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La Maîtresse de Raphaël

Figure jusqu'aux genoux, tournée à gauche.

iclatante de jeunesse, cette belle personne est assise, à demi nue, au milieu d’une riche végétation. Une draperie jaune rayée entoure sa tête, et ses cheveux sont retenus par un cercle d’or, avec des feuilles et des fleurs garnies de pierres précieuses. D’une main elle se couvre jusqu'aux seins avec une légère étoffe, et sa main gauche est posée sur ses genoux, enveloppés d’une draperie rouge. Sur le bracelet qu’elle porte au bras gauche se trouve cette inscription : RAPHAEL. VRBINAS. Le regard et l'expression de cette femme ont quelque chose d’ingénu et de sensuel tout à la fois; mais les traits n’ont rien de très-animé, ni de très-fin; le nez même est un peu lourd.

A en juger d’après la manière de faire de cet ouvrage et aussi eu égard aux sonnets amoureux que Raphaël fit vers 1509, nous datons ce portrait de cette époque, et nous pensons qu’il peut avoir été fait, par conséquent, en même temps que le portrait du peintre lui-même.

Une note manuscrite du seizième siècle, qui se trouve sur un exem-

plaire de l’ouvrage de Vasari, édition de 1568, donne à la maîtresse de Raphaël le nom de Margarita. Cet exemplaire appartient à l’avocat Giuseppe Vannutelli à Rome, et Visconti, dans son /storia del ritrovamento delle spoglie mortali di Raffaello Sanzio (Roma, 1833, p. 85), est le premier qui ait fait connaître le nom de la maîtresse de Raphaël.

Il existe beaucoup de répétitions de ce portrait, mais celui que possède la galerie Barberini à Rome est incontestablement l'original. Il est déjà cité comme tel dans le livre : Ædes Barberinæ, etc., publié à Rome en 4642, p. 153: « Raphaelis tabula dimidiatæ fœminæ, neque tamen divinum Raphaelis ingenium ex hujus imaginis inspectione omnis dignoscere possumus. »

Ce portrait est d’un dessin et d’un modelé très-fin, notamment la poitrine et la main droite. Autrefois, il était presque méconnaissable à cause de la poussière et de la crasse qui le couvraient. Mais Palmaroli, qui Pa nettoyé en 1820 avec le plus grand soin, a fait reparaître son beau coloris et la touche spirituelle de Partiste.

La couleur des chairs est d’une fraîcheur extrême et d’un ton très-doux, les ombres seules ont quelque chose de trop brun; il en est de même du fond. Mais ces légers défauts peuvent aussi être attribués à la restauration faite avec du bitume.

Gravures : Domenico Cunego, 1772, avec cette suscription : Raphaelis Amasia, vulgo La Fornarina. Petit in-folio, pour la Schola italiana de Hamilton. —

Franciscus Rastaini, 1778, copie. Petit in-folio. — Pietro Fontana, in-folio. — Dans un rond, 1797, in-8. — Suntach direxit, petit in-folio, — Landon, n° 159.

Copies d'après cette peinture.

a.) Au palais Borghèse, à Rome. Elle est un peu brune de coloris. Le catalogue de la galerie l’attribue à Jules Romain.

b.) Au paläis Sciarra Colonna, à Rome. Cette copie provient de la maison Barberini. Elle est, comme la précédente, traitée froidement et avec roideur.

c.) Au palais Albani, à Rome. Copie sortie de l’école de Raphaël.

d.) Dans la villa Lante, au milieu d’un médaillon peint à fresque.

Gravé par Paolo Fidanza, n° 9, pour ses Têtes choisies, etc. De grandeur naturelle, Ovale. — Godefroy et Aubert, dans le Recueil d’estampes gravées d’après des peintures antiques ilaliennes, par A.-B. Desnoyers, dessinées en 1818 et 1819, Paris, 1821.

M. Desnoyers a donné aussi dans ce même recueil une gravure d’après un autre portrait de femme, en médaillon. Il prétend, dans son Appendice, p. 43, que ce portrait est celui d’une maîtresse que Raphaël eut à Florence, 4504 à 1507. Mais il ne fournit pas de preuve à l'appui de cette assertion, qui n’est soutenue d’ailleurs par aucune tradition.

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