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Raphaël et l'antiquité

Raphaël , au milieu des entreprises considérables dont il était l’âme, répandait à profusion son génie sur tous les sujets que lui offrait l’antiquité, et l’examen des nombreux dessins qu’il a laissés sous l’inspiration immédiate de la tradition classique n’est pas moins intéressant que l’étude des œuvres achevées auxquelles il a attaché son nom. C’est au milieu de ces improvisations, si lumineuses dans leur spontanéité, qu’on se sent le plus à l’aise pour admirer la verve, l’enthousiasme et la fécondité de ce grand esprit.

Léon X avait confié à Raphaël la direction des antiquités romaines1. Les fouilles se poursuivaient de

1 . Raphaël et l’antiquité, t.I, p. 436. — Pungileoni cite une preuve des fonctions que Raphaël remplissait en sa qualité de surintendant des monuments antiques de Rome. Gabrielle de’ Rossi avait légué

RAPHAËL ET L’ANTIQUÏTÉ.

toutes parts, et il ne se découvrait aucun fragment de statue ou de bas-relief qui ne passât d’abord sous les yeux du Sanzio. Il puisait à cette source intarissable de méditations, et chaque jour de nouveaux dessins naissaient comme d’eux-mêmes sous le charme de ces enchantements sans cesse renouvelés. Mais les richesses de la ville éternelle ne suffisaient pas à l’activité de ce génie avide de tout embrasser. Raphaël pressentait, par delà les limites du monde romain, un art plus achevé, plus parfait, plus simple et plus grandiose encore. Il comprenait la Grèce sans l’avoir vue. 11 contemplait en imagination cette terre remplie de poésie, peuplée de héros , de déesses et de dieux : la Thessalie, la vallée deTempé, la Doride qu’arrose le Céphise, la Béotie assise au pied de l’Hélicon, la Phocide que domine le Parnasse, Athènes, la reine des villes, fièrement posée au bord des plaines de l’Attique, l’Arcadie, l’Élide, l’Acarnanie et le Péloponèse ; et, non content de parcourir en rêve ces pays des antiques splendeurs, il y envoyait des artistes avec mission de lui rapporter les souvenirs fidèles des plus beaux monuments1.

une statue au Capitole, et à la page 45 du livre XXXYI des archives secrètes du Capitole, D. Salv. Leoni trouva la note suivante : « 1518, 15 Julii. Raphaël de Urbino vulens quamdam statuam ab liœredibus quondam Gabrielis de Rabais, conservaiores asseruerunt velle eam transporlare ad Capitolium , juxta formant leslamenti supradicti. P aci ficus N ardus de Pacifîcis. Not. » (Pungileoni, Elo- <jio slorico di Timoteo Vili. Urbino, 1835, p. 103.)

1. Yasari. — Une estampe du xvie siècle, représentant le soubassement de la colonne de Théodose à Constantinople, mentionne que le dessin en avait été envoyé à Raphaël d'Urbin. Le bas-relief de

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