de la composition indique que ces dessins étaient destinés pour des peintures murales au-dessus d’un arc. Ils sont exécutés à la plume très-fine , mais ne répondent pas tout à fait à la manière de Raphaël. Le mouvement des mains surtout est assez maniéré. In-folio en largeur. Collection Mariette.

k.) Figure d'homme nu. — Il est étendu par terre, la tête penchée en avant, les cheveux flottants. Au verso, étude du corps d’un homme nu, assis, les bras dirigés vers la gauche. Beau dessin à la plume, mais que nous ne croyons pas être de Raphaël lui-même. In-folio.

L) Étude pour la Mise au tombeau. — Trois bommes et la Madeleine. Copie d’un dessin à la plume, d’après nature, pour le tableau du palais

565. Laban el Rachel. — Laban vient chercher ses idoles dérobées par Rachel et cachées sous elle. Dessin à la plume et lavé. F

568. La Mulliplicalion des pains. — Dessin lavé et rehaussé de blanc.

570. Le Porlement de croix. — Dessin lavé au bistre et rehaussé de blanc.

572. Marie et Madeleine montent les degrés du trône sur lequel Jésus est assis. — Ce sujet à été gravé par Marc-Antoine. Dessin à la plume, lavé et rehaussé de blanc.

573. La Prédication de saint Paul à Athènes. — Première pensée du carton qui est en Angleterre. Il a été gravé par Marc-Antoine. Dessin à la plume, lavé au bistre et rehaussé de blanc.

578. Têie d'homme, — De grandeur naturelle. Pour le carton qui représente Jésus-Christ donnant à saint Pierre les clefs de l’Église. Dessin au crayon noir, colorié à l’aquarelle.

579. Une têle de femme. — De grandeur naturelle. Pour le carton représentant la Mort d’Ananie, Dessin au crayon noir, colorié à l’aquarelle.

580. Tête d'homme. — De grandeur naturelle. Pour le carton représentant la Mort d’Ananie. Dessiné au crayon noir, colorié à l’aquarelle.

581. Alexandre offre la couronne à Roxane. — Les Amours s'occupent de sa toilette, jouent avec la lance, le bouclier et la cuirasse du héros désarmé. Dessin à la plume, lavé au bistre et rehaussé de blanc.

589. Naissance de la Vierge. — Dessin lavé et rehaussé de blanc, sur papier colorié.

589. Présentalion de la Vierge aw temple. — Dessin lavé et rehaussé de blanc, sur papier colorié.

590. La Vierge à la Chaise. — D’après le tableau de Raphaël conservé à Florence. Peinture en miniature.

591. La Dispule du Saint-Sacrement. — Copie. Dessin à la plume, lavé et rehaussé de blanc. ÿ

Il y a, en outre, dans la collection des dessins du Louvre, un grand nombre de dessins vraiment raphaélesques et longtemps attribués à Raphaël. (Note de l’éditeur.)

Borghèse, à Rome. Dans le dessin, les figures sont plus resserrées que dans la peinture. In-folio. Collection Saint-Morys , qui en a fait une eauforte pour son recueil de dessins de maîtres anciens.

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