‹ Raphael d'Urbin et son père Giovanni SantiChapitre 83 sur 407 · La Sainte Famille, de Naples · texte numérisé non relu

La Sainte Famille, de Naples

Sur bois. H., 5 palmes 3°’; 1., 4 palmes 3”.

La Vierge, assise à terre, et vue presque de profil, regarde, en joignant les mains, l’enfant Jésus assis sur ses genoux. Sainte Élisabeth, assise à droite, prend une main de l'Enfant divin, comme pour l’engager à bénir le petit saint Jean agenouillé devant lui. Ce dernier tient sa petite

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croix de jone dans une main et pose l'autre main sur sa poitrine, en signe d’adoration. On voit saint au qui passe dans les constructions du fond.

Ce tableau, parfaitement conservé, est tout entier, ou du moins dans ses parties principales, de Ja main même de Raphaël. La Vierge et l’'Enfant sont supérieurement bien dessinés et modelés. [expression de sainte Élisabeth est remplie de bonté et de dignité. Le ton général de la peinture est tempéré et transparent, mais très-vigoureux dans les ombres. Les chairs de l’Enfant et de la Vierge ont un éclat blanchâtre dans les clairs, elles tournent au rougeâtre dans les demi-teintes, et les ombres ont un ton transparent, jouant entre le gris et le brun. Le petit saint Jean est d’un coloris plus puissant et plus rougeàtre encore ; ce coloris, dans la figure de sainte Élisabeth, passe au brun jaune.

Raphaël peignit ce précieux tableau pour Leonello da Carpi Signore da Meldola. Lucio Marco le décrit dans son ouvrage, intitulé : Le Antichità di Roma. Ulisse Aldrovanti qui en parle aussi dans son traité , delle Statue antiche, etc. (Venezia, 1558, p. 208), dit qu’il était encore « in casa del Revereudissimo di Carpi » (cardinal Ridolfi Pio di Carpi).

Plus tard, il passa dans la galerie Farnèse, à Parme, et en dernier lieu il échut en héritage au roi des Deux-Siciles, Ferdinand Ier, En 1805, lorsque Naples allait être envahie par les’ armées françaises, la reine emporta ce tableau, avec d’autres objets précieux, à Palerme, et de là à Vienne, en passant par Constantinople. Le tableau de Raphaël ne revint à Naples qu'après la mort de cette princesse. à

Dans le même musée à Naples, on conserve aussi le carton original, lequel provient également de la galerie Farnèse. Il est dessiné au crayon noir et blanc. Comme il avait beaucoup souffert, non-seulement il a été fortement retravaillé, mais encore on a dû rétablir un morceau qui manquait au côté gaucis de la composition.

GRAvVURES : Du côté opposé, Petri Pauli Palumbi Novaricnsis formis, Romæ. 1571, in-folio. Retouchée par Gasp. Alberti. — Guillelmus Vället. Raph. pinx. Romæ, in palatio Farnesio. Avec et sans armes. En contre-partie. In-folio. — GuiglielmoMorghen, Napolitano, grand in-folio.— La Bénédiction, Desnoyers del., C: Lôrichon sculp., 18414, grand in-folio.

La même composition, esquisse primitive de Raphaël, sans le saint Jo< seph, avec un fond de paysage, où l’on voit un palmier.

GRAvÉE par Marc-Antoine. Bartsch, t. XIV, n° 62, nommée : La Vierge au Palmier.— Copie A., dans le genre de Marco da Ravenna.— Copie B, du côté opposé — Landon, n° 294.

Un dessin de cette même composition a passé de la collection W. Roscoe dans celle de M. Esdaile, à Clapham, près Londres.

Copies anciennes de cette peinture.

a.) Dans la collection de lord Spencer, à sa résidence d’Althorp, il y a

PAR RAPHAEL A ROME. 125 une belle copie très-fraîche de coloris. Ce tableau provient d'une noble maison de Bologne, où il était depuis longtemps et où il passait pour l'original de Raphaël. Cette circonstance et le faire de cette peinture permettent de croire que c’est la même copie que, selon Vasari, Innocenzio da Imola avait exécutée à Bologne.

b.) Dans la collection de M. Miles, à Leight Court, près de Bristol. Avec des différences. Pour fond un paysage, où l’on voit saint Joseph. Il existe une gravure de ce tableau : Raphaël d'Urbin pinx. Rôomæ, chez Vallet. In-4°. F

c.) Au palais dé Madrid. H. #, 3”; 1. 3°, 5”. Selon la lettre de R. Mengs à Ant. Ponz, cette copie pourrait être de Jules Romain. C’est probablement celle que nous avons vue dans Ja sacristie de l’église S. Lauremz0, à l’Escurial. Elle a un fond qui diffère de celui de l'original et elle est peinte sur toile.

d.) Au palais de l'Ermitage, à Saint-Pétershourg. Selon lAré et l'Antiquité à Saint-Pétersbourg, de Hard, t. I, p. 99, cette copie proviendrait de la galerie de Cassel. D’autres croient avec plus de raison qu'elle était autrefois dans le palais du Quirinal et qu’elle a passé depuis dans la galerie de la Malmaison. Voyez le catalogue de J. H. Schnitzler, pag. 116.

e.) Dans l’ancienne galerie du cardinal Fesch, à Rome, se trouvait une copie, de la grandeur de l'original, et une autre beaucoup plus petite, d’une beauté extraordinaire. Ne serait-ce pas la copie que Rehberg avait vuie au palais Belgiojoso, à Milañ, où élle était qualifiée : Il Cameo di Raffaello ?

f.) Dans la villa Pamfli, près de Rome. Cette copie n’est pas trèsbonne.

g.) Dans la collection du cavalière Camuccini!, à Rome. Cette copie est d’une telle beauté, qu’on l'attribue à Jules Romain. Il est possible que ce soït ce tableau d’après lequel J. G. Jacobini exécuta sa gravuré à Rome, em 4727. à

h.) Dans la succession du graveur Giuseppe Longhi, à Milan. Cette copie est très-belle, et on lattribue à G. Franc. Pénni.

Gravée par Gius. Longhi, 1827. Grand in-fol.

i.) Dans la collection du marquis de Cambis, à Avignon. C’est une bonne et ancienne copie que l’on présente comme l'original.

j.) Au musée de Berlin. Elle semble avoir été peinte par un vieux maître néerlandais.

4. Nous croyons que cette collection a été dispersée après la mort du peintre Camuccini, qui l'avait formée pour étre à même de vendre des tableaux de prix aux riches étrangers que sa réputation amenait dans son atelier et dans sa galerie. Ces tableaux étaient la plupart retravaïüllés et quelquefois entièrement couverts de repeints. — ( Note de l'éditeur.)

k.) Dans la collection du château de Gotha.

1.) Il existe encore en Allemagne plusieurs autres copies de cette composition, venant de France la plupart, d’après lesquelles ont été exécutées différentes gravures anciennes et modernes, dont nous citerons seulement les suivantes : Nic. Pitau. Paris, 1662. In-fol. Du côté opposé. — Dessiné par C. Cesio, grav. par Guil. Vallet. — M.-T. Rousselet sculp. In-fol. — G. Gavedoni. Petit in-fol. Faible. — Claudine Ant. Bouzonunet Stella, avec un palmier à dattes, sur la droite. H. 3” 3°’; 1. 2” 2”. — August Neureuther exc. In-fol. — Lith. par F. Rehberg. — La tête de la Vierge seule, presque de grandeur naturelle, gravée par F. Poilly, dans un ovale. Virgin. Matri. Grand im-fol.

Dans la Pinacothèque de Bologne se trouve une libre imitation de cette Madone, par Innocenzio da Imola.

Gravée par F. Rosaspina, pour la cinquième livraison de la Pinacoteca di Bologna.

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