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L'École d'Athènes

Dans le bas, à gauche, on voit Pythagore autour duquel se groupent Archytas et plusieurs autres de ses élèves; Anaxagoras, debout; Héraclite

isolé, et Démocrite, entouré de jeunes gens, s’adossant contre le soubassement d'une colonne ; en tout, treize figures, parmi lesquelles le peintre a placé les portraits de Francesco Maria della Rovere, duc d’Urbin, et du jeune prince de Mantoue, Federico II.

Sur les marches, dans le coin à gauche, il y a trois sophistes auprès du groupe de Socrate et de ses auditeurs, parmi lesquels Alcibiade ; en tout, onze figures.

Platon et Aristote occupent le centre de la composition, avec leurs disciples, et parmi ceux d’Aristote nous remarquons Zénon, chef des stoiciens. En tout, seize figures.

Diogène est isolément couché sur les marches. Aristippe passe auprès de lui, en parlant avec Épicure.

Parmi les six figures du côté droit, se trouvent deux philosophes sceptiques, Pyrrhon et Arkesilas, et dans le groupe du bas, composé de neuf figures, nous voyons Euclide, ou Archimède, sous les traits de Bramante, enseignant à quatre jeunes gens les sciences mathématiques.

Ptolémée et Zoroastre, représentant la géographie et l’astronomie, s’entretiennent ensemble auprès de Raphaël et du Pérugin. Voyez la description détaillée de cette fresque dans notre Vie de Raphaël.

Comme nous nous écartons beaucoup, dans la description de ce tableau, des données admises ordinairement, nous ajouterons quelques mots à l'appui de notre opinion.

Il est certain que Raphaël reçut d’un savant les indications nécessaires sur le choix des philosophes qu’il devait placer dans son École d’Athènes. On lui dit certainement aussi de quelle manière il devait les représenter et les grouper. Que ce savant ait été le comte Castiglione, ou Jacopo Sadoleto ou tout autre, on doit supposer qu’il devait connaître le livre, alors très-répandu, de Diogène de Laerte, qui nous donne le plus de renseignements sur la vie des philosophes anciens. C’est donc aussi ce livre que nous avons consulté séparément, en faisant les recherches que demandait la description de cette fresque, et nous avons souvent été frappé du rapport qui existait entre le livre et la peinture.

Ensuite, quant à l’histoire du développement de la philosophie chez les Grecs, nous nous sommes régié d’après l’ordre chronologique qui paraît avoir été suivi également, presque sans exception, par Raphaël.

C’est un fait incontestable que, bientôt après la mort de Raphaël, on cessa de comprendre le véritable sens de son tableau de l'École d'Athènes; ce fait se trouve prouvé surabondamment par toutes les explications qui en ont été faites par les anciens écrivains et les anciens graveurs. Vasari voit, dans cette composition, laréunion de la théologie et de la philosophie au moyen de l'astronomie, et il désigne la figure de Pythagore comme

1, Pages 120 et suiv,

étant celle de l’évangéliste saint Matthieu. Sur la gravure qu'il publia en 41550, Giorgio Mantuano intitule ce tableau : la Dispute de saint Paul avec les stoïciens et les épicuriens. Tomassin ajouta même, dans la planche qu’il grava d’après cette fresque, des auréoles aux têtes de Platon et dlAristote. Borghini (Riposo, p. 316) et Lomazzo (Trattato della pittura, p. 282), dans leurs ouvrages qui parurent la même année (1584), partagent l'opinion de Vasari, et Scanelli (Microcosmo della pittura, tome II, pr. 159) croit reconnaitre dans les figures de Platon et d’Aristote les apôtres saint Pierre et saint Paul prêchant le christianisme aux philosophes grecs.

C’est donc un honneur qui revient à Bellori que d’avoir, le premier, dians sa : Descrizione delle immagini dipinte da Rafaello nelle camere del V'aticano (Roma, 1695), donné une complète et juste explication de cette pieinture. Cependant, en quelques endroits de sa notice qui dénotent un manque absolu de connaissances classiques, il a recueilli des renseignements erronés et des traditions absurdes, lesquels néanmoins ont servi diepuis à défrayer les écrivains sans savoir et sans critique.

C’est à l'ouvrage du professeur Adolphe Trendelenburg (l'École d’Atihènes de Raphael, discours prononcé à la Société des Sciences de Berlin, em 1843) que nous devons l'explication la plus rationnelle de ce tableau. Sioutenu par des études solides et approfondies de la philosophie, l’autœur de ce discours académique a commenté le témoignage de Bellori, en y rattachant une foule d'observations tirées de l’histoire des anciens philosophes grecs, sans avoir cependant suivi strictement la série chronologique des personnages représentés par Raphaël dans son tableau.

Quant à nous, au contraire, nous avons considéré l’ordre chronologique die ces personnages comme un fil conducteur et comme le moyen le plus siûr de découvrir ceux d’entre eux qui étaient restés inconnus. Car, dans le cas même où Raphaël ne se serait point astreint rigoureusement à la Chronologie en peignant quelques figures isolées, comme par exemple elle du philosophe arabe Averroës, ilnous est pourtant démontré avec certitude par la présence de Pythagore, de Socrate, de Platon et d’Aristote dans sa composition, comme par l'ordonnance des figures et la manière diont elles sont groupées, que le peintre a eu positivement intention de représenter aux yeux du spectateur le développement et la marche historique de la philosophie grecque.

Partant de cette conviction, nous avons essayé, le livre de Diogène de Laerte à la main, en nous éclairant par le sentiment de l’art, de reconnaître dans cette fresque les personnages les plus remarquables, tels qu’ils doivent être placés chronologiquement et historiquement.

Raphaël a toujours conçu et créé des ouvrages de raison, et c’est là ce qui l’a fait surnommer le peintre philosophe. Ici donc, ayant accepté la

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tâche si difficile de représenter la philosophie chez les Grecs, il n’a fait que suivre ses errements ordinaires, et son sublime génie se révèle à nous par la haute intelligence de Part avec laquelle il a su aborder son sujet par le seul côté qui pût se traduire en peinture, tout en exécutant un chef-d'œuvre majestueux et splendide.

Quant à ce qui concerne l'authenticité des portraits placés dans l’École d'Athènes, il est bon de rappeler qu’au temps de Raphaël très-peu de statues et de bustes antiques des philosophes grecs avaient été découverts dans les fouilles : il ne semble même avoir connu que celui de Socrate.

Les autres portraits que Vasari a indiqués sont ceux du duc d'Urbin, du duc de Mantoue, du Bramante, du Pérugin el celui du peintre luimême.

Des écrivains postérieurs ont voulu voir, dans la figure énergique un stoïcien à longue barbe et à tête chauve debout auprès des disciples d'Aristote, le portrait du cardinal Pietro Bembo ; c’est-là une erreur, car celui-ci n’était âgé que de quarante ans lorsque Raphaël peignit cette fresque, et il ne laissa croître sa barbe que beaucoup plus tard, ainsi qu’il le dit luimême dans sa correspondance avec le Titien.

Montagnani, de son côté, suppose que ce stoïcien représente le cardinal Bessarion, qui a traduit la Métaphysique d’Aristote en latin. Le portrait de Bessarion se trouvait autrefois dans la chambre d’Héliodore, peinte par Bramantino, et ce portrait ne nous est pas connu, mais, comme la coutume de laisser croître la barbe n'existait pas encore chez les prêtres au quinzième siècle en Italie, et que le cardinal Bessarion mourut en 1472, la supposition de Montagnani nous semble au moins douteuse.

Torrigo a commis une erreur plus évidente encore (Sacr. Grotte Valicane, p. 278), quand il a cru reconnaître, dans la figure de l’astronome, le portrait du comte Castiglione, car cette figure n’a pas la moindre ressemblance avec le beau portrait que Raphaël a fait de l’auteur du Cortegiano.

Ceux qui ont voulu voir dans cette figure le portrait de Giovanni della Casa se sont bien grossièrement trompés, car celui-ci, à l’époque de la mort de Raphaël, n'était encore qu’un enfant.

Nous nous restreindrons à ces quelques réfutations, qui nous semblent suffire, mais auxquelles nous pourrions en ajouter beaucoup d’autres.

1. Le duc de Mantoue, Federico Il, né le 17 mai 1500, était alors âgé de dix ans à peine, tandis que la figure dans laquelle Vasari a voulu reconnaitre ce prince représente un jeune homme de dix-huit ans, Il y a donc confusion. Nous croyons, nous, que le jeune homme placé derrière l’'Arabe Averroès, et dont la physionomie annonce un portrait, doit représenter le jeune prince de Mantoue, que recommandaient déjà en 1514 ses héureuses dispositions et ses talents précoces, suivant le témoignage du comte Balthazar Castiglione.

Nous avons déjà signalé, dans Ja Vie de Raphaël, les brillantes et originales qualités de cette peinture; c’est pourquoi nous nous bornerons à citer ici un passage du Propylée des Amis des arts de Weimar :

« Dans l’École d'Athènes, Raphaël se montre déjà plus grand peintre et plus grand coloriste que dans la Dispute du Saint Sacrement et même que dans le Parnasse. Il y est d’une beauté de ton plus variée, sans nuire pour cela à l’harmonie de la composition. Les difficultés techniques et matérielles de l'œuvre n’entravent pas la tendance et l’action de son génie. Tout, dans l'École d'Athènes, est plus hardiment conçu, tout est ordonné avec plus de liberté et de goût que dans les premières peintures. Les draperies sont plus larges, les motifs de plis sont choisis avec plus de grâce et de soin. Les masses d’ombres et de lumières, étant mieux distribuées, produisent plus d'effet dans l’ensemble général. »

Cette peinture a malheureusement plus souffert que toutes celles qui décorent cette salle, ce qu’on ne saurait pas seulement attribuer à l’état d'abandon dans lequel restèrent les Stanze jusqu’en 1702 , époque où Carlo Maratti, avec le secours de ses élèves Bartolomeo Urbani, Pietro de’ Pietri et Andrea Procaccini !, les restaura religieusement; mais on doit aussi attribuer cette détérioration aux nombreux calques qui furent faits sur ces fresques et qui, à la longue, en altérant la surface unie de la peinture, leur fit perdre forcément la précision et la pureté des contours.

Actuellement, toute espèce de calque étant interdit, on a remédié à cet abus, mais, comme il arrive d'ordinaire, un peu tardivement. En outre, cette fresque offre deux fentes, qui traversent les figures de Diogène et d’Épicure. Le temps l'a aussi quelque peu décolorée et cette décoloration est surtout sensible dans la statue de Minerve et dans le bas-relief placé au-dessous de cette figure.

Études pour l'École d'Athènes.

a.) Le carton original, dessiné à la pierre noire, se trouve dans la collection de la bibliothèque Ambroisienne, à Milan. En 1799, il fut transporté en plusieurs morceaux à Paris, où le peintre d'histoire, M. Bouillon, les rejoignit avec grand soin. Les traités de paix, en 4815, ramenèrent le carton à Milan ?.

b.) Etude pour deux figures qui sont placées sur les marches à côté de Diogène et pour la tête de Méduse. — Dans la collection de l’université d'Oxford.

Gravée dans l’Z{alian School of design, de W. Y. Ottley.

1. Voyez le Rapport de B; Urbani, dans la Vie de Carlo Maratti, de. Bellori, p. 93. 2. Voyez A. Boucher Desnoyers, Appendice à la Vie de Raphaël par M. Quatremère de

Quincy, p. 38.

c.) Étude pour le Diogène. — Collection de Finstitut de Staedel, à Francfort-sur-Mein.

Gravée dans l’Ztalian School of design, de W. Y. Ottley.

d.) Étude pour le groupe du Bramante. — Collection d'Oxford.

Gravée dans l’Italian School of design, de W. Y. Ottley.

e.) Esquisse pour l'architecture du fond à gauche, avec la statue d’Apollon dans la niche. — Collection d'Oxford.

f.) La statue de Minerve. — Collection d'Oxford.

g.) Étude pour le bas-relief, au-dessous de la statue d’Apollon, représen- {ant quatre hommes qui combattent. — Collection d'Oxford.

Gravée dans l’Italian School of design, de W. Y. Ottley.

h.) Dessin de l’homme qui apporte des livres. — Il se trouvait dans la collection de Sir Thomas Lawrence à Londres.

i.) La Philosophie. Esquisse pour le bas-relief sous la statue de Minerve. — Dans la collection de Florence.

Gravée par Marc-Antoine. Bartsch XIV, n° 3811. — Copie par Agostino Veneziano. En contre-partie. — Par Lambertus Suavius, avec ou sans nom. En contre-partie. — Par Eneas Vico. En contre-partie. — Par un ancien anonyme. En contre-partie. À droite, un ange qui vole; et dans le bas, un paysage montagneux avec une villa et un pont sur un fleuve. On lit sur cette planche : Causarum Cognitio. Signé C. H., au bas, à gauche. H. 6” 5”; 1. 9” 1°”. — A l’eau-forte, par E. Bonnionne. — Landon, n° 337.

k.) Étude pour le groupe de Pythagore. — Collection Albertine, à Vienne.

Gravée par Robert et Lesueur, sur une teinte. En contre-partie. In-fol. en largeur, — J.-Th. Prestel, 1785. En contre-partie. In-fol. en larg. — Ferdinand Ruschweyh, 1807, sans l'étude de la draperie. In-4°. — Lithographiée par Pilizotti. ,

l.) Esquisse pour l’École d’Athènes.

Gravée par Maria Cath. Prestel, 1776, d’après un dessin du cabinet de Praun, à Nuremberg. In-fol. en larg. — Probablement, le même dessin, gravé par F. Rosaspina. In-fol. en larg. avec cette indication : Della collezione del sig. canonico Filippo Nicoli. Nous doutons fort de l'authenticité de ce dessin.

Gravures d'après la fresque.

Giorgio Mantuano, 1550, 2 feuilles, avec cette inscription : Paulus Athenis per Epicuraeos el Sloicos quosdam philosophos adductus, etc. Bartsch, t. XV, p. 395, n° 24.

{. La beauté et la finesse du dessin de cette gravure sont surprenantes , surtout dans les parties du nu; le charme de l'expression de la tête de la figure principale est même tellement supérieur à tout ce que Marc-Antoine a fait de plus parfait dans ce genre, qu’il faut nécessairement attribuer cette gravure à un autre grand artiste anonyme. On a cru y reconnaitre la main de Raphaël : ce que nous ne pouvons cependant pas admettre, parce que les draperies, en opposition au nu, sont assez roidement traitées. Il y a encore deux autres estampes qui présentent les mêmes qualités et qui paraissent accuser le burin du même graveur. C’est la Vierge pleurant le Christ, dite la Vierge au bras nu (Bartsch, n° 34), et une Vierge assise sur des nues (B., n° 47); cette dernière gravure, non décrite (dans la collection de Dusseldorf), a surtout donné lieu à la conjecture en question, sur laquelle nous reviendrons plus tard.

H. 19”; 1. 31”. — Nicolai Nelli formis, 1572. Mauvaise planche en deux feuilles. H. 18” 2”; 1. 30° 9°”. — J.-B. de Cavalerijs ex., deux feuilles. Retouché par Philippe Thomassin, avec l'adresse de Nic. van Aelst, 1617. Platon et Aristote avec des auréoles, deux feuilles cintrées dans le haut. Épreuves postérieures, avec Jac. de Rossi for. 1648. H. 18” 5”; 1. 30”. — Gasparo Osello, ou ad Avibus, cité par Heinecke; Zani ne connaît point cette gravure, et nous ne l'avons jamais vue. — L. Cossin, sans cintre, de la grandeur de la planche de Giorgio Mantuano. Il y manque les figures de Raphaël et du Pérugin. — Cholet, faible gravure, petit in-fol. en larg. — Franc. Aquila, 1722, grand in-fol. en larg., pour les Picturæ, ete. — Joh. Volpato, in-fol. en larg. — Domenico Cunego fecit, Romæ, 1792. Épreuves postérieures de 1799, à la manière noire. Grand in-fol. H. 25” 2”; 1. 33” 4”. — Anonyme, Steph. Gantrel exc., grand in-fol. — Anonyme, petit in-fol — Giuseppe Mochetti, petit in-fol. en larg. — Petite gravure sur acier, en médaillon, par Franc. Putinati da Verona. H. 91 mill., br. 151. — Landon, ne 184.

Gravures partielles de la composition.

a.) Le groupe de Pythagore. — Six figures, gravées par Agostino Veneziano, 1523, Bartsch, t. XIV, n° 492.

b.) La figure d’Apollon dans la niche. — Gravée par Marc-Antoine. Bartsch,

t XIV n°334 et 355:

c.) Alcibiade, représenté debout contre un autel. — Gravé par Agostino Veneziano. Bartsch, t. XIV, n° 483. — Un dessin de cette figure, à la plume, lavé et rehaussé de blanc, se trouvait, en 1765, dans la collection d’Isaac Walraven, à Amsterdam.

d.) Les portraits de Raphaël et de Pérugin. — Gravés par M. F. Dien. In-4. — Par P. Fidanza, de la grandeur de l'original. — Les mêmes, du côté opposé, — Lithographiés par Piloti, avec une teinte. — Le portrait de Raphaël Seul, par P. Fidanza. In-fol. — Riepenhausen. In-fol. — Mich. Bisi, dans un petit ovale. — Dom. Cunego. Petit in-fol.

e.) Les deux groupes les plus rapprochés de Platon et d’Aristote. En contrepartie. Deux feuilles in-fol. — Joh. Paul Melchiori delin., gravé par Caet Blanci.

f.) Ginquante-deux têtes, de la grandeur de l'original, d’après la peinture, en 40 feuilles, et une feuille pour la dédicace à Don G. M. Azara, sous le titre : Le LII Teste della celebre Scuola d’Atene dip. da Raffaello Sanzio d'Urbino nel palazzo Vaticano disegnale in XL carte, dal cav. À. R. Mengs, incise da D. Cunego (Roma, 1785).

g.) Raccolla delle teste dei Filosofi, dei Poeti, colle nove Muse ed Apollo e di altri Uomini il. dipinti da Rafaelle nella Scuola d’Atene e nel Parnasso al Vaticano, dis. da L. Agricola, inc. da diversi, Num. 51 a 30 baj. l’una. (Roma, presso Agapilo Franzelti.)

h.) Parmi les cent quarante-quatre têtes gravées à l’eau-forte, de la grandeur de l'original, par Fidanza, il s’en trouve dix d’après le Guide ; les autres sont de Raphaël, et pour la plupart d’après les fresques du Vatican. Gette collection forme quatre volumes, dont les deux premiers parurent en 1757 et les deux autres en 1763. Les trois derniers sont bien inférieurs au premier. Ils portent pour titre : Teste di personaggi illustri, etc., dipinte in Vaticano da Rafaelle, elc., divise in due tomi, da Paolo Fidanza pittore. (Roma, 1757-1763.) — Ce recueil a été publié de nouveau avec un titre français, en 1785.

i.) Le duc d’Urbin, gravé par Laugier, 1841, In-fol.

C’est par erreur que dans : Vie et OEuvres de Raphaël, de C.-P. Landon, on attribue à ce maître trois premières esquisses pour l’École d'Athènes ; néanmoins, nous les indiquerons sommairement.

à 86 PEINTURES EXÉCUTÉES

a.) Une assemblée de savants et de femmes, d’après Francesco Salviati, gravure attribuée à Marco da Ravenna. Bartsch, t. XIV, ne 479. Le monogramme KS., dont cette estampe est signée, appartient à un maître anonyme. Voy. Brulliot, p. 363.

b.) L'école d'un ancien philosophe, nommé aussi Denis l’Aréopagite, dans la chaire. Au milieu, près d’un pupitre, est assis un philosophe enseignant, entouré de ses disciples. Sur une tablette, dans le haut, on lit ces deux mots : Deo Ignoto. Gravé, à ce qu’il paraît, d’après le dessin d’un élève de Raphaël, par Jacopo Caraglio. Bartsch, t. XV, p. 91, n° 57. — Zani dit avoir vu à Parme un petit tableau représentant un Christ au milieu des Docteurs, avec le monogramme I A. qu’on trouve sur cette gravure et la date 1543. De cette composition , il existe aussi une ancienne | gravure sur bois, par Jos. Porta Garfaguinus. — Landon, n° 355.

c.) Une assemblée de savants dans une salle à colonnes ioniques. Au | centre, une statue dans une niche. Cette composition semble être de -J.-B. Franco. — Landon, n° 354.

0 60. Les trois Fiqures allégoriques.

En cintre, au-dessus de la fenêtre. H, 7’; 1, 20°. ? ’

La Prudence, à tête de Janus, est assise au milieu. Un génie enfant lui présente un miroir, et en face d’elle un autre enfant tient un flambeau.

( A gauche, est assise la Force, près d’un jeune chêne, entourée de deux 1 petits génies. À droite, la Modération tient une bride, que désigne du geste | un petit génie assis auprès d'elle.

\ Cette peinture, parfaitement conservée, nous montre le talent du peintre

plus complet encore, s’ilest possible, que dans l’École d'Athènes, quoique

l'ordonnance de la composition, tout en témoignant de l'instinct du maître

pour la symétrie, appartienne plutôt au genre plastique. Dans le bas, sur

l'architrave de la fenêtre, on lit cette inscription, aux deux côtés des armes

| papales : JVLIVS, II, LIGVR, PONT. MAX. — AN. CHRIS, MDXI, PONTI- FICAT. SVI. VIII.

| Gravures d'après cette fresque.

Par Francesco Aquila, avec les peintures qui se trouvent au-dessous, de cha- | que côté de la fenêtre. Grande planche pour les Picture, ete. — Raphaël Morghen, grand in-fol. en larg. — Landon, n° 66.

Gravures partielles de la composition.

a.) La Prudence, gravée par Agostino Veneziano, 1516. Bartsch, t. XIV, n° 357.

b.) La Modération, gravée par Agostino Veneziano, 1517. Bartsch, t. XIV, n° 358.

c.) La Prudence, avec deux génies à gauche, vraisemblablement d’après un dessin qu’on ne connaît pas. Fr. Bonnionne fec. In-4°, À l’eau-forte.

d.) La tête de la Prudence. Demarteau, 1787. À la manière du crayon. Grand in-fol.

e.) La Force. Gravée par H, Ferroni, In-fol.

PAR RAPHAEL A ROME. 87 61. L'Empereur Justinien donnant les Pandectes. Tableau étroit, à gauche, près de la fenêtre,

L'empereur, couvert d’un manteau de pourpre, est assis sur un siége antique et présente les livres des Lois à Tribonianus, agenouillé devant lui. Six jurisconsultes sont debout derrière lui, et deux d’entre eux, Theophilus et Dorotheus, tiennent chacun un livre qui indique les nouvelles Constitutions et Institutions données par le même empereur. Une niche d’architecture forme le fond de cette composition.

Par suite d’un malheur arrivé dans le crépissement du mur, les couleurs de la fresque sont devenues très-pâles.

L’esquisse de cette composition passa de la succession de Sir Thomas Lawrence dans la collection de La Haye, et se trouve aujourd’hui à l’Institut de Staedel, à Francfort-sur-Mein.

Gravures d'après cette fresque.

Par Fr. Aquila, avec les autres tableaux de ce mur, pour ses Picturæ, etc. — Gravé au trait, par Francesco Giangiacomo, 1809, in-fol. — Landon, n° 353.

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