Héliodore chassé du temple
Peinture murale.
Héliodore, qui voulait s'emparer du trésor gardé dans le temple de Jérusalem, est chassé par les esprits envoyés de Dieu. Voy. les Machabées, liv. II, chap. 11, vers. 23-28,
On voit dans l’intérieur du temple le grand-prêtre Onias et le peuple en prière devant le tabernacle et devant le chandelier à sept branches, tandis qu'Héliodore est déjà renversé à terre, et que ses soldats s’enfuient poursuivis par un cavalier céleste, accompagné de deux anges armés de fouets.
Le côté gauche est occupé par le peuple rassemblé, au milieu duquel on remarque plusieurs femmes qui témoignent le plus vif enthousiasme, à la vue du secours divin. Au premier plan, le pape JulesIl, plein de majesté, assis sur son siége porté par quatre hommes, contemple cette scène. On reconnaît dans le premier des quatre porteurs le célèbre graveur Marc- Antoine Raimondi, de Bologne. Il n'est pas aussi certain que le second porteur, vu un peu plus en arrière, soit Jules Rofnain. Un jeune homme, placé à côté de Marc-Antoine, tient de la même main sa barrette et une feuille de parchemin avec cette inscription : Jo. Petro de Foliariis Cremonens. — Ce Giovanni Pietro de Foliari était secrétaire delle Memorial, à la
cour de Jules IE, Nous avons déjà dit dans notre Histoire’ de Raphaël? que ce groupe, étranger au sujet principal, avait été ajouté postérieurement par le peintre lui-même, pour faire allusion à la vigoureuse entreprise de Jules IF, qui expulsa par la force des armes les usurpateurs des seigneuries des villes appartenant aux Etats de l’Église, Nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit au sujet d’une première composition du tableau, dans laquelle ne se trouve pas le groupe du pape, et nous ne répéterons pas ici les observations que nous avons faites sur le ton vigoureux de cette peinture qui se rapporte à la tendance passagère qu’eut alors Raphaël d’imiter le coloris et la manière du Giorgione, Nous ferons seulement remarquer que Raphaël a exécuté cette fresque, plus particulièrement qu'aucune autre, dans cette nouvelle manière dont parle Vasari, manière que l’on a nommée de nos jours le pittoresque dans la peinture, parce que l'artiste, sous prétexte de peindre plus largement, sacrifie la sévérité du dessin à l'effet général produit par de grandes masses de lumières et d’ombres.
Ce fait seul prouverait que Raphaël fit ce tableau entièrement de sa main, quoiqu’on n’y reconnaisse pas d’ailleurs son exécution à la fois achevée et magistrale. .
Il est à déplorer que l’enduit sur lequel la fresque a été peinte menace de se détacher en différents endroits ; il faudrait surtout qu’on s'empressât de consolider la partie où se trouvent un des anges et le cavalier, pour les sauver d’une destruction complète.
GRAVURES : Sans le groupe du pape et de sa suite, dessiné par P. van Lint, gravé par P. de Bailliu, 2 feuilles, cintrées dans le haut. Grand format. — Comme ci-dessus, par un anonyme, in-8. — Différant un peu du tableau, vraisemblablement d’après un dessin du Parmigianino, gravé à l'eau-forte, par And. Meldolla. À gauche, son nom et RA. VR. (Bartsch, t. XVI, D: 65, n°07.) — De même que le tableau, à l'eau-forte, par Carlo Maratti. l'° épreuve avant la lettre. 2°: Si vendono da Arnoldo V, Westerhout. 3 : Si vendono da Vincenzo Billy in Roma, 2 feuilles grand format, Bartsch, t, XXI, p. 94, n° 13. — Franc. Aquila, pour ses Picturæ, etc., gr. in-fol. — Jac. Fricquet exC., avec une dédicace à CG. Perrault, in-folio en largeur. — Joh. Volpato, grand in-folio en largeur. — G. Mochetti, petit in-folio en largeur. — Pietro Anderloni, 1832, grand in-folio en largeur. — Au trait, par F. Giangiacomi, in-folio en largeur. — Landon, n° 62.
Etudes d'après quelques têtes, de grandeur naturelle, sur deux feuilles, par Demarteau, à {a manière du crayon. — La tête de Marc-Antoine, gravée par V, Richomme, in-folio.
Etudes pour la fresque. = Selon Bellori, dans la Vie de Carlo Maratti, celui-ci aurait possédé un dessin de Raphaël pour l'Héliodore ; ce dessin est sans doute celui qui se trouve aujourd’hui chez le conseiller d’État , M. de Savigny, à Berlin. C'est une première esquisse très-différente du tableau.