‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 66 sur 407 · Portrait du pape Jules IT · texte numérisé non relu

Portrait du pape Jules IT

Sur bois;; h. 3° 1”; L., 2’ 10°’. Figure jusqu'aux genoux, Le pape, tourné à gauche, est assis dans un fauteuil, sur lequel il appuie ses bras, et de la maim g Sauche. ornée de trois bagues, il tient un mouchoir.

4. Voyez Vasari, dans læ Vie de Perino del Vaga. Les écrivains modernes, jusqu'à Montagnani, attribuent ces peinturtes à Polidore de Caravage, quoique le style en soit très-différent de celui de ce maitre, qui d’ailleurs avait déjà quitté Rome en 1527, et qui 1 ne revint plus eu cette ville. De plus, Paul IL ne fut élevé au saint-siége qu’en 1534.

Son regard méditatif paraît fixé vers le bas. Il a la tête couverte d’une toque de velours rouge, Sa barbe blanche descend sur la poitrine. Le fond est vert.

Raphaël peignit ce portrait, selon toute apparence, pour le pape luimême, qui en fit don à l’église Santa Maria del Popolo, à Rome. Au moins se trouvait-il encore dans cette église du temps de Vasari, et même du temps de Sandrart. Les jours de grande fête, il était exposé au public avec la Madone de Loreto, peinte également par Raphaël. On ignore comment il devint depuis la propriété de la famille des Médicis.

Les connaisseurs ont souvent discuté entre eux pour savoir quel était l'original entre les nombreuses répétitions qui existent de ce portrait. En réalité, il y a beaucoup de ces répétitions qui ont certainement été exécutées sous les ordres de Raphaël dans son atelier, et qui, par conséquent, sont excellentes. II n’est pas douteux que, déjà du temps de Raphaël, toutes ces répétitions devaient passer pour originales, comme le même fait s’est reproduit, de notre temps, pour les portraits de Napoléon, d’après Gérard, et pour ceux du roi d'Angleterre, d’après Lawrence.

En ce qui concerne le véritable original , 1l est certain, du moins pour tous les connaisseurs, que c’est Le portrait du palais Pitti, dont le dessin et le modelé sont bien supérieurs à tous les autres.

Ce portrait a été un peu usé par le nettoyage qu’on lui fit subir en France, où il a figuré, comme tant d’autres chefs-d’Œuvre, au musée Napoléon. Mais, malgré ce nettoyage, c’est toujours une œuvre magnifique.

GRAvuRESs : Morace, pour la Galerie de Florence, de Wicar, in-4°. — Chataignier, in-8, pour la Galerie Filhol. — A. Daverio del. e inc.; petitin-folio; seule— ment ébauché. — J, Delfini sculp., P. Toschi dir. In-folio. — Landon, n° 217.

Le carton original, dessiné à la pierre noire, a été piqué dans les contours pour le calque. 11 passa de Rome dans la galerie Corsini à Florence.

Copies de cette peinture.

a.) Copie très-remarquable, à Florence, dans la Tribune de la galerie. Ce tableau, provenant de la succession des ducs d'Urbin, échut par hérietage à la grande-duchesse Vittoria, nièce du dernier duc et épouse de Ferdinand Il de Médicis (Zeal. Gall. di Firenze, 1817, t. I, p. 8). Il est d’une exécution hardie, ferme, juste de modelé, et d’une couleur bien empâtée, mais il lui manque la finesse, et surtout Pair de vie, qui est si admirable dans l'original. Les mains, aux doigts allongés, sont très-négligemment dessinées, et les ombres des chairs sont d’un ton brun rouge foncé. Le collet rouge est trop glacé, ce qui fait qu’il manque de lumière. Les accessoires sont un peu roides et la barbe est trop lourde de faire. Bien plus faible est une seconde copie qu’on voit au palais Pitti. b.) Au palais Borghèse, à Rome. Cette copie, attribuée à Jules Romain, est d’une exécution ferme, mais un peu dure,

c.) Au palais Corsini, à Rome. Copie peu distinguée.

d.) Dans la galerie Torlonia, à Rome. Copie un peu meilleure que là précédente.

e.) Dans la galerie royale du palais, à Turin.

f.) Au musée de Berlin. H. 2, 11”, 6°” ; 1. 2, 6”, 6”. Elle provient de la galerie Giustiniani. M. de Rumohr, dans son ouvrage sur l'Italie, croit pouvoir l’attribuer à Sébastien del Piombo !.

g.) Dans la National Gallery, à Londres. H. 3°, 6”; 1. ®, 8”. Cette copie? provient des collections Falconieri et Angerstein.

h.) Dans la galerie Miles, à Leight Court, près Bristol, Sur bois. Cette copie est tout à fait remarquable.

î.) II doit se trouver en Angleterre encore un autre portrait de Jules II, provenant de la galerie d'Orléans, et vendu en 1800, pour 36 livres sterling. Sur toile. Dans le haut, on lit : JVLIVS. H. 3’; |. 2, 3”. Gravé par Morel, in-4°, pour la Galerie d'Orléans.

j.) On a vendu une copie à Paris, en 1826, laquelle était passée de la succession des ducs de Moncada au marchese Altamira. H. 40”* 1. 28”: Voy. Stuttgarter Kunstblatt, du 26 juin 1826.

Quant à la tête seule de ce portrait, nous en connaissons trois répétitions, et toutes trois présentées comme esquisses pour le tableau ! Celle qu'on voit à Alton Tower, près Ashbourn, résidence du comte de Shrewsbury, est vraiment très-belle ; l’autre se trouve à Urbania, dans la collection Marco Rossi; et la troisième était au palais de Lucques et fut vendue en Angleterre avec tous les tableaux de cette collection.

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